Depuis cinq ans, la maison des religieuses franciscaines à Pamplemousses accueille des enfants de la localité pour des activités pendant les vacances scolaires. Une initiative de Soeur Maryse Sookahet, qui a vu là, un moyen d’aider les parents qui se retrouvent souvent devant un casse-tête pour la garde des enfants durant cette période. Alors que le ministère de l’Éducation vient de lancer la Summer School, un projet similaire, cette ancienne enseignante partage son expérience. Patience et amour sont les maîtres mots pour faire de l’école des vacances un succès, dit-elle.
Penchés sur leur dessin, les enfants appliquent de la peinture avec délicatesse. Quelques grains de sel viennent ensuite donner de l’éclat au travail. Chacun montre sa feuille avec fierté. Certains tentent d’évaluer quelle peinture est la plus impressionnante… Tout cela se passe dans la bonne humeur et sous le regard de Soeur Maryse.
Le sourire aux lèvres, notre hôte partage sa passion pour l’enseignement et les enfants. À l’âge de la retraite, elle n’a pu se résoudre de mettre un terme à cette passion. À peine arrivée à la maison de Pamplemousses qu’elle commence à mettre en place une structure pour encadrer les enfants. Elle en discute avec le curé d’alors et sa communauté, le père Alex Macca, qui lui accorde tout son soutien. « Nous avons commencé par l’encadrement scolaire. Au cours de ma carrière, j’ai toujours aimé travailler avec des enfants ayant des difficultés. Je voulais voir comment on peut les aider à avancer. »
Ainsi, tous les après-midis, depuis dix ans, la communauté franciscaine de Pamplemousses accueille des enfants pour des cours d’accompagnement scolaire. Les enfants arrivent directement de l’école et ont droit à un goûter, avant de commencer le travail. « Je ne suis pas seule dans cette aventure. Il y a beaucoup de volontaires, dont des enseignantes qui viennent ici après l’école. Et nous avons aussi le soutien des firmes, clubs services et individus, ce qui permet d’offrir un goûter aux enfants et de leur acheter du matériel pour travailler. »
Mais une fois l’année scolaire terminée, les enfants restaient chez eux à ne rien faire. D’où l’idée de convertir les cours d’accompagnement en école des vacances, après cinq ans. Pour cela, Soeur Maryse peut une fois de plus compter sur le soutien de sa communauté, des volontaires et surtout des jeunes, en vacances eux aussi.
Pour les parents, c’est une aubaine. « Ils étaient tous ravis de cette idée. Ils préféraient voir les enfants ici que de les voir gambader partout avec les risques qu’il y a. Avec nous, ils sont en sécurité et les parents savent qu’ils peuvent aller travailler l’esprit tranquille. »
À l’école des vacances, les enfants ont l’occasion de pratiquer plusieurs activités comme la peinture, le modelage, le jardinage, la fabrication de cartes et de colliers, le chant, la danse et la récitation de poésies. « Nous faisons aussi des sorties où nous allons tout simplement marcher dans le village. »
L’école des vacances débute à 9 heures, mais les enfants arrivent beaucoup plus tôt, car ils aiment se retrouver en ce lieu dominé par de grands manguiers. Ils s’installent dans la salle et font des jeux de société. « Des enfants de cet âge (NdlR : Std III à VI) peuvent être très turbulents. Mais une fois qu’ils sont occupés, il n’y a pas le moindre bruit ou le moindre désordre. »
La bonne humeur des enfants démontre qu’ils sont heureux ici. D’ailleurs, quand les parents veulent les envoyer en vacances chez d’autres, ils refusent. L’école des vacances est aussi un lieu où on se fait de nouveaux amis. Soeur Maryse accueille des enfants de quatre différentes écoles, à savoir Pamplemousses, Calebasses, Pont Praslin et Mon Goût.
Ces dernières années, les enfants ont aussi reçu la visite des étudiants de l’École du Nord pour une journée d’échange. « C’est une bonne occasion pour des enfants n’ayant pas nécessairement des choses en commun, de se rencontrer, jouer ensemble et faire un partage. Il y a aussi un échange de cadeaux. »
Marie-Noëlle Lagesse est l’une des volontaires de l’école des vacances. De retour à Maurice après avoir vécu pendant trente-cinq ans aux États-Unis, elle s’est retrouvée sans activité pendant la journée. Sur les conseils d’un membre de la famille, elle est venue rejoindre Soeur Maryse dans cette formidable aventure. « J’aime peindre, je fais surtout de l’aquarelle comme passe-temps. C’est une activité relaxante qui apporte un plaisir intérieur. J’ai voulu partager cela avec les enfants. »
La réaction des enfants encourage Marie-Noëlle Lagesse à aller de l’avant. « Ils prennent plaisir à peindre et sont très concentrés dans leur travail. C’est une activité qui leur apprend la concentration, cela va peut-être les aider pour leurs études. » L’année prochaine, Marie-Noëlle Lagesse s’engagera aussi dans l’accompagnement scolaire. Avec son expérience vécue aux États-Unis, elle aidera les enfants dans leurs leçons d’anglais.
Comme elle, trois équipes de volontaires sont engagées dans les activités. Outre l’accompagnement scolaire et l’école des vacances, il y a aussi le groupe de lecture. « Ils viennent le samedi pour des activités de lecture. Nous avons ici une bibliothèque que nous avons pu enrichir, encore une fois grâce à nos sponsors, dont Harel Frères. La salle a aussi été réaménagée, offrant un meilleur confort aux enfants. La lecture est importante pour les aider à mieux maîtriser les langues. Nous avons aussi des classes d’oral pour leur apprendre à s’exprimer. »
Chaque année, l’école des vacances se termine par une fête. À cette occasion, les parents sont invités. Les enfants exposent leurs travaux et présentent un spectacle. C’est le moment pour eux de montrer leurs talents et tout ce qu’ils ont appris durant les vacances.
L’école ayant maintenant acquis une réputation de la localité, Soeur Maryse se retrouve avec beaucoup de demandes. « Malheureusement, nous avons un petit espace et pas assez de volontaires pour plus d’enfants. Si on arrive à trouver un moyen de contourner ces obstacles, j’accueillerai avec plaisir les plus jeunes. »
Au sujet du Summer School Programme lancé par le gouvernement, Soeur Maryse est d’avis qu’il s’agit d’une bonne initiative. Elle est toutefois d’avis que pour que le projet soit une réussite, ceux qui y sont engagés doivent avoir beaucoup de patience et d’amour pour les enfants.