Un programme national de formation à la citoyenneté et aux droits humains a été lancé samedi dernier au Centre de Jeunesse de Pamplemousses. Organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec le Bureau du Premier ministre, ce programme national étalé sur deux ans et destiné à des jeunes de 16 à 25 ans sera répliqué dans une quinzaine de Centres de Jeunesse de Maurice, Rodrigues et Agalega.
« Étant moi-même un passionné des Droits humains (voir encadré) et de démocratie, je ne peux qu’être enthousiasmé par cette louable initiative du ministère de la Jeunesse et des Sports visant à faire de la République de Maurice une “Human Rights Friendly Republic” à travers cette formation de nos jeunes à la citoyenneté démocratique (voir encadré) et aux droits humains », a affirmé au Mauricien Lindley Couronne, consultant en Droits humains et coordonnateur de ce programme national de formation.
Ce grand projet national, poursuit notre interlocuteur, qui sera étalé sur deux ans (2012-2013) s’adressera aux jeunes de 16 à 25 à Maurice, Rodrigues et Agalega. D’une durée de 15 heures, cette formation sera assurée par une équipe de formateurs en droits humains, comprenant Me Germain Wing, avocat et Lecturer à l’Université de Maurice, Danisha Sornum, membre de l’Equal Opportunities Commission, les cadres de la Police Training School, dont son responsable, M. Dayal.
Le programme comprend aussi une visite au Musée de la photographie et une visite à l’Assemblée Nationale. Il sera appuyé par deux manuels préparés par Lindley Couronne, Les Droits humains et l’État de droit, Petit manuel de Citoyenneté et Parliament and the Rule of Law.
« Nous voulons, à travers ce programme, faire prendre conscience à nos jeunes leaders des enjeux de la citoyenneté au sein de la République de Maurice, avec un accent particulier sur les questions des droits humains, le fonctionnement de l’Equal Opportunities Commission, des droits des citoyens en état d’arrestation, des droits des LGBT, ceux des femmes et des enfants ainsi que les travaux de notre Assemblée Nationale, entre autres », explique Lindley Couronne.
Cependant, les participants à cet atelier de formation (une trentaine au total) n’ont pas attendu cette initiative du ministère pour comprendre les enjeux de l’éducation à la citoyenneté et aux droits humains, à l’instar de Véronique Labonté, une jeune de 26 ans de Cité Florida, Baie-du-Tombeau. « Ma grand-mère, qui est une travailleuse sociale, m’a inspirée à m’engager dans la défense des droits humains », explique-t-elle.
Gianni Jhurrea, jeune employé dans le secteur des Technologies de l’information et des communications (TIC), se passionne lui aussi pour les droits humains. « Comme l’école ne nous a jamais formés aux droits humains, cette formation est une occasion à ne pas rater », s’enthousiasme-t-il. « C’est très important de bien connaître nos droits, surtout pour nous affirmer dans la société ! »
Béatrice Michaud, 16 ans, s’inquiète pour sa part de la montée de la violence dans notre société et estime qu’une telle formation ne peut que lui être bénéfique. « On veut que les jeunes soient des leaders, mais à 16 ans, je sais qu’on bafoue mes droits », s’emporte-t-elle. « Il me faut mieux connaître mes droits pour mieux me défendre ! »
Animateur de centre de Jeunesse de profession, Yuvraj keen voit lui dans cette formation une occasion d’apprendre pour partager ensuite ses connaissances avec les jeunes de son âge. « Seule la formation prépare les jeunes à être les leaders de demain », lance-t-il.
Procédant samedi au lancement de ce programme, le ministre de la Jeunesse et des Sports Devanand Ritoo a lui aussi clairement expliqué les enjeux : « Un jeune qui a une éducation aux Droits humains est un citoyen responsable qui contribue à consolider notre démocratie. »