L’état alarmant, pour cause de mal administration, du Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) Garden préoccupe certains environnementalistes. Afin de sauver le Jardin Botanique de Pamplemousses, la PSJP souhaite une rencontre avec le nouveau board pour lui présenter ses propositions. Elle réclame également l’implémentation « in toto » du rapport élaboré par Gilles Clément en 1999.
Site touristique et patrimonial incontournable, le Jardin de Pamplemousses a connu ces dernières années une dégradation inquiétante, avec notamment l’invasion d’escargots (golden apple snails) dans les bassins de nénuphars en septembre 2012, la mort de nombreux poissons dans une des pièces d’eau ou encore l’invasion de termites menaçant les arbres, autant de problèmes face auxquels le board est apparu comme impuissant, estiment des écologistes, habitants de la région ou travailleurs sociaux. Des mesures concrètes et immédiates pour sauver le jardin sont primordiales, estime la Plateforme Sauve nou Jardin Pamplemousses (PSPJ). Ils ont ainsi demandé à ce qu’un botaniste ou un environnementaliste soit rattaché au Jardin de Pamplemousses.
Avec la révocation du directeur Chetanand Ramgoolam et la dissolution du board du SSR Botanical Garden, une nouvelle équipe sous la présidence de Dhaneswar Dumur, composée de professionnels de l’agro-industrie, du tourisme, de l’environnement et des forces vives de Pamplemousses a été constituée. Georges Ah-Yan, porte-parole de la PSJP, salue cette initiative des autorités, estimant qu’elle encouragera tous ceux qui se sentent concernés à présenter leur idées pour sauver et redynamiser ce patrimoine. Les membres de la PSJP, dans une correspondance envoyée hier après-midi, réclament une rencontre avec le nouveau board afin de lui présenter leurs propositions. Parmi leurs demandes : la réhabilitation des toilettes, l’organisation de navettes entres les aires de stationnement et l’entrée pour les personnes âgées et les enfants, que le tarif pour les enfants de touristes âgés de moins de cinq ans soit revu, et l’extension des heures d’ouvertures afin de permettre aux habitants d’utiliser le jardin comme parcours de santé.
Dans un deuxième temps, le PSJP réclame l’implémentation « in toto » du rapport du paysagiste français Gilles Clément, soumis en 1999. Résultat de quelque six mois d’études, à la demande du ministère de l’Agriculture, ce rapport aurait coûté la bagatelle de Rs 3,5 M. « Pourquoi commanditer un rapport et ne pas appliquer ses recommandations à la lettre ? » s’interroge Georges Ah-Yan. Gilles Clément avait proposé des nombreuses mesures techniques afin de donner au Jardin sa dimension internationale et de le réhabiliter en tant que lieu de conservation. Il proposait le désasphaltage des allées, de revoir la scénographie du château Mon Plaisir, d’abandonner le projet d’entrée payante, de remotiver les jardiniers sur leurs responsabilités et de former des guides de haute compétence.
Par ailleurs, la PSJP prévoit un meeting de remerciements le vendredi 15 février à 16 h au Jardin de Pamplemousses à l’intention des habitants, écologistes et autres habitués du jardin pour les actions de mobilisation menées. L’aide des autorités compétentes a été également appréciée avec la mise en place d’un nouveau Board.