La facture d’importation du pays, soit environ Rs 28 milliards annuellement, est trop lourde à tenir, il faut la réduire graduellement. Pour cela, il faut que les Mauriciens produisent davantage de produits agricoles ou améliorer la production des légumes tels la pomme de terre et l’oignon qu’ils maîtrisent parfaitement. C’est l’essentiel du message du ministre Satish Faugoo aux agriculteurs, hier après-midi, à l’inauguration de l’expo-vente agricole qui est ouverte au public, ce week-end, au Jardin de Pamplemousses.
« Est-il possible que dans une île à vocation agricole comme Maurice on importe des fleurs, des légumes, des piments, etc. ? Peut-on continuer à le faire ? » s’est interrogé le ministre, avant d’insister sur la nécessité de réduire les importations « même s’il coûte plus cher de les produire localement ». « Nous sommes déjà autosuffisants en viande de porc, de cerf et de poulet et également en pomme de terre que nous pouvons exporter aujourd’hui. Pourquoi ne pouvons-nous pas être autosuffisant dans d’autres produits également ? » a lancé le ministre. Pour cela, dit-il, il y a des choses que la population doit comprendre : « Par exemple, le gouvernement n’autorisera pas la conversion des terres agricoles à des fins de construction de bâtiments. Nous devons protéger la population. »
Plus tôt, le ministre parlé des prix des produits des denrées alimentaires qui ne cessent d’augmenter sur le plan mondial. Ces prix ont doublé à cause du changement climatique et des sécheresses qui affectent tous les pays. D’où la réflexion qu’il faut porter autour du thème défini par la FAO en vue de considérer les préoccupations, les défis et les opportunités tant au niveau global que national. Pour M. Faugoo, l’extrême pauvreté n’existe pas à Maurice. Selon lui, la faim et la malnutrition touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde. « Heureusement, tel n’est pas le cas chez nous », soutient-il.
Pour sa part, le secrétaire permanent du ministère de l’Agro-industrie, Ram Prakash Nowbuth, a fait ressortir que le monde vit une situation tellement difficile qu’on peut avoir de l’argent mais pas de produits alimentaires dans les supermarchés. Selon lui, il devient de plus en plus difficile de trouver des pays qui exportent des produits alimentaires. C’est la raison pour laquelle le gouvernement encourage les agriculteurs à produire davantage. Par exemple, on a commencé à produire du riz à Maurice – environ 2000 tonnes ont été récoltées récemment à Rose-Belle. « Nous pouvons, avec une bonne politique agricole, réduire nos importations de 20 % en quelques années », a-t-il estimé, avant d’évoquer quelques plans d’aide initiés par l’État au bénéfice des agriculteurs et éleveurs. Quant au ministre des Coopératives, Jim Seetaram, il a parlé de la contribution du mouvement coopératif dans le secteur agricole. L’expo-vente est ouverte au public aujourd’hui et demain de 10 h à 18 h.