Les employés de Pandassure Ltd, anciennement XL Community (Mauritius Ltd), se retrouvent dans une impasse. Les deux directeurs français ainsi que les deux directrices marocaine et algérienne de cette compagnie, disent-ils, ont quitté Maurice le week-end dernier. Cela, relatent les employés, « sans avoir payé entièrement le boni de fin d’année, notre salaire de janvier et les dettes envers d’autres compagnies qui leur ont offert des services ». Une plainte en ce sens a été logée au bureau du travail et une enquête a été ouverte.
Centre d’appels basé à Maurice, Pandassure Ltd vend des contrats de mutuelle en France. Entrée en opération le 13 mars 2015 sous le nom XL Community (Mauritius Ltd), la compagnie employait à cette époque environ 70 personnes. « Toutefois au fil des mois, le nombre d’employés a grandement diminué », affirment les employés restants. Louant des bureaux au Ébène Mews Building et comptant deux directeurs français ainsi que deux directrices marocaine et algérienne, Pandassure Ltd employait 23 personnes vers fin octobre 2015.
Au cours d’une rencontre avec Le Mauricien à Ébène mercredi, les employés de Pandassure Ltd indiquent que le 23 décembre 2015 à 23 h, ils ont reçu leur salaire pour le mois et leur boni de fin d’année. « Cependant, le NPF et la NSF avaient été déduits du boni de fin d’année des employés », soutient Selven Saminathen, ancien directeur mauricien de Pandassure Ltd, qui a préféré soumettre sa démission le jour de la paye. « J’ai senti qu’il y avait quelque chose de louche », déclare-t-il. Informée de cette déduction faite au boni de fin d’année, « la direction n’a pas donné de réponse », soutiennent les employés.
Au 6 janvier 2016, la rémunération due était toujours impayée. Une dizaine de personnes ont donc démissionné et « la direction les a laissés partir », déclarent les employés restants. Ces derniers reçoivent l’ordre de continuer de travailler, les directeurs leur promettant, selon eux, que toute la somme due serait remboursée à la fin de ce mois.
Quelque temps plus tard, soit le 25 janvier, les employés reçoivent un texto de la direction, les informant qu’ils sont gratifiés d’un congé d’une semaine. À ce stade, « nous n’étions aucunement inquiétés », témoignent-ils.
Salaires et arrérages
Mais pendant le week-end, selon les employés, les quatre directeurs ont quitté Maurice. « Les deux Français sont partis pour Paris le 28 janvier. Quant aux deux directrices, elles avaient loué une voiture pour se rendre à Plaisance et ont laissé les deux véhicules sans les avoir verrouillés, avec les clés dans la boîte à gants, dans le parking de l’aéroport », affirme Marvin Goinden, un des employés de Pandassure Ltd. Contacté, un responsable de Mews Building avance avoir entendu que les deux directeurs français ont quitté le pays.
Concernant les commissions sur le boni de fin d’année et les salaires pour le mois de janvier, les employés mettent en exergue qu’aucun versement n’a été fait en ce sens par la compagnie. Parmi eux, deux femmes qui viennent d’accoucher attendent également leur salaire et les arrérages.
En sus de cela, les employés invoquent que la direction n’a pas réglé des dettes envers de multiples autres compagnies qui leur avaient offert des services, dont le transport et la téléphonie. « Pandassure Ltd ne payait plus ses dettes envers ces compagnies », avance Selven Saminathen. Version que soutient une société de téléphonie à qui Pandassure Ltd doit environ Rs 150 000.
Les employés témoignent avoir essayé d’entrer en contact avec les directeurs, « mais ils ont fermé leur compte Facebook et quand on leur téléphone à l’étranger sur leurs numéros habituels, on nous répond que ce sont les mauvais numéros ». Les compagnies qui avaient offert leurs services à Pandassure Ltd et qui demeurent impayées, ont également tenté de contacter les directeurs via des courriels. En vain.
Par ailleurs, les employés soutiennent que « nous avions déposé une plainte au bureau du travail de Rose-Hill le 28 décembre 2015 concernant les relevés sur le boni de fin d’année. » Ils poursuivent : « Nous avions également prévenu des officiers de ce bureau que les directeurs prévoyaient de quitter le pays; cependant, aucune démarche n’a été faite car des officiers déclaraient qu’ils devaient suivre les procédures au préalable ».
Pour l’heure, les mères de famille qui n’ont toujours pas reçu leur salaire pour janvier, déclarent ne plus savoir vers qui se tourner. Au bureau du travail de Rose-Hill, on leur a informé que les employés ne peuvent bénéficier du Workfare Program car « la demande doit être faite par un responsable ». Mais comme indiqué plus haut, les directeurs de Pandassure Ltd ont tous quitté le pays.
Toutefois, du côté du ministère du Travail, on affirme que « tous ceux qui ont plus de six mois de service peuvent bénéficier du Workfare Program ». De plus, le ministère souligne qu’une enquête a été ouverte sur cette affaire.
À l’heure où nous mettions sous presse, une rencontre était prévue au bureau du Travail de Port-Louis avec les employés de Pandassure Ltd.