La Cour suprême a rendu hommage à feu sir Maurice Latour-Adrien, ancien chef juge, décédé le 1er août dernier à l’âge de 99 ans, mercredi 3 septembre dernier, lors d’un panégyrique. Outre le chef juge Keshoe Parsad Matadeen, notons les interventions de sir Hamid Moollan, en sa capacité de doyen du barreau, et Me Satish Faugoo, l’Attorney General.
Sir Maurice Latour-Adrien est né le 4 mars 1915. Après sa scolarité secondaire au collège Royal de Curepipe, il a fait ses études de droit à l’université de Londres et été fait avocat au Middle Temple en 1940. Il pratiqua pendant quelque temps au barreau. Puis, se joignant au service civil, il devint, en 1947, magistrat à la Cour de district, avant d’être nommé Crown Counsel en 1950. Il accéda successivement aux postes de Senior Crown Counsel en 1958, Assistant Solicitor General en 1960 et Solicitor General l’année suivante. Trois années plus tard, il devint Directeur des poursuites publiques, avant d’être nommé juge en 1966. Il s’est retiré du service en 1977 alors qu’il était chef juge. Durant son passage à la tête du judiciaire, Sir Maurice a, en quelques occasions, été appelé à assumer la suppléance aux fonctions de gouverneur général.
« I have had the privilege of being associated with the Attorney’s General’s Office since the early 70s and have accordingly had the opportunity to reuse the various files and records of the Office. I can testify to the immense contribution of Sir Maurice Latour-Adrien, be it in the field of prosecution, legal advice or legislative drafting. As for his contribution on the bench, his judgements are accessible to one and all, and proclaim without any doubt his great legal learning and erudition », a notamment dit Keshoe Parsad Matadeen.
Sir Hamid Moollan a déclaré pour sa part que « I have known Sir Maurice as soon as I joined the Bar in 1960. He was then attached to the Parquet as the Assistant Solicitor General and was kind enough to introduce me to the Supreme Court for my call to the Mauritian Bar. Thereafter, he considered himself as my godfather and always kept an eye on my career. I am forever grateful to him for that. » Pour sa part, Me Satish Faugoo, devenu avocat bien après le retrait du défunt, nous a déclaré qu’il a rencontré l’homme après avoir pris connaissance de ses jugements, que ce soit comme magistrat ou comme membre du barreau. Il a énuméré des décisions de sir Maurice ayant fait jurisprudence.
Keshoe Parsad Matadeen a rappelé qu’en 1964, avec l’entrée en vigueur de la Constitution de l’île Maurice, le bureau de l’Attorney General avait cessé d’être un public office, le dernier titulaire en tant que fonctionnaire étant Maurice Lavoipierre, qui opta pour partir à la retraite. Le nouveau poste de DPP était donc revenu au plus ancien, c’est-à-dire Maurice Latour-Adrien. Il a aussi rappelé que c’était sous le mandat du défunt qu’avait été construit le bâtiment de trois étages qui abrite, entre autres, la bibliothèque de la Cour suprême et des bureaux de juges. Ce fut sous l’insistance de sir Maurice, qui avait un « boyish air » et était « extremely fit », qu’il n’y a pas eu d’ascenseur à cet immeuble. « Little could be expected then that the retirement age of judges would be increased to 67 ». Tous ceux qui ont connu l’ancien chef juge reconnaissent qu’il fut un « most amiable man, a perfect gentleman and a great judge. His distinguished intellect, his rectitude and, above all, his qualities of modesty and humility made him a lasting figure who was admired and respected by one and all », a-t-il ajouté.
Abondant dans le même sens, Sir Hamid Moollan a fait état des nombreuses activités de sir Maurice après son retrait du judiciaire, au niveau social (président de la Mauritius Red Cross Society et de la Mental Health Association), en tant que confrère (vice-président international du droit d’expression française) ou encore dans le domaine des affaires (président de la Mauritius Commercial Bank et de la Mauritius Union Assurance).