Les inaugurations se font en grandes pompes et se succèdent jour après jour. Des mediclinics ou autres départements spécialisés voient le jour Le ministère de la Santé met les bouchées doubles afin de fournir un service de santé décentralisé à la population. Sauf que dans les centres hospitaliers, le personnel peine à offrir un service adéquat, certains appareils étant défectueux. C’est le cas notamment des appareils CT-Scan et MRI qui ne fonctionnent pas à l’hôpital du Nord et qui provoquent le recours aux appareils, déjà usagés eux-mêmes, des hôpitaux Jeetoo et Candos, vers lesquels convergent aussi les patients des hôpitaux de Flacq et Rose-Belle qui, eux, ne disposent pas de ces appareils.
A l’hôpital du Nord, depuis plus de six mois, les appareils, défectueux, restés inutilisés près d’un an, réparés, puis à nouveau tombés en panne en début d’année, des patients qui se trouvent dans la nécessité de subir des examens de radiologie poussés sont dirigés vers les hôpitaux Victoria et Jeetoo. Et ils sont nombreux à être transportés par ambulance en début de soirée vers l’hôpital Jeetoo principalement, provoquant confusion et affairement dans le travail du personnel. Sans compter que les ambulances, retenues pour ces déplacements, ne sont pas utilisées pour d’autres cas urgents.
Même scénario pour des patients du Nord nécessitant une IRM. L’appareil de l’hôpital étant en panne depuis plusieurs mois, les patients sont également transportés pour leur examen à Jeetoo et à Candos, voire dans des cliniques privées de la capitale…
Cette situation à l’hôpital du Nord, qui vient récemment d’inaugurer son centre de neurologie mais ne dispose pas d’appareil adéquat, créée une perturbation au niveau des autres hôpitaux où sont transférés les patients. Notamment un surplus de travail pour le personnel des deux hôpitaux qui, au lieu d’effectuer une dizaine d’examens par jour, en font une vingtaine dans les heures normales, et encore une dizaine après 16 heures. Ce qui provoque une surcharge sur les appareils CT-Scan ou MRI des hôpitaux Candos et Jeetoo, qui doivent par ailleurs assurer ce même service, une fois par semaine, pour les hôpitaux de Rose-Belle et de Flacq respectivement, où ces appareils n’existent pas. Selon nos informations, le personnel “pe rapé are travay”. Ce, pour pouvoir effectuer le maximum d’examen par session, selon les instructions venues de l’administration des hôpitaux. Mais tenant compte qu’un examen CT-Scan dure entre cinq et vingt minutes, dépendant des cas, le personnel a du mal à venir à bout du nombre de patients à être examinés chaque jour.
Dans le sillage, la liste d’attente des patients devant effectuer un CT-Scan ou un MRI dans les hôpitaux Candos et Jeetoo s’allonge. Parallèlement, avec la panne de ces appareils, les techniciens affectés à l’hôpital du Nord se retrouvent au chômage technique depuis plusieurs mois. D’aucuns s’interrogent sur le fait qu’alors que l’appareil Ct-Scan de l’hôpital SSR ne fonctionne pas, le personnel continue de réclamer des overtime après 16 heures pour un travail qu’il n’effectue pas. Selon nos informations, un sentiment de frustration et de démotivation commence à gagner le personnel surchargé des hôpitaux Jeetoo et Candos qui déplore le mismanagement de cette situation.