S’il y a eu paradoxe dans le sport mauricien cette année, c’est bien au niveau de la natation. Malgré des résultats plus que satisfaisants aux 8es Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) aux Seychelles en août et dans les Championnats d’Afrique des zones 3 et 4, la Fédération mauricienne de Natation (FMN) a éclaté en mille morceaux. Ceci après la la démission de pas moins de cinq des membres de son comité directeur en septembre. Satyaprakash Banarsee, Raj Boyjoo, Leckraj Ramgoolam, Wendy Meeterjoye suivis 24 heures après de Dickenrao Suddhoo, ont claqué la porte, pour dire leur opposition à la manière de faire de la présidente, Doreen Tiborcz.
Déjà, depuis le début de l’année 2011, quelques secousses avaient ébranlé la FMN. La saga des deux nageuses expatriées a en fait sérieusement mis à mal la cohésion au sein de la FMN. La présidente était fortement opposée à la présence de Heather Arseth et de Stéphanie Ah Quah au sein de la sélection pour les JIOI. Elle est allée jusqu’à usé d’un casting vote pour empêcher que Arseth ne fasse partie de la sélection et ensuite, elle a obligé Ah Quah à se soumettre à un time-trial avec comme obligation de battre deux records nationaux pour intégrer la sélection. Malgré tous les efforts déployés par Doreen Tiborcz, les deux Américano-Mauriciennes ont fait partie de l’équipe qui a défendu les couleurs mauriciennes aux Seychelles avec les résultats que l’on connaît. Et effet, ce fut une bénédiction pour la sélection nationale car Heather Arseth et Stéphanie Ah-Quah ont largement contribué à la bonne récolte de médailles d’or dans le bassin de Roche Caïman.
Au retour de l’archipel alors que l’on pensait que la bonne performance des nageurs allait apaiser les tensions au sein de la FMN. Mais ce ne fut pas le cas. Car outre le cas des deux nageuses expatriées, il y eut aussi celui de la sélection pour les Mondiaux de Shanghaï et la position de Doreen Tiborcz par rapport au renouvellement du contrat du Directeur Technique National (DTN), Philippe Pascal. L’ex-présidente de la FMN étant en conflit ouvert avec le technicien français, n’était pas favorable à l’idée de renouveller le contrat de travail de celui-ci.
Le coup de semonce fut donné le 13 septembre lorsque, contre toute attente, la FMN  éclate en mille morceaux. Le comité qui à l’origine comprenait 11 membres, n’en comptait plus que 9, après le retrait de Francis Wai Choon et l’exclusion d’Avinash Munory. Ce qui fait que la FMN ne comptait alors plus que 4 membres. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a alors mis en place un caretaker committee avec comme président Jacques Malié, assisté du Senior Sports Officer, Dev Putty et d’un représentant du Registrar of Associations. Le Comité Olympique Mauricien (COM) qui dans un premier temps devait nommer un représentant allait faire machine arrière donnant pour raison qu’il n’avait pas été consulté par le MJS.
Ce caretaker committee a ensuite pris en mains les affaires courantes de la natation locale avec pour objectif d’organiser des élections régionales et par la suite une assemblée générale élective. La Fédération Internationale de Natation (FINA) alertée par le COM et la présidente sortante s’opposa à l’existence du comité intérimaire qu’elle considérait comme illégal. Celui-ci organisa quand même les élections régionales le samedi 26 novembre au siège du Mauritius Sports Council à Belle Rose et les cinq régions affiliées à la FMN choisirent leurs 3 représentants pour l’assemblée élective nationale qui avait été fixée pour le 13 janvier de cette année. Mais le caretaker committee fut par la suite dissous par le MJS à la demande de la FINA.
Mais cette saga ne s’est pas arrêtée là et elle a même bousillé les relations entre le MJS et le COM. Maintenant, la FINA a décidé d’envoyer un représentant à Maurice pour essayer de régler la question…