Nous démarrons cette année avec une interview du vice-président de la République, Paramasivum Pillay (Barlen) Vyapoory, qui assure depuis ces neuf derniers mois les fonctions de président de la République. Jetant un regard sur 2018, il trouve dommage qu’il n’y ait pas eu de consensus sur la réforme électorale.

« Je souhaite une réforme électorale avant les prochaines élections », affirme-t-il ainsi, ajoutant : « La représentation proportionnelle devrait être une réalité afin d’éviter les 60-0 que nous avons connus à deux reprises. Pour éviter qu’un parti ayant obtenu 30 ou 40% des suffrages ne se retrouve sans un député élu au Parlement. » Il reprend également quelques thèmes de son message à la nation prononcé le 25 décembre dernier. Il estime ainsi que le pays est « en guerre contre les trafiquants » de drogue. Tout en soulignant l’importance de la réhabilitation des victimes de la drogue, il considère que ces derniers doivent également se sentir coupables. Il nie en outre être un “rubber stamp” du gouvernement et affirme avoir « suffisamment de force de caractère » et de confiance en soi pour exprimer son désaccord si le besoin s’en fait sentir.

Voilà neuf mois que vous assumez les fonctions de “acting president”. Êtes-vous à l’aise dans cette fonction ?

Je me sens très bien. J’ai été nommé vice-président de la République. Je sais ce que cela implique comme responsabilités et les circonstances, que vous connaissez très bien, ont fait que j’assume actuellement le rôle de président par intérim depuis neuf mois. J’assume cette responsabilité avec beaucoup d’humilité et beaucoup de sérieux. C’était inespéré. Il fallait faire face à la situation. C’est pour moi un grand honneur. Je réalise l’importance de cette responsabilité et je fais de mon mieux pour être à la hauteur de la tâche. J’ai une philosophie de vie qui me permet de rester moi-même, avec mes principes et mon expérience de la nation mauricienne profonde. Je fais de mon mieux pour donner satisfaction aux dirigeants, à ceux de l’opposition et à la population.

Vous êtes issu du monde éducatif. Est-ce que le fait de n’avoir pas été un politicien actif constitue un handicap pour vous ?

Si on grandit dans un certain milieu, fut-il politique ou non, on apprend des choses concernant l’environnement dans lequel on évolue. Pour ma part, je n’ai pas grandi dans une famille politique. Cela aurait aidé, sûrement. Mais je dois dire que dès mon plus jeune âge, mon père me parlait de politique. Il était instituteur et me parlait beaucoup de Renganaden Seeneevassen, son ami. On allait des fois à son bureau, à Port-Louis. Il me parlait de lui comme d’un grand intellectuel, d’un excellent avocat et d’un grand orateur. II me parlait également d’autres politiciens. J’ai toujours voulu écouter Renganaden Seeneevassen. Ce qui par conséquent m’a amené à m’intéresser à la politique. Sans compter que j’ai eu l’occasion d’écouter les meetings de tous les partis et de suivre de près la situation à travers les médias. J’ai eu également l’occasion de m’engager dans la politique.

Vous étiez-vous fixé des priorités lorsque vous avez assumé les fonctions de président par intérim ?

Personnellement je ne pense pas que j’aurais dû avoir un programme à moi. Il y a un gouvernement élu par le peuple. Il y a l’opposition comme chien de garde. Il y a les institutions et moi, en tant que président par intérim, je suis le garant de la Constitution et j’accomplis mon travail d’après les exigences de la Constitution. J’avais décidé, en tant que vice-président, et je continue à le faire, de m’engager auprès des Ong pour les accompagner dans leur travail dans le but d’apporter un soulagement aux plus démunis.

Puisque vous parlez des plus démunis, la pauvreté est toujours un problème de la société mauricienne ?

Cela n’aurait pas dû être le cas dans un pays comme Maurice. Il faut toujours savoir pourquoi ces poches de pauvreté existent toujours. L’État fait beaucoup d’efforts et offre beaucoup de prestations. Chaque individu doit faire plus d’efforts personnels.
Si Maurice a pu sortir des difficultés économiques et sociales dans lesquelles elle se trouvait au moment de l’indépendance pour devenir un pays prospère, cité en exemple en termes de coexistence pacifique, de paix et de prospérité, c’est parce qu’on a su contrôler la population. Pour sortir de la pauvreté, il faut d’abord avoir une planification familiale et avoir une famille à la mesure de ses moyens. Si chaque famille assume ses responsabilités, on peut éliminer complètement la pauvreté. C’est faisable.

La pauvreté n’est donc pas une fatalité ?

Non, ce n’est pas une fatalité. Je suis confiant qu’à l’avenir toutes les poches de pauvreté pourront être éliminées. Il faut que chaque individu fasse l’effort qu’il faut et applique une grande discipline.

Est-ce que l’éducation joue son rôle comme il le faut ?

Ce que je viens de dire relève de l’éducation. Je dis ce que, d’après moi, on doit faire, et c’est à vous de voir si c’est raisonnable et s’il faut le mettre en œuvre.

Pensez-vous que le Nine-Year Schooling répond aux besoins de l’île Maurice d’aujourd’hui ?

Le Nine-Year Schooling est en théorie un excellent programme. Il faut maintenant l’appliquer. D’après ce que j’ai entendu, il y a des résultats. Ce programme met l »accent sur le développement complet de l’enfant. En plus de l’éducation économique, on encourage le développement de l’enfant à travers des activités concrètes comme le théâtre, le sport et les activités environnementales, et c’est très bien ainsi.

Dans votre message, vous évoquez la célébration du jubilé d’or de notre indépendance. Cinquante ans après l’indépendance, sentez-vous que Maurice est devenue une nation ?

Je crois bien. Je n’ai pas de soucis à ce sujet. La culture mauricienne est une mosaïque de cultures. Comme le cardinal Margéot l’a toujours dit, il ne faut pas faire de notre culture une compote, mais une salade de fruits, où chaque partie doit garder sa saveur individuelle. Nous avons un mauricianisme multiple où chaque religion et chaque culture gardent son identité propre en partageant et en s’enrichissant les uns les autres. Qu’est-ce qu’un Mauricien type ? On est chrétien, on est musulman, on est hindou… Nous sommes une nation multiple d’une grande variété qu’il faut préserver.

Lorsqu’on parle de la montée du communalisme, est-ce que cela vous inquiète ?

C’est quoi le communalisme ? C’est lorsque quelqu’un favorise un membre de sa communauté qui ne le mérite pas. Lorsque cela se produit, c’est du communalisme. Dans l’ensemble, je ne crois pas que ce soit le cas. Dans la pratique, que voyons-nous ? Toutes les communautés participent pleinement à la fête de Noël. En général, toutes les communautés participent pleinement à la fête du Divali. De quoi se plaint-on ? Au travail, différentes communautés se côtoient, travaillent ensemble, fêtent ensemble. Aujourd’hui, on chante des chansons de toutes les langues. Je suis un optimiste.

Lorsqu’on parle de recensement ethnique, comment réagissez-vous ?

Dans quel but doit-on faire un recensement ethnique ? Nous devons nous défaire du Best Loser System sur la base ethnique. Nous n’en avons plus besoin.

Cinquante ans d’indépendance veut aussi dire 50 ans de la Constitution dont vous être le gardien. Beaucoup pensent qu’il faut améliorer cette Constitution. Est-ce que vous êtes d’accord ?

Il faut d’abord savoir ce qu’on propose. L’amélioration s’applique à toutes les institutions tout le temps. C’est normal. S’il y a besoin d’améliorer la Constitution, on doit le faire. Il faut savoir quelle amélioration on propose…

On vient d’avoir un débat sur la réforme électorale, qui fait partie de la Constitution. Avez-vous suivi les débats ?

Il est dommage qu’il n’y ait pas eu de consensus sur cette réforme. J’espère qu’une version amendée du texte de loi sera représentée avant les prochaines élections. Je souhaite personnellement qu’il y ait une nouvelle formule électorale. Je souhaite fortement une réforme électorale.

Ne pensez-vous pas qu’il y aurait dû avoir plus de dialogue entre les partis concernés à ce sujet ? Pour le moment, un parti a imposé son projet de réforme…

Un parti n’a pas imposé mais a proposé une réforme. Il y a eu suffisamment de temps pour que les partis fassent leurs propositions.

Est-ce qu’il ne faudrait pas qu’auparavant les législateurs, membres de l’Assemblée législative, mettent la tête ensemble pour trouver une solution ?

Je ne voudrais pas entrer dans une discussion politique ou politisée. Tout ce que je peux dire, c’est que je souhaite qu’il y ait une réforme. La représentation proportionnelle devrait être une réalité afin d’éviter les 60-0 que nous avons connus à deux reprises. Pour éviter qu’un parti ayant obtenu 30% ou 40% de votes ne se retrouve pas sans un député élu au Parlement. Une représentation proportionnelle est nécessaire. S’agissant la représentativité des communautés, il faudra trouver un moyen pour que ce soit assuré à l’Assemblée nationale. C’est important pour la paix. Il faut avoir un idéal mais il faut être en même temps réaliste. Le réalisme veut dire que toutes les communautés sont dûment représentées au Parlement. C’est important.

Dans votre message, vous vous appesantissez aussi sur le problème de la drogue dans le pays…

C’est un problème mondial. C’est comme dans une guerre. Le pays fait face à un ennemi commun et c’est l’argent et le goût de l’argent de ces trafiquants, qui ne veulent que s’enrichir au détriment de la vie et du bien-être des autres. Ce sont nos ennemis. Il faut les éliminer. Il faut éliminer le trafic de drogue, qui est destructeur. Si on ne fait rien aujourd’hui, le pays ira vers la ruine. D’un côté, il y a la répression, car il faut combattre les trafiquants, et de l’autre côté, il faut éliminer la consommation. Tout le monde doit comprendre que nous n’avons pas besoin de drogue pour être heureux. Il y a tellement d’autres choses qui peuvent assurer notre bien-être et nous garder en bonne santé. Lorsqu’on commence à prendre de la drogue, on devient très vite son esclave. On devient dépendant. Il faut utiliser son raisonnement. It can have very detrimental effect afterwards. So it can’t be good. Il faut pouvoir avoir la force de caractère nécessaire pour dire non. Il faut inculquer cela aux enfants dès leur plus jeune âge. Sans consommation, il n’y aura plus de commerce. Cela évitera d’avoir des transactions illégales qui impliquent des milliards de roupies. Et d’où sortent ces milliards de roupies ? Des poches des gens qui travaillent honnêtement et durement. Cette dépendance de la drogue est un problème de sécurité publique car elle peut donner lieu à des vols et des crimes. C’est très inquiétant.
Il faut que tout le monde participe à la campagne, à ce combat contre le trafic de drogue. En tant que journaliste, vous avez également un rôle à jouer. Il faut féliciter ceux qui procèdent à des arrestations et à des saisies de drogue parce qu’ils mettent leur vie en danger. Il faut les encourager. À ce propos, j’ai félicité le recteur du Collège St-Esprit, qui a eu le mérite de reconnaître qu’il y a un problème dans son collège. Grâce à sa prise de position, il y a eu une prise de conscience. Les recteurs se sont mobilisés pour voir comment faire un travail collectif.

Vous n’avez toutefois pas insisté sur la réhabilitation ?

Je sais qu’il y a beaucoup d’Ong qui s’engagent dans ce domaine. Je les félicite et je les encourage. Le gouvernement a mis au point un travail de soutien à ces Ong pour faire un travail de réhabilitation. Encore une fois, c’est avec l’argent des contribuables.

La commission d’enquête considère que les drogués sont des malades…

Ce sont des victimes consentantes. Il y a aussi des coupables. Il faut les condamner. Si je reconnais qu’il faut les aider à sortir de là, je ne crois pas qu’il faille s’apitoyer sur leur sort comme s’ils étaient des victimes innocentes. Il faut les culpabiliser également.

Êtes-vous pour l’application de la peine de mort pour les trafiquants ?

On n’a pas le droit de prendre la vie de quelqu’un. Personnellement, je suis contre la peine de mort. Mais parfois, lorsque je vois tous les dégâts que cela cause, il m’arrive d’être tenté de dire que peut-être il faudrait la peine de mort. On ne peut permettre à ces gens qui ont des jets privés et des berlines de détruire un pays, une jeunesse, une population… Il faut qu’ils sachent qu’on ne peut se flatter d’être riche à travers ce moyen.

Vous n’avez pas beaucoup parlé d’économie dans votre discours ?

J’ai parlé de la croissance économique, de la croissance de 3,8%, des progrès réalisés dans l’industrie touristique, etc.

Oui, mais vous n’avez pas parlé des problèmes…

Je ne peux pas entrer dans tous les détails. Je laisse le soin au Premier ministre de le faire.

Votre nomination comme président par intérim avait fait l’unanimité. Est-ce que vous auriez souhaité être président à plein-temps ?

Cela ne relève pas de moi. C’est la prérogative du Premier ministre et du cabinet. Et ensuite de l’Assemblée nationale.

Est-ce qu’en tant que “acting président” vous sentez que votre opinion a le même poids qu’un président auprès du gouvernement ?

Je crois que oui. J’ai des rencontres hebdomadaires chaque jeudi avec le Premier ministre. Je lui fais part de mon état d’esprit sur différents sujets d’actualité.

Vous n’êtes pas un président “rubber stamps” quand même ?

Certainement pas.

Est-ce que cela vous agace d’entendre ce genre de critique ?

Bien sûr. Je fais mon travail d’après les provisions de la Constitution avec un esprit ouvert. Je prends ma responsabilité et I stand by my opinion.

Certains ont été surpris de la vitesse avec laquelle vous avez approuvé les amendements à l’ICTA. L’aviez-vous fait exprès ?

Je n’ai pas eu d’hésitation à signer le texte de loi parce qu’il y a beaucoup d’abus sur Internet. Il y a des gens qui se sont suicidés dans le monde à la suite de textes et de photos qui ont été exposés. Ne fallait-il pas faire quelque chose pour prévenir cela ? Necessity is the mother of invention. L’Internet et Facebook sont des inventions nouvelles et n’étaient pas contrôlées par la loi. Maintenant que cela existe, les gens en font un abus. Il faut protéger tout le monde. Vous n’auriez pas souhaité que des gens mettent des photos compromettantes de vous sur Internet, n’est-ce pas ? De quel droit quelqu’un peut s’octroyer le droit de faire cela ? Qui va l’en empêcher ? C’est pour cela qu’on a un gouvernement, une force policière… C’est pour protéger la population. Cela ne veut pas dire que la liberté d’expression est en danger. Elle n’est pas touchée, même moindrement.

L’opposition vous reproche d’avoir approuvé la nomination d’une personne proche du pouvoir à l’Electoral Supervisory Commission…

Qui sont ceux qui me le reprochent ? Combien de personnes sont d’accord ? J’ai proposé le nom de cette femme. Cela a été approuvé par certains et il y a eu des objections de la part d’autres personnes. J’ai consulté tous ceux que je devais consulter d’après la Constitution et laissez-moi vous dire qu’il n’y a pas eu de consensus. Ceci étant, je dois prendre une décision. L’avocate a représenté le Premier ministre en cour. Est-ce que cela suffit pour dire qu’elle ne pourra pas être impartiale ? Je pars du principe selon lequel on peut avoir confiance en l’intégrité d’une personne, dans l’honnêteté d’une personne. Elle a le droit d’être l’avocate de n’importe qui mais dans l’exécution du travail qui lui est confié, elle peut le faire en toute impartialité. Je lui accorde ce mérite. Qui suis-je pour douter de son honnêteté ? Je lui donne cette confiance. À Maurice, tout le monde connaît tout le monde. Tout le monde a aidé tout le monde, ou presque.

Au cas où vous n’êtes pas d’accord avec une décision gouvernementale, êtes-vous prêt à dire non ?

Bien sûr. Vous pouvez être certain que j’ai suffisamment de force de caractère et assez confiance en moi pour que, s’il arrive que je ne sois pas d’accord avec le gouvernement, je fasse part de mon désaccord.

Le gouvernement annonce une législation sur le financement des partis politiques. Qu’en pensez-vous ?

C’est une question politique. Je ne voudrais pas me prononcer. Déjà, je vois que certains politiciens ne sont pas d’accord.

Pour la deuxième fois, on voit que certains détenus condamnés pour avoir commis des crimes, et qui ont été condamnés à des peines d’emprisonnement exemplaires, obtiennent une rémission. Qu’en pensez-vous ?

Pourquoi y a-t-il une commission de pourvoi en grâce ? C’est dans le but de voir s’il y a lieu, à la suite de condamnations, d’accorder une grâce parce que nous sommes des humains. Les humains commettent des fautes pour lesquelles ils sont condamnés, mais ils sont également perfectibles. On a vu à l’étranger des condamnés à mort bénéficier d’une rémission. À Maurice, c’est le rôle de la commission de pourvoi en grâce, qui réévalue les peines. Dans le cas présent, le détenu a obtenu une rémission sans toutefois être innocenté, et le détenu reste en prison. Je ne voudrais pas commenter davantage cette affaire. Il faut laisser les institutions faire leur travail.

Quelles sont vos relations avec l’ancienne présidente de la République ?

Tout ce que je peux vous dire, c’est : I wish her well !

On dit que 2019 sera une année électorale. Pensez-vous que ce sera une année difficile ?

Ce sera une année très mouvementée. Les partis politiques sont très mobilisés et très organisés à Maurice.

Avez-vous un appel à lancer aux uns et aux autres ?

Je lance un appel à la population d’être bon enfant de façon à ce tout se passe dans la paix, dans le respect de l’autre. Et pour qu’elle prenne des décisions à la lumière des faits, pas de rumeurs. Aux partis politiques, je leur demande de faire en sorte de respecter les lois et de se servir d’un langage correct.

Votre souhait pour 2019 ?

Maurice a un grand avenir. C’est dans le présent qu’on construit cet avenir. Le pays a beaucoup d’atouts. Il faut qu’on prenne conscience de notre richesse et qu’on valorise ce que nous avons. La diversité culturelle n’est pas un problème, c’est au contraire une richesse. Il faut vivre et laisser vivre tout en apprenant de l’autre. Je suis hindou, mais j’ai beaucoup à apprendre des chrétiens et des musulmans. J’ai surtout beaucoup à donner de mes croyances, de ma civilisation, de celle de mes grands-parents. Je souhaite que les Mauriciens, dans leur ensemble, réalisent leur bonheur d’être Mauricien dans ce petit bout du monde avec tellement de ressources intangibles : une population éduquée, multilingue, multiraciale, multiculturelle.

Nous avons une immense zone économique qu’on peut exploiter. Nous avons nos îles. Espérons que nous aurons bientôt les Chagos. Nous sommes à côté de l’Afrique et nous pouvons être un pont entre l’Europe, l’Asie, l’Amérique et le continent. À Maurice, nous avons une stabilité politique, un climat tempéré et nous vivons en sécurité. Je ne pense pas qu’il soit aussi difficile d’atteindre le niveau des pays à revenus élevés. Il faut s’y mettre.

Propos recueillis par Jean Marc Poché