Après la confirmation de l’accession de Bras d’Eau au statut de parc national, vendredi 5 août, lors du Conseil des ministres, le porte-parole des protestataires, Alix Perrier, se mobilise. Lasse que ses actions entamées jusqu’ici n’aient eu très peu de succès auprès des autorités mauriciennes, cette amoureuse de la forêt à la santé fragile s’est tournée, en début de semaine, vers la Fédération Environnement Durable (FED) en France.
La FED regroupe des associations et les particuliers qui entendent peser sur la politique énergétique de la France dans le cadre de son développement durable d’une part, en plébiscitant les technologies d’économies d’énergies et d’autre part, en menant une réflexion sur les Énergies renouvelables (EnR). La raison fondatrice de la FED consiste à s’interroger sur l’hégémonie et la légitimité de l’éolien industriel dans les 21% d’EnR que la France tente d’instaurer pour répondre à ses engagements Européens, à faire part de ses conclusions à l’État et si besoin est, de mener des actions dans le cadre légal pour les faire valoir. Des démarches similaires sont envisagées sur les autres EnR et sur les technologies d’économie d’énergie. ?
Voulant prévenir la construction d’un parc éolien en pleine forêt où vivent des oiseaux endémiques dont certains sont des espèces protégés et menacés, une pétition circule en ce moment sur la toile à l’adresse suivante: http://www.petitions24.net/ile_maurice_-_sauvons_le_parc_national_et_la_….
Dans un ultime recours de faire basculer ce projet qui consiste en 18 éoliennes de 1 MW chacune à Bras d’Eau, dans le nord-est de île, Alix Perrier, 59 ans, espère atteindre le maximum de personnes dont des Mauriciens établis à travers le monde afin de conserver le peu de forêt qu’il nous reste.
Intitulée, « Ile Maurice- Sauvons le parc national et la région de Bras d’Eau », la pétition mise en ligne se lit comme suit : « Nous sommes sous la grande menace d’une implantation de deux parcs éoliens en bordure, d’un côté par d’un parc national nouvellement décrété officiellement par le gouvernement mauricien avec sa faune et flore endémiques exceptionnelles et de l’autre côté, d’un petit village côtier de pêcheurs et de petits planteurs à Roches Noires. Ce projet gigantesque est mis en place par une firme française et un partenaire mauricien dans le nord-est de notre petite île qui fait à peine 1865 km2. 
Des voix d’experts en environnement et de la Wildlife Foundation, ainsi que de nombreux citoyens désapprouvent ce projet sur ce site, car cela causeraient des dégâts irréversibles à la nature et causeraient aussi de gros problèmes de santé aux riverains qui se trouvent à peine à 500 mètres des éoliennes. L’Académie de Médecine préconise une distance conservatoire de 1 500 mètres de toute habitation. 
Une campagne de presse a commencé et nous voudrions la renforcer par une pétition qui toucherait le monde entier là où vivent une grande partie de la diaspora mauricienne et à tous les amoureux de note île. Ceci est un acte majeur pour la génération future de tous les habitants de l’île Maurice. 
Nous demandons au gouvernement mauricien, dans sa grande sagesse, d’allouer un site alternatif aux promoteurs pour préserver ce parc national et cette région authentique située sur une ancienne coulée de lave.
Nous sommes une île gorgée de soleil toute l’année, nous avons de la canne à sucre et nous pouvons développer d’autres énergies (solaire, biomasse ,etc) qui soient à la mesure de notre île. »
Cette pétition n’a, au grand bonheur d’Alix Perrier, pas laissé insensible nos compatriotes. A hier soir, 492 signatures ont été recueillies. Plus de 60 commentaires ont été faits sur la page de la pétition. « Je suis à 800 mètres de ces engins de 150 mètres de haut, ils sont bruyants et ne produisent pas régulièrement. Dans 30 ans, qui sera responsable du démantèlement? », écrit un pétitionnaire. Ce dernier vit près d’une ferme éolienne. « Ayant déjà contribué modestement il y a quatre ou cinq ans au refus de l’implantation d’une horrible salle prés de la belle église de Cap Malheureux, je souhaite que ce projet d’éolien ne soit pas réalisé. Gardons Maurice », écrit un autre pétitionnaire qui se désigne comme « un touriste fidèle à notre île ».
Dans notre édition de dimanche dernier, l’on se demandait ce qu’il adviendrait du parc éolien après son statut de parc national. Le ministère de l’Environnement, apprend-on, de source officielle, a demandé, un plan des environs de cette forêt, au ministère de Terres et Logements et au département de Bois et Forêts du ministère de l’Agro-Industrie. « Nous ne pouvons prendre pour acquis ce qui se dit sans vérification. Nous allons dans un premier temps analyser et s’assurer si les éoliens empièteront ou pas sur le parc national. Nous déciderons par la suite », soutient-on au ministère de l’Environnement.
La compagnie française, Aérowatt représentée par son partenaire mauricien Cyril Oudin, a-t-il le droit de poursuivre ses travaux? « Oui, rien ne peut être fait tant que nous ne disposons pas du plan du site », répond la source. Malgré l’urgence de la situation et compte tenu des espèces qui y vivent, le ministère de l’Environnement n’est toujours pas en possession du « fameux plan », carte décisive pour la suite des évènements.
Si l’ingénieur en environnement et océanographe, Vassen Kauppaymuthoo, qui s’est ouvertement appesanti sur le sujet — allant même demander au gouvernement de démontrer qu’une Environment Impact Assessment (EIA) licence n’est pas définitive — estime que la décision dudit ministère est un pas, si minime soit-il. Toutefois, précise-t-il, le ministère de tutelle aurait dû mettre le projet en attente, le temps que la licence EIA soit reconsidérée et qu’un comité siège pour prendre une décision finale. « Le principe de précaution doit être appliqué. C’est un principe connu en environnement qui s’impose du moment qu’il y a des risques avérés », soutient-il. 
Si pour Alix Perrier, qui ne comprend pas pourquoi la licence EIA a été accordée pour qu’après le site soit décrété parc national, elle estime que rien n’est encore perdu. D’autant que de plus de voix s’élèvent allant même jusqu’à demandé au Premier ministre, Navin Ramgoolam, de faire preuve du même bon sens qui a prévalu, lors de la sauvegarde de la vallée de Ferney, il y a plusieurs années.