Si tout se passe bien, la forêt d’ébène de Chamarel devrait faire l’objet d’un projet de conservation et d’écotourisme initié par Owen Griffiths (directeur de La Vanille Crocodile Park) et son épouse, tous deux naturalistes et défenseurs de l’environnement. Le projet concernera quelque 39 hectares de terre forestière située sur les pentes de Piton Chamarel, aussi connu comme Piton Canot.
Dégradée depuis des années par la présence de plantes exotiques et la déforestation, la forêt d’ébène de Chamarel avait besoin d’être rehaussée. Le travail de restauration de la forêt a débuté il y a 6 ans avec le désherbage de 10 hectares de forêt et l’introduction de 80 000 plantes indigènes. Étant une Dry Forest, elle abrite différentes espèces de plantes dont le bois d’ébène, le bois galets, le bois fer, le bois pomme et quelques espèces de bois clou. Concernant les oiseaux endémiques, on y trouve le coq des bois, le Mauritian Flycatcher ou encore le merle charpentier.
Éveiller les consciences.
Le but derrière un tel projet est avant tout de s’assurer que les générations futures puissent profiter de l’héritage naturel du pays. Et cela passe inévitablement par la conservation de ce patrimoine qui doit être associé à une prise de conscience de la population mauricienne. “Ils sont conscients qu’il ne reste plus que 2 % de la forêt primaire de Maurice. Leur but est de sensibiliser les Mauriciens à l’importance de conserver ce qu’il reste. Pour ce faire, ils savent qu’il faut attirer plus de visiteurs pour qu’ils constatent la situation de visu”, indique Christine Griffiths, responsable du projet.
Éducation.
La suite de ce qui a été lancé implique la création d’un centre des visiteurs incluant un musée de l’histoire des forêts mauriciennes avec une attention spéciale sur l’ébène. Rappelons que ces arbres ont été extrêmement exploités par les colons. Un centre d’éducation écologique est également prévu. “Ce centre comprendra un curriculum qui aura pour but d’éduquer les écoliers et collégiens de la région ainsi que les communautés locales et les autres visiteurs à propos de la flore et la faune uniques de Maurice”, dit Christine Griffiths.
Retour dans le passé.
Selon Christine Griffiths, les visiteurs pourront avoir un aperçu de comment était l’île avant l’arrivée des humains et comprendre l’importance de préserver l’héritage écologique de Maurice pour les générations futures. “Les visiteurs pourront ainsi marcher dans la forêt ou alors profiter des safari jeeps qui les emmèneront à un endroit appelé Roche Bonhomme, où ils pourront contempler la vue spectaculaire donnant sur le Moka Range, l’Île aux Bénitiers et Le Morne. Un walkway traversant une section de la forêt indigène donnera aux visiteurs la sensation de flotter à travers la forêt, les transportant dans le passé pour découvrir comment était l’île avant l’arrivée des humains.”
Le projet est actuellement en attente de son permis EIA et, si tout se passe comme prévu, la forêt d’ébène de Chamarel pourra accueillir ses premiers visiteurs dès 2014.