Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire Satish Faugoo s’est prononcé contre tout développement dans les réserves et les forêts mauriciennes. C’était hier à Bras-d’Eau, dans le cadre de l’ouverture du nouveau centre d’interprétation de la réserve. Il a affirmé que des sanctions seront prises contre ceux qui ont développé des projets.
Tout en insistant sur le fait qu’il faut un équilibre entre développement et conservation des forêts, le ministre Faugoo a affirmé : « Nou bizin kapav gard li kouma li été. » Il est d’avis qu’il ne faut pas autoriser les projets quand bien même ils seraient « eco-friendly ». D’ailleurs, dit-il, il y a de nombreuses demandes dans ce sens. « Ena boukou presyon », soutient-il, que ce soit pour des développements résidentiels, industriels ou touristiques. Et de préciser que des personnes ont développé des projets « eco-friendly », mais sont dans l’illégalité. « Nou pou pran bann sanksyon kont zot », a-t-il insisté.
Le ministre Faugoo s’est longuement appesanti sur l’importance des forêts et la biodiversité et a encouragé les Mauriciens à planter des arbres dans leur cour et à ne pas abattre ceux qui sont déjà là. Un parc national, soutient le ministre de la Sécurité alimentaire, purifie l’air, sert d’habitat aux espèces diverses, dont des plantes médicinales, et permet de capter l’eau. Dans un même ordre d’idées, il a commenté les grandes sécheresses que Maurice a connues dans un passé récent, notamment l’assèchement de Mare-aux-Vacoas. Si d’aucuns ont beaucoup critiqué la situation affirmant qu’il y a des fuites ou encore que l’abattage des arbres en a été responsable, soutient M. Faugoo, il convient de rappeler que le réservoir a été rempli de nouveau et qu’en ce moment, « nous constatons une nouvelle fois un assèchement ». « Nous devrons réguler la distribution d’eau dans le pays », avance-t-il.
Le ministre Faugoo a rappelé que le parc de Bras-d’Eau a été élevé au statut de parc national en 2011 lors d’une cérémonie officielle en présence du Premier ministre Navin Ramgoolam. Deux ans plus tard, le parc se voit doter d’un centre d’interprétation mieux équipé que celui qui existait déjà, précise-t-il, en indiquant que cela a coûté Rs 3,3 millions au gouvernement. Outre une exposition permanente sur les espèces endémiques et indigènes de Maurice, le centre compte une salle de conférence, à l’extérieur, y existe une pépinière et un centre de recherche. Le visiteur peut ensuite faire une balade dans le parc et visiter les ruines. Avec un peu de chance, il peut tomber sur des oiseaux indigènes ou migrateurs, dépendant de la période de visite.
Selon Satish Faugoo, Maurice a été le premier pays à signer la Convention sur la biodiversité. Par la suite, le pays a signé d’autres conventions et protocoles ayant trait à la biodiversité. Il indique que Maurice est classée troisième sur la liste des pays ayant des espèces menacées d’extinction. Parmi les 247 espèces de plantes endémiques, 200 sont menacées de disparition, d’où l’importance des actions de conservation du gouvernement. Les visiteurs du parc de Bras-d’Eau recevront une brochure avec des informations et un plan du parc.
Après l’ouverture du Pétrin Visitor’s Centre le 1er août dernier et celui de Bras-d’Eau hier, M. Faugoo annonce l’ouverture de celui de la Vallée d’Osterlog. Les invités à la cérémonie d’hier ont reçu en cadeau une brochure du parc et un Trochetia boutoniana ou boucle d’oreille, la fleur nationale de Maurice.