Nathalie Henry dit avoir trois passions: sa famille, ses chevaux et son travail, auxquelles elle se dévoue. Celle qui occupe les fonctions de directrice d’une maison de retraite à Moka est aussi connue comme assistante entraîneur et la première dame à ce poste à avoir remporté une course et le Maiden. Passionnée par son métier, cette femme âgée de 49 ans, se bat au quotidien pour offrir une vie de qualité aux personnes âgées. Pour les accompagner au mieux, elle n’a cessé d’accumuler expériences et formations, tout en côtoyant des spécialistes du « age care ». Fin août, à Perth, elle assistera à une conférence organisée par l’International Association of Homes and Services for the Ageing (IAHSA)/Aged and Community Services Australia (ACSA).
En effet, Nathalie Henry a été nommée par le Commonwealth Association for the ageing (CommonAge) pour assister à la conférence IAHSA/ACSA qui se déroulera du 30 août au 3 septembre à Perth et qui réunira des délégués du monde entier, des social workers, des médecins, psychiatres, directeurs de maison de retraite. L’occasion pour celle qui fera partie des 17 délégués de la région africaine de rencontrer des experts mondiaux des « age care ». Ces derniers aborderont divers problèmes tels que le vieillissement de la population, des maladies telle que la démence, mais aussi d’autres sujets allant de l’architecture et l’aménagement des maisons de retraite jusqu’aux soins en passant par les nouvelles technologies.
Nathalie Henry, qui s’est spécialisée en gestion et qui a étudié les sciences sociales, a travaillé pendant 20 ans en Floride aux États-Unis dans le secteur hospitalier. À son retour au pays en 2002, elle a été approchée par le cardinal Jean Margéot pour participer à la mise sur pied d’une maison de retraite, « Les filles de Marie », à Bonne-Terre. À Moka, elle qui est une des pionnières à Maurice à s’être intéressée à la gériatrie, cette spécialité médicale qui se penche sur la santé des personnes âgées, gère « Les Jardins de Chantenay », avec une centaine de résidents. Ce sont Hervé Henry, son cousin, et Mélanie Faugier qui ont fait appel à elle en 2012 pour lancer et gérer cette résidence de luxe pour personnes âgées avec clinique et soins  intégrés.
« C’est un honneur pour moi de travailler avec les personnes âgées, malades ou handicapées, une gratification personnelle. Au cours de mon parcours, j’ai réalisé que plus je donne et plus je reçois », déclare Nathalie Henry qui dit se réveiller chaque matin heureuse de se rendre au travail. Si la fille de feu Serge Henry a choisi ce métier, c’est parce que « j’aime m’occuper des seniors, rendre leur vie la plus agréable possible, j’aime ce côté humain ». Tout au long de sa vie, Nathalie Henry a aussi accompagné les mourants. «Les soins palliatifs permettent de mieux vivre la fin de vie. Pour moi, il n’y a aucune raison pour qu’une personne en fin de vie souffre. Je trouve cela révoltant qu’on ne mette pas suffisamment de mesures en place pour répondre aux besoins des patients du troisième âge».
À Maurice, le problème de vieillissement apparaît comme une problématique: «Il y a un changement radical de nos valeurs. La mondialisation et l’accès à l’internet ont provoqué l’explosion dans les moeurs. Avant, on prenait soin de nos sujets âgés, maintenant ce n’est plus acquis. On ne trouve personne pour s’occuper d’eux et aucun endroit où aller», ajoutant que la démence est aussi un autre problème. «Qu’est-ce qu’on fait de ces personnes qui souffrent de démence? Doit-on les rejeter? ll faut savoir traiter les personnes âgées avec dignité, humanité et respect».
Nathalie Henry assure plusieurs types de fonctions afin de gérer efficacement la maison de retraite. Gestion administrative, préparation et suivi budgétaire, organisation et planification du travail, choix des fournisseurs, recrutement du personnel, management des équipes, etc., avec pour préoccupation principale le bien-être des résidents ainsi que la qualité de leur hébergement et des services associés. «Mon travail comprend aussi les tâches de nature différentes et exige écoute, rigueur, pragmatisme et polyvalence. Cela implique notamment de connaître l’environnement juridique, pour appliquer la règlementation et en suivre les évolutions. Gérer une maison de retraite repose sur une éthique solide et doit s’appuyer sur des personnels compétents, bien formés et en nombre suffisant pour assurer les soins, l’intendance, la logistique, les animations, etc. La gestion des maisons de retraite ne peut comporter qu’un volet administratif, budgétaire et comptable: le facteur social et humain y prédomine, avec une forte exigence de qualité de vie et des services rendus aux personnes âgées. Les personnels doivent être attentifs, attentionnés tout en restant très professionnels», dit-elle.
A Perth elle ira pour apprendre. Car dans ce métier on ne cesse jamais de le faire. Mais une chose est sûre, cette dame au caractère de battant saura aussi partager ses connaissances et son expérience.