MELLINO BÉGUÉ

Un lexème qui vient à l’esprit à chaque énonciation de sexualité sur le territoire mauricien: tabou. La sexualité est précoce au XXIe siècle. L’Île Maurice ne déroge pas à cette règle. En guise d’ébauche, la famille (particulièrement les parents) sera la principale concernée tout au long de ce partage. C’est à la famille de prendre les rênes dans ce domaine afin d’éviter un capharnaüm d’ordre fondamental sur : QUI DOIT PRODIGUER L’ÉDUCATION SEXUELLE AUX JEUNES ET AUX ENFANTS ? Pourquoi mentionner les enfants aussi ? Ils posent souvent des questions qui embarrassent les adultes et auxquelles ces derniers répondent par des balivernes. La puberté, la sexualité, la contraception et la grossesse doivent foncièrement être abordées par les parents et discutées avec les enfants.

Il est essentiel pour les parents d’expliquer les changements que subit le corps durant la puberté afin d’éviter toute action menée par des jeunes pour essayer de contrer les effets (chez les filles: élargissement du bassin, arrondissement des fesses et des hanches, développement des seins; chez les garçons: début de pilosité faciale, changement de la voix, développement des testicules) par des moyens radicaux (refus de se nourrir correctement causant ainsi de l’anorexie et la boulimie). Le manque d’information et de soutien appropriés lors de cette étape empêche l’épanouissement favorable du jeune, ahuri des fois, par ce lot de changements abrupts. L’accompagnement souple et l’apport informatif des parents permettront aux jeunes de bien vivre ce bouleversement physiologique et psychologique. Tous ces changements sont souvent accompagnés du désir sexuel.

La découverte de la sexualité fait partie de la vie. Tout un accompagnement est nécessaire lors de cette phase. Souvent, c’est lors de la puberté que les jeunes feront le choix de leur orientation sexuelle. L’image qu’ils auront en visionnant le contenu pornographique ne reflète pas la réalité de la situation. Cela revient aux parents de parler de sujets tels que la masturbation et l’acte sexuel. À Maurice, les fondements religieux, sociétaux et personnels peuvent ériger des barrières. Le fait que la sexualité soit encore taboue et sujette à une précocité exacerbée explique que beaucoup abhorrent aborder ce sujet.

En 2017, les services de santé ont recensé 1 036 naissances dans la fourchette de 10 à 19 ans et plus de 20% se trouvent dans la tranche des moins de 16 ans. L’incurie crée une situation alarmante. De nombreux services tirent la sonnette d’alarme. La répression et la colère ne valent pas une éducation sexuelle parentale en amont. Souvent, dans ce domaine les parents oppriment sans expliquer. Ceci est une réalité. Le contraire serait mieux. La contraception est un moyen de remédier au résultant de l’activité sexuelle précoce.

L’éducation sexuelle peut donner du tournis aux responsables (de familles, d’établissements scolaires et des autorités compétentes) mais reste un thème traité avec beaucoup de circonspection. Les parents tiennent le rôle principal. Travaillant de concert avec les partenaires concernés, ils sont des sentinelles. Certes ce n’est pas toujours facile d’aborder de telles thématiques tout en les dédiabolisant afin de lever les tabous. Les parents contribuent à la construction de l’identité sexuelle de leur progéniture pour laquelle ils demeurent des références infaillibles. Protéger les enfants: une priorité !