Un vent de panique souffle désormais sur les six compagnies opératrices dans le secteur des paris sur le football à l’étranger. Autrement dit ,les «bookmakers conducting fixed odds betting on football matches played outside Mauritius.» En effet, dans un courrier en date du 25 octobre 2011 et confirmé dans un «addendum to conditions of licence» émis 48 heures plus tard, le GRA (Gambling Regulatory Authority) impose deux nouvelles conditions aux six compagnies opératrices dans ce secteur. D’abord sur les heures d’opération, à savoir que les «betting shops» ne sont autorisés à ouvrir leurs portes que de 10h à 14h et de 16h à 20h en jour de semaine. Alors que pour les samedis, dimanches et congés publics, les heures d’ouverture sont de 10h à 20h sans interruption.  La décision qui va être «damming» est sans conteste celle qui impose aux opérateurs de disposer désormais des «official fixtures and results from official owners». Et ce à partir du 1er décembre comme précisé par la correspondance de la GRA, sous la signature de Anil Kokil, acting Chief Executive Officer, que  «The sources of the official fixtures and results should be supported by documentary evidence to the satisfaction of the Authority.»
Autant dire tout de suite que ce règlement aurait dû être appliqué depuis le 1er novembre dernier. Mais suite aux protestations de plusieurs opérateurs,  le délai a été repoussé au 1er décembre. Mais ce n’est pas pour autant que les opérateurs ne crient pas à l’injustice. A commencer par le directeur de Supertote, Guillaume Hardy. Dans une déclaration à Week-End à la fin de la semaine écoulée, Guillaume Hardy avoue ne pas comprendre la démarche de la GRA. «Ce que je déplore avant tout, c’est l’absence de communication entre la GRA, qui est notre régulateur, et les opérateurs de ce service. Cette décision a été prise par la GRA sans avoir pris la peine de discuter avec nous et surtout de ces implications. Nous avons reçu cette lettre du GRA datée du 25 octobre, deux jours après, soit le 27, Supertote a écrit à la GRA pour demander une rencontre sur ce dossier. Nous n’avons même pas reçu un accusé de réception. C’est extrêmement dommage que la GRA qui est notre interlocuteur direct dans notre métier n’estime pas qu’il est important d’ouvrir les discussions sur des règlements qui ont une incidence certaine sur notre day to day running», a soutenu Guillaume Hardy.
Ce dernier estime, en effet, que le problème se situe surtout sur les nouveaux horaires d’ouverture. «La grosse majorité des gens qui travaille dans nos betting shops n’habite pas nécessairement dans la région. Allons-nous devoir payer des gens à ne rien faire?», s’interroge le directeur de Supertote. Même son de cloche chez Paul Foo Kune, directeur de Play On Line. «Qu’est-ce que je vais pouvoir demander aux tellers de faire durant ces deux heures de fermeture? Absolument rien, donc dans ces conditions je crois que Play On Line sera dans l’obligation de licencier. Ce qui n’est pas un bon signe pour cette industrie et pour le pays en général», rétorque Paul Foo Kune. Alors que Steeve Wan, Executive Director de StevenHills Ltd, a parlé à Week-End d’une démarche de «sacrifice» de la part de ses employés. «C’est vrai que cette décision de limiter les heures d’ouverture nous pose problème et nous comprenons aussi la démarche de l’Etat sur une question sociale. De ce fait, Stevenhills a demandé à ses «tellers», selon Steeve Wan, «de faire un sacrifice» tout en précisant à Week-End que  «des nouvelles dispositions ont été prises avec les différentes équipes pour la réorganisation des heures du travail.»
Horaires pas un problème
Si à propos des nouvelles horaires d’ouvertures des betting shops ne sont pas forcément un problème. Par contre en ce qu’il s’agit de la condition pour disposer des «official fixtures and results from official owners» ce n’est ni plus ni moins que la contestation. A ce chapitre, Paul Foo Kune n’hésite pas à tirer à boulet rouge sur la GRA. «A Play On, Line nous ne comprenons rien. Nous payons des millions de roupies, que ce soit en terme de licence, taxes de  toutes sortes et le CSR entre autres, mais la GRA n’a pas eu l’amabilité de nous contacter, et je sais que c’est aussi le cas pour les autres compagnies, pour discuter avant de venir avec une telle décision. Je trouve cela inacceptable que non seulement la GRA ne prenne pas contact avec nous pour en discuter, mais ignore complètement une demande de rencontre que nous avons sollicitée après avoir  pris connaissance de ces nouvelles conditions qu’on nous imposent », lâche le directeur de Play On Line à Week-End.
C’est presque sur le même ton que Guillaume Hardy aborde cette question à Week-End. «Nous ne comprenons pas la logique derrière cette décision. D’abord avec Supertote, on n’a jamais eu de problème par rapport aux fixtures, les résultats ou les paiements. Sur la base de quoi on nous impose cette condition? Nous aurions bien aimé le savoir. Nous aurions aussi aimé  savoir ce qui va se passer sur nous avons un fixture à 10h qu’il faut commencer à vendre à midi dans les betting shops. La GRA gagnerait à s’expliquer plus clairement sur ces questions », s’interroge le responsable de Supertote.
Propos plus nuancé de Steeve Wan sur cette question. Le CEO de Stevenhill explique qu’eu égard à sa compagnie, la question  de trouver un «official fixtures and results from official owners» ne pose pas de problème. «Depuis notre entrée en opération, nous travaillons avec Betradar, que ce soit pour les calendriers des rencontres pour les quelque 1300 championnats dans 79 pays au monde ou pour les résultats. Nous sommes en train, justement, de négocier avec Betradar pour avoir les documents officiels que demande la GRA. Une fois que nous serions en possession de ces documents nous ferons les démarches nécessaires auprès de la GRA», explique Steeve Wan.
Mais le hic dans l’histoire c’est que la GRA, dans sa lettre du 25 octobre 2011, fait mention des ‘official sports data from official owners’ et qui a mis la puce à l’oreille de Week-End (voir plus loin). A noter que Totelepep n’a pas fait de commentaire à Week-End. Son Manager, Bruno Tadebois, nous a indiqué que ce n’est que cette semaine que sa compagnie se penchera sur cette affaire.