« Tous les experts sont allés dans la même direction. Les analyses ont démontré qu’on ne pouvait prévoir une telle tragédie. Les raisons évoquées sont une précipitation dans l’océan Indien et on est prévenu que la région risque d’en être affectée par des flash floods à l’avenir. Nous avons rapidement déployé toutes les ressources de nos institutions« , tels sont les propos de Navin Ramgoolam, à l’occasion de la fête Virasha Pirappu, samedi après-midi, au Mahatma Gandhi Institute (MGI) à Moka. Dans son discours, le Premier ministre a tenu à saluer les organisateurs pour la dimension solennelle donnée aux célébrations après les inondations meurtrières du 30 mars dernier. Consacrant un large volet de son allocution aux flash floods, il a, dans le même souffle, justifié la présence des cinq experts de Singapour venus à Maurice.
D’emblée, il a précisé que deux des Singapouriens sont d’origine étrangère, notamment de la Belgique et du Luxembourg. « La dan mem, ena enn leson à tirer. Kot pena experts, nu pren en dehor. Suive même ligne. Kan pena bizin accepter ki pena. Dayer, ena enn madam travay UNDP ki ress Maurice-mem, so mari enn expert dan Disaster Committee ek nu pu pran li en permanence », dit Navin Ramgoolam. Si le PM explique que les flash floods sont des catastrophes naturelles inévitables, il est toutefois important, précise-t-il, d’en éviter les répercussions et « kot kapav améliorer, bizin améliorer. Ena pe dire bizin fer Commission d’enquête, mais combien inn fer kumsa? Inn fer lor la drogue, eski la drogue inn disparet? Au contraire! » Et de poursuivre en substance: « Se pas avocat ki nu bizin, mai experts!! »
Navin Ramgoolam soutient qu’une catastrophe, notamment un tsunami ou une marée de pétrole émanant d’un pétrolier, peut arriver à n’importe quel moment mais qu’il convient d’en mitiger les effets. Ainsi, soutient-il, il est important que le centre du Disaster Committee soit permanent et fonctionne 24h sur 24 et favorise une meilleure coordination. « Nous ne sommes plus en 1840. Ena bann la loi nu enkor pe suiv en 1870. Nou bizin move on with time », préconise-t-il.
« Ena deux cas pas ti bizin arrivé, notamment kan deux dimounes inn rode ale tire loto dans parking », laisse-t-il entendre. Et de poursuivre: « Le Centre aura pour tâche également d’éduquer la population sur les attitudes à adopter dans pareil cas. Par exemple, il faut sortir des véhicules en cas de flash floods. »
Le PM s’est également félicité que l’île Maurice a décliné toute aide des pays étrangers, notamment des Nations Unies, pour venir en aide aux victimes. Et de lancer: « Pas pou fer politik mais li formidab seki pas fer la, li meme li criye pli fort. »
Navin Ramgoolam devait poursuivre et déplorer les largesses de certaines personnes qui n’hésitent pas à inscrire leurs noms sur la liste des aides aux sinistrés: « Ena zot cone ki fer? Zette un peu dilo lor so matelas ek dire ki li osi li affecté! Nu bizin enne methodologie dans tout kitchose. » Et de décrier, par ailleurs, certains qui « communalisent le débat. Je demande aux médias de condamner ces vautours. » Le PM affirmera plus loin que le Prime Minister’s Office Relief Fund viendra en aide aux familles des onze victimes.
Revenant ensuite à la fête Virasha Pirappu, Navin Ramgoolam devait ensuite déclarer « en toute humilité » qu’il ne savait pas que son père « avait lutté pour que la langue tamoule soit introduite dans le cursus scolaire. » Et reconnaît qu’un « tuant une langue, c’est toute une culture que nous tuons. » Et c’est une des raisons pour lesquelles il a trouvé important d’introduire les chaînes des langues orientales sur les ondes de la MBC.
Le PM a aussi donné la garantie que les subsides de la Tamil Speaking Union seront revues, un appel ayant plus tôt était lancé par son président, Dr Jeevendren Chemen.
Navin Ramgoolam a tenu à remercier la Tamil Speaking Union de leur coup-de-main dans cet bel élan de solidarité. « Monn touzour dire personn pas doit nu narnien. Bizin fer zeffort là. Mé kan lezot fer travay la volantairement, bizin rekonet travay là. Bizin fier ki ena bann union kumsa! », devait-il conclure, non sans avoir assuré le soutien de son gouvernement pour la propagation de toutes les langues ancestrales. 
Prenant auparavant la parole, le président de la Tamil Speaking Union, Dr Jeevendren Chemen a rendu un hommage à Sir Seewoosagur Ramgoolam et à Navin Ramgoolam pour leur effort dans la perpétuation de la langue tamoule.  
Deux chèques ont été remis au PM, destinés au Prime Minister’s Support and Relief Fund.