ntervenant après Navin Ramgoolam hier après-midi, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a qualifié le texte de loi de « grand bond en avant ». Il a souhaité que les débats sur le texte de loi se déroulent dans « toute la sérénité nécessaire » et soient couronnés par un vote unanime. À Xavier-Luc Duval, qui réclame que le gouvernement accepte un référendum sur le “Best Loser System” avant qu’il ne se prononce, il a demandé de relire le discours prononcé par sir Gaëtan Duval le 14 décembre 1982 lors des débats sur l’abolition de l’appartenance communale dans le recensement national de la population. Il a félicité, par ailleurs, le MSM, qui a décidé de voter l’amendement. Le leader de l’opposition n’a pas manqué de faire mention d’alliance, surtout lorsqu’il a évoqué les détails de la réforme électorale, dont le texte de loi, déjà préparé, est considéré comme un acquis historique. « It’s time for the electoral manifesto », a-t-il lancé, en précisant que certains changements pourraient intervenir si les partis devaient se rendre seuls aux élections et qu’il faudrait s’attendre à des concessions en cas d’alliance électorale, sans préciser les partis impliqués.
Paul Bérenger a, dès le début de son discours, qui aura duré près d’une heure, observé que le texte de loi présentement devant le Parlement ne propose pas une réforme électorale à proprement parler et que le “Best Losers System” sera maintenu, bien que son mécanisme changera. Le fait qu’une personne ne soit plus disqualifiée comme candidat aux élections si elle décide de ne pas décliner son appartenance communale constitue un « huge first step forward ». Paul Bérenger a expliqué que le premier choix du MMM est que le “Best Loser System” soit “subsumed” et que le texte soit débattu et mis en oeuvre pour les prochaines élections. « The bill should be before us now », a-t-il dit. Toutefois, a-t-il  affirmé, il respecte la position du Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui considère qu’il n’a pas de mandat pour présenter une telle législation et qu’il souhaite en solliciter un lors des prochaines élections générales. Il s’est cependant déclaré satisfait qu’avec l’amendement constitutionnel, « we are taking a historical step in the right direction ». Paul Bérenger a reconnu que l’action de Resistans ek Alternativ devant le comité des droits de l’homme des Nations Unies, ainsi que l’affaire logée devant le Privy Council, aura forcé les autorités à venir avec un texte de loi. Il a toutefois précisé qu’Alternans ek Alternativ n’avait à aucun moment réclamé l’abolition du système de meilleurs perdants. Ils avaient surtout contesté le fait que la candidature de ceux qui refusaient de décliner leur appartenance communale était annulée. Aussi, les Nations Unies a proposé soit de remplacer le système de “Best Losers”, soit d’organiser un nouveau recensement sur une base communale.
Paul Bérenger a exprimé sa fierté d’avoir proposé une formule qui dépasse le système de “Best Losers” « sans effrayer ou créer la panique » chez ceux qui sont inquiets, et qui a été accepté par le Premier ministre. Ce système consiste à la soumission par les leaders des partis d’une liste de six personnes, en ordre alphabétique, à partir de laquelle le commissaire électoral puisera pour corriger tout déséquilibre d’ordre ethnique. À ceux qui critiquent cette liste soumise par les leaders, il a lancé qu’on « ne peut pas prendre les leaders politiques pour des imbéciles ». Quand au texte sur la réforme électorale préparé par le comité Faugoo, il a estimé que « c’est un acquis historique » et que le MMM a accepté ce qui est proposé dans ce texte de loi, « bien que ce ne soit pas idéal ». Il a estimé que, puisque le texte ne sera pas appliqué pour les prochaines élections, « il s’agit de voir maintenant ce qu’il faudra mettre dans le manifeste électoral » pour les prochaines élections. Si le MMM se rend seul aux élections et les remporte, ce sont les propositions initiales du MMM qui seront mises en oeuvre. En revanche, s’il se rend aux élections dans le cadre d’une alliance, « il faudra voir ce qui sera mis dans le manifeste électoral et faire les compromis nécessaires ». Pour lui, le texte de loi sur la réforme électorale aurait permis la consolidation de l’unité nationale, la consolidation de la démocratie et une représentation féminine adéquate au Parlement.
Pour comprendre le système de “Best Losers”, il faut, selon Paul Bérenger, « remonter aux élections de 1948 ». Il a rappelé les efforts consentis par les frères Bissoondoyal pour apprendre aux électeurs à signer de leur nom pour leur permettre d’être qualifiés comme électeur. En 1948, le nombre d’électeurs est ainsi passé de 7 000 à 70 000. Toutefois, lors des élections, aucun candidat musulman n’avait été élu, ce qui avait créé un problème, toujours dans la mémoire de certaines personnes. Sous la pression de Razack Mohamed, il y a eu la commission Banwell, dont les recommandations ont été rejetées, aussi bien par le Ptr, l’IFB, le CAM et l’Hindu Congress. Par la suite, il y a eu le rapport Stonehouse, qui a proposé le système de “Best Loser”, qui sera resté en vigueur jusqu’à aujourd’hui. Le texte de loi à ce sujet a été adopté à l’unanimité, sauf par Philippe Forget. « Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que ce système de BLS est dépassé, mais les uns comme les autres reconnaissent que ce système a aidé le pays à traverser des périodes aussi difficiles que la guerre raciale de 1965 et 1968. »  
Paul Bérenger a critiqué avec force ceux qui considèrent le remplacement de “shall” par “may”, dans le 1er schedule de la Constitution. « Il est irresponsable de tenir de tels propos sans avoir logé une contestation devant la Cour suprême », a-t-il dit. Le leader mauve a aussi violemment critiqué ceux qui estiment qu’une majorité de candidats d’une communauté pourrait décider de ne pas révéler leur appartenance communale afin d’avoir droit aux proportionnelles en leur faveur « comme des imbéciles », poursuivant : « Seul un esprit malade peut imaginer cela. » Paul Bérenger a par ailleurs félicité le MSM pour avoir choisi de voter pour l’amendement constitutionnel. Il a par ailleurs demandé à Xavier-Luc Duval de lire l’intervention de Gaëtan Duval prononcé lors des débats de la présentation de l’amendement abolissant l’appartenance communale dans le recensement national de la population. Sir Gaëtan Duval, qui avait voté pour le texte de loi, avait alors considéré à cette époque qu’un référendum était un « waste of time » et un « rubbish ».  Il a souhaité que le PMSD revienne sur sa position de manière à ce que le texte de loi soit adopté à l’unanimité. Il a conclu a affirmant qu’il rêve de faire de Maurice « un pays phare, un modèle de démocratie et d’unité dans la diversité ». Il a terminé son discours en lançant « vive l’Île Maurice et la République de Maurice » !