Le ministre du Travail et de Relations industrielles, Shakeel Mohamed, a mis les points sur les “i” hier en insistant qu’il coule de source que le système de meilleur perdant ou le mécanisme proposé par le comité Faugoo est destiné à ceux qui sont sous-représentés au Parlement.
« Il est normal que ceux qui ne sont pas sous-représentés ne bénéficient pas de ce système », a déclaré le dernier orateur à intervenir sur le texte loi avant l’ajournement des débats à l’Assemblée nationale hier. Shakeel Mohamed a, également, réfuté ceux qui pensent que le rôle de l’opposition est de « nothing else but oppose ». « Il est normal que sur les questions nationales ayant une importance pour l’avenir du pays, les hommes de bonne foi joignent leurs forces, au-delà des différences politiques », a-t-il soutenu. Selon lui, il n’y a pas lieu à ce stade de parler de manifeste politique car l’amendement de la Constitution qui se trouve devant le parlement dépasse la politique partisane. « C’est le peuple qui sortira victorieux », a-t-il insisté.
Shakeel Mohamed qui s’est dit honoré d’avoir été choisi pour prendre part aux débats sur un texte de loi aussi important qui concerne un amendement constitutionnel et la déclaration de la communauté qui sont directement liés au Best Losers System. Il s’est réjoui de son appartenance au Parti travailliste, un parti qui a influencé le cours de l’histoire et a été au gouvernail du pays à chaque fois qu’il y a eu des décisions importantes à prendre. Il a rappelé que si le PTr, l’IFB, le CAM, le PMSD ont tous participé à la conférence constitutionnelle de Londres qui a mené à l’accession du pays à l’indépendance,  le moteur de la lutte menant à l’indépendance a été le Parti travailliste. Shakeel Mohamed affirme que les préparatifs en vue de sa participation aux débats parlementaires hier lui ont permis de connaître avec émotion son grand-père Sir Razack Mohamed, présenté par tous comme le père du Best Loser System. Pour lui, Sir Razack Mohamed était un homme « of deep sense of commitment » pour son pays adoptif et qui voulait s’assurer que ce pays grandisse comme une nation. Il a expliqué que Sir Razack Mohamed avait milité non seulement pour la communauté musulmane mais pour toutes les minorités du pays. Ainsi le Best Loser System, un système unique dans le monde, a permis à la démocratie mauricienne de survivre, à l’économie de prospérer et à toutes les communautés d’être représentées au parlement dans le cadre d’un système de représentation inclusive.
Shakeel Mohamed a reconnu que le pays a connu 46 ans de prospérité et de progrès mais que maintenant, ayant atteint sa maturité politique et qu’indépendamment du jugement du Comité des Droits de l’Homme et le comité judiciaire du Privy Council, il est temps que Maurice avance. Il a fait une incursion dans l’histoire pour parler des élections de 1948 durant lesquelles aucun Musulman n’avait été élu. Sir Abdool Razack Mohamed, qui était un membre fondateur du ralliement mauricien, se présenta aux élections générales suivantes et fut le seul Musulman à être élu. Par la suite, il a fondé le Comité d’action musulman dont on parle encore jusqu’aujourd’hui. Il a tenu à rassurer ceux qui peuvent appréhender ce texte de loi. Il a expliqué qu’il n’y aura aucun vacuum entre l’actuel texte de loi et les changements prévus dans le cadre de la réforme électorale. Il a aussi insisté sur la nécessité pour les leaders d’agir en toute bonne foi lorsqu’ils traitent des questions ayant une importance pour l’avenir du pays. Il a invité à transcender les différences pour ne voir que l’avenir du pays. Shakeel Mohamed a aussi fait les éloges de Paul Bérenger dont il affirme se sentir intimement proche même s’ils ont dans le passé exprimé des points de vue différents. Le ministre a finalement plaidé pour la consolidation des institutions telle que l’Equal Opportunities Commission et a insisté sur l’importance de la méritocratie.