L’examen des dotations budgétaires du ministère de l’Éducation et des Ressources humaines a duré environ deux heures hier après-midi à l’Assemblée nationale avec un très grand nombre de demandes d’éclaircissement émanant des bancs de l’Opposition. Le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree a réaffirmé que les autorités ne sont pas en train d’attendre le « phasing out », prévu pour 2015, du processus menant au CPE pour revoir tout le système au niveau du primaire.
Le budget 2014 du ministère de l’Éducation et des Ressources humaines porte sur un montant global de Rs 13,2 milliards, dont plus de la moitié, soit Rs 7,7 milliards, allant au secteur secondaire et près de Rs 4 milliards au secteur primaire. Steeve Obeegadoo, porte-parole de l’Opposition sur les questions relevant de l’éducation, a été le premier à interpeller Vasant Bunwaree sur ce qui adviendra dans ce secteur dès le début de l’année prochaine, en faisant référence à l’introduction du « nine-year schooling » et l’abolition éventuelle du CPE. « The CPE review is for 2015 », a répondu Vasant Bunwaree qui a fait comprendre que c’est tout un processus qui est en train d’être revu, incluant le programme d’études qui sera introduit en 2015.
Sous le chapitre des dotations allouées au secteur préprimaire, le ministre a confirmé, en réponse à des questions de l’Opposition, que les écoles se trouvant dans des régions très défavorisées bénéficieront d’une subvention comme c’est le cas ailleurs. Concernant le primaire, Vasant Bunwaree a été interrogé sur l’assistance financière accordée aux écoles se trouvant dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), plus particulièrement les efforts déployés par le ministère pour s’assurer que ces écoles soient bien gérées et produisent les résultats escomptés. Le ministre a annoncé que des institutions financières internationales, dont la banque africaine de Développement, a offert une enveloppe de Rs 60 millions aux écoles ZEP.
Vasant Bunwaree a également répondu aux questions de l’Opposition concernant le fonctionnement du Mauritius Institute of Training and Development (MITD). Il a indiqué que cette institution est en train de progresser très rapidement, proposant de nouvelles filières de formation aux jeunes. Concernant le personnel du MITD, il a déclaré qu’il y a un besoin de recteurs, de recteurs adjoints, de spécialistes en matière de carrière professionnelle, d’entrepreneuriat, de formation sportive. À une question de Rajesh Bhagwan qui voulait savoir si le moment n’était pas venu de procéder au « rebranding » de l’ensemble du secteur de formation technique et professionnelle, pour lequel le budget sera augmenté l’année prochaine de Rs 394,4 millions à Rs 485 millions, le ministre de l’Éducation a laissé entendre que l’une des faiblesses du MITD était que cette institution n’avait pas dans le passé un sens de direction. « Il y avait une faiblesse au niveau du management », a concédé Vasant Bunwaree qui, dans la foulée, a annoncé que le ministère est en train de remédier à cette situation. Un plan stratégique est en préparation, a-t-il indiqué, ajoutant qu’il est disposé à présenter à la Chambre une liste des membres du personnel du MITD ainsi que leurs qualifications.
Les besoins des Special Needs Schools and Day Care Centres, dont la dotation pour le prochain exercice financier a été doublée pour passer à Rs 60,8 millions, ont également retenus l’attention des députés de l’Opposition. Steve Obeegadoo a voulu savoir comment le ministère est parvenu à établir une « parité » entre la dotation de ces écoles spécialisées et les Private Aided Schools. Vasant Bunwaree a fait ressortir que les autorités ont pris en considération les dépenses courantes ainsi qu’une partie de la subvention allouée pour les dépenses de développement. Le ministre considère que le relèvement du budget de ces écoles spécialisées « est une révolution », indiquant qu’il a reçu hier une lettre de la direction de l’Association des Parents d’Enfants Inadaptés de l’île Maurice (APEIM) dans laquelle celle-ci se dit prête à travailler avec le ministère pour que la formule arrêtée puisse être appliquée sans problème. Le ministre a laissé entendre que le personnel des écoles spécialisées sera traité sur un même pied d’égalité que celui travaillant dans les écoles publiques, surtout en ce qui concerne les salaires.