Le chef de file des parlementaires du Parti travailliste, Shakeel Mohamed, a, hier lors d’une conférence de presse, demandé à la Speaker Maya Hanoomanjee « d’être plus sage » et « de référer le cas de la journaliste Touria Prayag, interdite d’accès au Parlement pour quatre semaines, au Directeur des poursuites publiques pour décider s’il y a matière à poursuite ». Shakeel Mohamed a avancé : « Vous pouvez ne pas être d’accord avec la journaliste… Vous en avez le droit, mais vous n’avez pas le droit d’agir comme juge et partie (…) Je demande à la Speaker de reconsidérer sa position. Il est encore temps d’annuler cette suspension. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. »
Shakeel Mohamed a raconté comment, en 1984, sir Anerood Jugnauth avait voulu introduire le Newspaper and Periodicals Amendment Bill dans le but de museler la presse. Selon lui, « le droit à l’opinion et à la liberté d’expression n’était pas conforme à l’esprit ni à la politique de SAJ ». Il a aussi rappelé les propos du père Henri Souchon, qui avait déclaré à la presse, à travers une interview, que « le plus beau souvenir en tant que prêtre a été celui de la manifestation devant le Parlement pour la liberté du journalisme et les quelques heures passées en prison avec mes amis, les journalistes ». Shakeel Mohamed a souligné qu’il y a eu, dans le passé, « des gens qui ont défendu la liberté de la presse, alors que 44 journalistes avaient été arrêtés par le gouvernement autoritaire qui prenait des mesures dictatoriales ».
Il a ensuite estimé que la Speaker « n’entend rien » lorsque « le Premier ministre insulte les membres de l’opposition ». Il a également rappelé sa lettre lui réclamant une enquête sur des propos tenus par le ministre Ivan Collendavelloo, « insultant et menaçant », dans la presse et des meetings publics, « certains membres du Parlement qui avaient osé défier la politique de son ministère ». Et de poursuivre : « Le député Bashir Jahangeer a été qualifié de “latet fele”. Elle m’a répondu, après deux semaines, qu’elle ne voyait aucun problème dans cette affaire ! »
À une question du Mauricien, Shakeel Mohamed estime que « there is no fairness with the Speaker » lorsqu’il s’agit du droit des parlementaires de poser des questions supplémentaires. Selon lui, afin de faire montre de désapprobation, « le mieux est de ne pas se rendre à une séance parlementaire », ajoutant : « Si nous nous étions rendus au Parlement, nous aurions “give credence” à ce qu’elle a fait, ek nou pa ti anvi fer sa. » Et Shakeel Mohamed de conclure : « Pour nous, cette affaire a dépassé le cadre d’un journaliste. C’est une question de principes. »