Intervenant après le ministre des Affaires étrangères Vishnu Lutchmeenaraidoo, le chef de file du Parti travailliste (PTr) au parlement, Shakeel Mohamed, l’a accusé de vouloir se cacher derrière des paravents pour ne pas reconnaître la faillite du Budget qu’il avait présenté l’année dernière.
Le député de la circonscription N°3 a affirmé « qu’aucun des objectifs fixés par l’ancien ministre des Finances n’a été atteint », citant la croissance économique, la création d’emploi, le lancement de smart cities, entre autres, comme des échecs. Au point, selon Shakeel Mohamed, où le Premier ministre, qui avait anticipé les problèmes auxquels il serait confronté, a dû intervenir avec la présentation de la Vision Statement 2030. Se basant sur les chiffres que lui avaient communiqués le ministre des Finances et le ministère des Finances, le député s’attendait à la création de 16 000 emplois cette année. Or, les dernières statistiques publiées ces temps-ci indiquent que seulement 2 200 emplois ont été créés dans le pays. Shakeel Mohamed a observé que le secteur de l’économie océanique, présenté comme un pilier majeur de l’économie nationale, n’a finalement créé que 60 emplois. Notons à ce stade que son discours a été émaillé d’une altercation avec Prem Koonjoo, ministre de l’Économie océanique, s’agissant de l’ascendance des parlementaires du PTr.
Revenant sur les élections générales de décembre 2014, Shakeel Mohamed, qui affirme avoir consulté ses collègues du PTr, a soutenu qu’il ne « faut pas attribuer cette défaite à toutes sortes de prétextes » comme la présidence de la République, etc. « Nous avons perdu les élections parce que la population n’était pas d’accord avec notre façon de gérer le pays », a soutenu le député. Le pays s’attendait, selon lui, à ce que le nouveau gouvernement propose une nouvelle manière de gérer le pays. Malheureusement, tel n’a pas été le cas. « Il n’y a pas eu de rupture comme l’a annoncé Pravind Jugnauth », a souligné Shakeel Mohamed. D’après ce dernier, rupture signifie la possibilité de critiquer les fonctionnaires au parlement, la possibilité de remettre en cause les nominations de la PSC, celles des personnes appropriées et qualifiées aux différentes fonctions des institutions gouvernementales, dont le CEB.
Par ailleurs, Shakeel Mohamed a estimé qu’un ministre qui commet des erreurs entraînant des pertes considérables de fonds publics, devrait pouvoir rendre compte de ses erreurs. Pour lui, le passage dans l’opposition est une école enrichissante, dans la mesure où il permet de comprendre qu’il y a d’autres façons de voir les choses. « Car au sein du gouvernement on finit par nous enfermer dans une tour d’ivoire et on finit par croire qu’on a toujours raison », dit-il.