Le MMM a pleinement confiance dans la Commission électorale et dans le commissaire, a soutenu hier le député du MMM Reza Uteem, qui intervenait dans le cadre des débats sur l’amendement constitutionnel. Il voulait ainsi, a-t-il dit, dissiper la frayeur que cherche à entretenir le leader du MSM, Pravind Jugnauth, au sujet de l’allocation des sièges aux meilleurs perdants.
Pour Reza Uteem, l’amendement de la Constitution pour permettre aux candidats qui le souhaitent de ne pas décliner leur communauté fera date dans l’histoire constitutionnelle de Maurice. Il a estimé que cette législation s’inscrit dans la longue lutte menée par le MMM en faveur d’un seul peuple et une seule nation et s’assure qu’aucun citoyen ne soit exclu de la liste des candidats pour les élections législatives. « Cet amendement permettra de consolider la démocratie et le nation building et de mettre de côté les différences ». À l’intention de ceux qui critiquent le MMM pour son soutien au gouvernement dans le cadre de cette législation, il a expliqué que sans le MMM on ne pouvait envisager aucun amendement constitutionnel qui nécessite une majorité de 3/4 du parlement. Le soutien du MMM est d’autant plus logique que le leader adjoint du parti, Alan Ganoo, avait été délégué pour le représenter au sein du comité présidé par l’Attorney General Satish Faugoo. Reza Uteem a retracé la longue lutte menée par le MMM et par des partis comme Lalit, Nuvo Lizur et Rezistans ek Alternativ. Il a rappelé que Lalit avait tourné en ridicule la nécessité de décliner sa communauté en demandant à ses candidats de tirer au sort la communauté qu’ils allaient déclarer devant la Commission électorale. Cette démarche avait été contestée devant la Cour suprême, ce qui donna lieu à un jugement éclairant du juge Seethulsing qui avait estimé que la communauté pouvait être décidée à partir du « way of life » d’une personne et pouvait transcender toutes les valeurs des différentes communautés. Par conséquent, il était difficile de décider de la communauté d’une personne. Il a cité le cas de Michael Sik Yuen qui malgré le fait qu’il est un sino-mauricien et qu’il s’associe aux organisations culturelles chinoises, se considère comme un membre de la population générale. Il a aussi rappelé que les candidats de Rezistans ek Alternativ avaient décidé de ne pas déclarer leur communauté lors d’une élection générale et avaient contesté en Cour l’annulation de leur candidature. Le juge Balancy avait considéré que c’était leur droit constitutionnel de ne pas décliner leur communauté. Ce jugement a par la suite été renversé toujours par la Cour suprême sur la base de la séparation des pouvoirs. Le Parlement n’est pas une Cour de Justice ; « When the parliament fear to tread it is not for the Court to rush in », avait observé la Cour suprême. L’enregistrement des candidats de Rezistans ek Alternativ avait été rejeté une nouvelle fois en 2010. Cette fois, ce parti a eu recours au Privy Council et au Comité des droits de l’homme des Nations unies avec les résultats que l’on sait.
Reza Uteem a expliqué que l’amendement constitutionnel n’abolit pas le système de Best Losers mais permet à tous les citoyens qui le souhaitent de présenter leur candidature. Il rappelle que le texte de loi sur la réforme électorale ne fait que « subsume » le Best Loser System. Il a déploré que le texte de loi n’ait pas encore été rendu public. Reza Uteem a expliqué que le MMM n’acceptera jamais de soutenir un texte concernant le système électoral s’il ne consolide pas la démocratie et s’il ne tient pas compte de toutes les composantes du pays arc-en-ciel qu’est Maurice. Il a rappelé qu’en 1982 le MMM avait refusé d’abolir le système de best losers parce qu’il n’avait pas le mandat et que plusieurs leaders politiques dont Sir Razack Mohamed, Sir Gaëtan Duval, Paul Bérenger ont pu entrer au parlement grâce à lui. Preuve à l’appui, il a aussi démontré qu’il est tout à fait faux de dire que seulement deux communautés ont bénéficié du système de best losers.