Depuis mercredi, le Parlement Populaire exhorte les Mauriciens à signer une pétition pour demander au gouvernement d’instituer une commission afin de revoir le cadre légal entourant l’organisation d’élections « plus propres et plus justes » ainsi que le financement « plus transparent » des partis politiques à Maurice.
« L’initiative de cette pétition est partie d’une proposition de Jack Bizlall lors de son intervention dans la séance du Parlement Populaire le 8 août dernier, consacrée au problème de la corruption », explique Catherine Boudet, porte-parole et coordinatrice du Parlement Populaire. Elle ajoute que cette pétition est le résultat de quatre séances de réflexion collective et de délibération des participants du Parlement Populaire, dans l’esprit et la méthode de la démocratie délibérative. « Ce sont au total 25 citoyens de différents horizons qui se sont mis ensemble pour formuler ces propositions », précise-t-elle.
La pétition indique que cette Commission doit veiller  sur quatre choses. D’abord, rendre obligatoire l’enregistrement de tout parti politique. « Les partis politiques doivent être enregistrés comme des entités distinctes (ni comme des compagnies, ni comme des Ong) sur une base permanente sous l’égide d’une institution qui ne devrait pas être le Registrar of Association. » Ensuite, la Commission doit s’assurer que les partis politiques soumettent officiellement leurs comptes. « Ces comptes comprendront toutes les donations, financements et autres dépenses, et seront audités annuellement par des auditeurs accrédités. Les donations ainsi que l’identité des donateurs doivent être rendues publiques. »
Puis, la Commission doit rendre obligatoire la publication des dépenses des partis politiques durant les campagnes électorales et les élections. « Le plafond des dépenses doit être revu pour être juste et réaliste. Des procédures pour la vérification des comptes ainsi que leur respect doivent être introduites. Les dépenses excédentaires doivent être sévèrement sanctionnées. » La Commission doit enfin veiller qu’il y ait une égalité des chances en termes de visibilité des partis politique ainsi que de leur programme durant les compagnes électorales.
La pétition indique que cette commission doit être composée de membres de la société civile et des citoyens, des assesseurs nommés, un par la présidente de la République, un autre par le Premier ministre et un troisième par le leader de l’opposition. De même, le chef juge, le commissaire électoral, un représentant de l’Electoral Supervisory Commission, un représentant du secteur et d’autres personnes concernées doivent également faire partie de cette commission. En outre, toutes les audiences de cette commission doivent se faire en public.
Rappelons que le Parlement Populaire, une proposition de l’activiste social Jack Bizlall, est une initiative citoyenne ayant pour objectif de proposer un espace public de débats et de délibérations sur les projets de loi et les thèmes qui concernent les citoyens mauriciens. Espace démocratique ouvert à tous, sans distinction, dans un esprit de démocratie directe et délibérative, le Parlement Populaire a pour objectif d’être une force de proposition en matière de législations. Ainsi, les propositions qui se dégageront de la délibération à l’issue des débats sont transmises à la presse et à l’Assemblée nationale.