Amédée Darga, Managing Partner de la firme StraConsult, est intervenu samedi à la Sal Travayer, au siège de la CTSP à Rose-Hill, dans le cadre du Parlement Populaire sur le thème “L’engagement de la société civile : l’assurance de la bonne gouvernance”. Il a soutenu, entre autres, qu’il n’y a « pas de bonne gouvernance sans une société civile forte » et a ainsi exhorté les membres du Parlement Populaire à former des cellules citoyennes à travers l’île pour interpeller nos décideurs sur leurs actions.
« Il n’y a pas de bonne gouvernance sans une société civile forte, organisée et soutenue par un peuple conscientisé », a affirmé Amédée Darga samedi à la Sal Travayer, au siège de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Rose-Hill. C’était lors d’une seconde séance du Parlement Populaire consacrée à la « Bonne gouvernance et l’Accountability » où il a élaboré sur « l’engagement de la société civile : l’assurance de la bonne gouvernance ».
Selon le Managing Partner de la firme StraConsult, cette conscientisation et organisation du peuple sur les questions de société se font à travers des réunions d’explications par les membres de la société civile. Amédée Darga a soutenu que sans l’influence d’une société civile forte et organisée dans un pays, les décisions et les pratiques sont déterminées par le bon vouloir du pouvoir politique en place, par le pouvoir et l’influence des intérêts étroits (les « vested interests »), par l’idéologie, par l’arbitraire et par la corruption.
« Me mo dezespere ki la sosiete sivil a Moris na pa pe zwe rol ki zot bizin zwe, kot zot bizin demann bann desider ran kont de zot l’aksion. L’engagement de la société civile, c’est comme une assurance pour la bonne gouvernance », a-t-il soutenu.
Amédée Darga a expliqué que les trois principes fondamentaux de la bonne gouvernance sont l’équité (tout faire dans l’intérêt général et moins dans l’intérêt particulier pour le bien-être de la majorité), l’efficacité (dans la délivrance des services de l’État au pays et au peuple) et l’absence d’abus de pouvoir. « La transparence est une des conditions de la bonne gouvernance pour assurer les trois principes fondamentaux précités », a-t-il précisé.
Qui doit rendre compte ? À cette question, Amédée Darga répond sans ambages : « Ceux qui décident du cadre régulatoire (ministres et députés), ceux qui décident des mesures politiques, économiques et sociales (les membres du Conseil des ministres et les hauts fonctionnaires), ceux qui appliquent les instruments régulatoire (les fonctionnaires) et ceux responsables de délivrer les services (fonctionnaires et autres institutions para-étatiques) ». Dans ce contexte, l’intervenant a déploré que trop souvent ce sont uniquement les ministres et députés qui sont interpellés et non les fonctionnaires et les responsables des corps para-étatiques qui ont autant de comptes à rendre à la population.
Le Managing Partner de la firme StraConsult estime que la société civile dispose des moyens suivants pour réclamer des comptes et se faire entendre : l’information et l’agitation par les médias, le dialogue et la représentation auprès des législateurs (ministres et députés), le dialogue et la représentation auprès de l’exécutif et des agents de l’État et enfin à travers des manifestations populaires.
De même, a poursuivi l’orateur, la population peut se faire entendre et réclamer des comptes en ayant recours à une action légale en justice (comme Rezistans ek Alternativ l’a fait sur la question du Best Loser System), à travers une pétition à l’Assemblée nationale, en envoyant une proposition de législations au Parlement et des questions au conseil municipal. « Trop de Mauriciens ignorent qu’ils peuvent envoyer des pétitions à l’Assemblée nationale à travers leurs députés ou qu’ils peuvent poser des questions à leur maire lors d’une séance du conseil municipal », a-t-il relevé. Allant plus loin dans sa réflexion, Amédée Darga a ainsi questionné : « Que se passerait-il si une des personnes parties prenantes de l’affaire BAI décidait d’avoir recours à une Cour de Justice pour défendre ses intérêts?? »
Toutefois, a ajouté Amédée Darga, « toute action de la société civile doit être fondée sur des statistiques comme base objective pour l’argumentaire et sur une opinion publique mesurée scientifiquement », et ce, afin de gagner en crédibilité et sérieux. « La bonne gouvernance est moralement une obligation… Mais attention, ce qui est moral n’arrive pas nécessairement. D’où l’importance de l’engagement de la société civile pour la bonne gouvernance », a prévenu l’orateur.
Dans ce contexte, Amédée Darga a élaboré sur la nécessité d’utiliser des méthodologies appropriées pour évaluer la bonne gouvernance et en assurer le suivi. Il en a donné plusieurs exemples. « La bonne gouvernance n’est pas un acquis, c’est une conquête. Il y a des actions que nous devons prendre en tant que citoyens pour nous assurer qu’il y a bonne gouvernance », a-t-il conclu.