Le ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah a été sur la sellette mardi lors de la séance d’interpellation parlementaire à la suite d’une question de Nando Bodha. Celle-ci a donné lieu à des échanges musclés. A un certain moment le whip de l’Opposition, Rajesh Bhagwan, a réclamé l’institution d’une commission d’enquête sur le dossier EIILM.
Rajesh Jeetah a affirmé que c’est son frère qui est le directeur d’EIILM. Il a affirmé n’avoir aucun intérêt au niveau de cette université dont le seul actionnaire et general manager est Sunil Jeetah. L’institution a été enregistrée comme cyber academy en 2005 mais a, par la suite, changé de nom pour devenir EIILM Ltd. Le ministre a rappelé qu’un mémorandum de coopération a été signé avec l’EIILM de Sikkim en Inde pour une durée de six ans, observant toutefois qu’il n’est pas possible de rendre public le document. Le mémorandum définit le rôle de chaque partie. M. Jeetah a affirmé avoir été informé qu’en dehors d’EIILM sept autres universités travaillent avec les institutions indiennes. Poursuivant sa réponse, l’intervenant a expliqué qu’il appartient à la Tertiary Education Commission (TEC) de veiller à ce que les intérêts des étudiants soient respectés. M. Jeetah a également soutenu que les règlements de UGC en Inde ne précisent pas si les Offshore Campus doivent obtenir son autorisation. Ces règlements soulignent que ces institutions doivent obtenir l’aval des gouvernements de Maurice et de l’Inde. Le ministre met en exergue dans ce contexte que l’autorisation du ministère de l’éducation indienne a été obtenue en avril 2007, et celle du ministère de l’éducation à Maurice en février 2007. Il a par ailleurs déposé une lettre adressée par le haut commissaire de Maurice en Inde au Professeur Roland Lamusse, alors directeur du l’institut, lui affirmant que EIILM pouvait entrer en partenariat avec une institution étrangère.
 Nadho Bodha a pressé de questions Rajesh Jeetah pour savoir à quel moment l’université a été enregistrée et si sa demande d’application a été faite avant qu’un mémorandum de coopération soit signé avec l’EIILM de l’Inde. Le ministre s’est dit disposé à fournir des informations à ce sujet. Il a aussi été question du statut de l’Université, Rajesh Jeetah précisant qu’elle est considérée comme un offshore campus. Le député Bodha a voulu savoir pourquoi ce campus n’a pas été approuvé par la maison mère en Inde. Il a été longuement question du bras de fer entre l’University Grant Commission de l’Inde et l’EIILM, de la non reconnaissance de cette institution par les autorités indiennes et de l’avenir des étudiants mauriciens qui payent jusqu’à Rs 100, 000 par an pour des cours universitaires.
Des questions ont également porté sur le rôle de la Tertiary Education Commission qui, selon Rajesh Jeetah, ne fait qu’entreprendre son travail. A un certain moment, le ministre a indiqué qu’un juge siège sur la commission. Ce qui a provoqué des remarques de l’Opposition accusant le ministre de vouloir se cacher derrière le juge…