Le député rouge de l’opposition Ritish Ramful souhaite que le gouvernement puisse venir de l’avant avec une loi concernant le financement des partis politiques, comme il l’a annoncé, et ce dans le but d’amener des changements significatifs par rapport à certaines perceptions. C’est ce qu’il a annoncé au parlement hier lors de son “maiden speech”.
Ritish Ramful a observé qu’il ne peut terminer son intervention en faisant abstractions de la situation dans laquelle se trouve l’ex-Premier ministre et leader du Parti travailliste en congé actuellement. Tout en affirmant s’abstenir de faire commentaires alors qu’une enquête policière est en cours, le député Ramful a affirmé que « personne ne peut être hypocrite au point de faire semblant qu’il ne se passait rien ». Il note qu’il y a un « tollé » concernant le financement des partis politique après qu’une somme importante ait été retrouvée chez l’ancien Premier ministre. Selon lui, la dure réalité est « qu’aucun parti ne peut survivre sans chercher des financements » ailleurs. « Ils sont forcés de le faire et dans certaines situations, il est probable qu’ils se sentent plus redevables envers tel ou tel financier. Par conséquent, des attributions allouées à ce dernier peuvent être vues comme de la corruption », affirme-t-il. Ritish Ramful dit que le présent gouvernement s’est engagé à venir de l’avant avec une loi sur le financement des partis politiques et souhaite donc qu’il concrétise ce projet en vue d’y apporter « des changements significatifs ».
Le député rouge a aussi rappelé que le gouvernement a promis « un deuxième miracle économique » à la population. Selon lui, « le but annoncé est une chose et comment l’atteindre en est une autre ». Créer un “feel good factor” auprès de la population est, poursuit-il, « une bonne chose », se demandant toutefois « combien de temps il pourra tenir ? ». Selon lui, le gouvernement « a déjà failli à deux reprises » dans ses promesses : d’abord concernant le prix de l’essence, qui n’a pas baissé, et ce malgré la baisse considérable sur le plan international, et de l’autre, concernant l’affectation des Chief Executive Officer dans les corps parapublics ne s’est pas fait suite à un appel à candidatures. Il affirme avoir étudié le chapitre sur l’économie du programme gouvernemental et relève un certain nombre de projets qui ne sont pas nouveaux. Parmi ceux-ci, il cite le développement du secteur portuaire, notamment en faisant de Port-Louis un “bunkering hub”, et celui de faire de Maurice un marché hors taxe. « Il est regrettable que ces projets n’aient pas été matérialisés. »
Evoquant les secteurs des Petites et moyennes entreprises, il estime que les projets annoncés sont « forts louables » mais « difficilement réalisables », à moins, dit-il « qu’ils explorent d’autres avenues de productions et des marchés adéquats ». Il suggère au gouvernement de développer une stratégie pour l’économie avec la participation de tous ses partenaires. Concernant le chômage des jeunes, il affirme que le Youth Employement Programme doit être revu. Une évaluation du nombre de jeunes ayant pu garder leur poste à la fin de leur contrat à durée déterminée est « primordiale pour avancer » dans ce secteur.
Selon lui, un deuxième miracle économique du pays « ne peut arriver sans une réforme approfondie dans le secteur de l’éducation ». Tout en accueillant favorablement le nine-year schooling proposé par le gouvernement, il estime qu’il est important « non seulement de rehausser le niveau d’études » des enfants mais aussi de leur pourvoir une éducation de qualité, car trop souvent, « les enfants sont des anges en rentrant à l’école à l’âge de 3-4 ans » et deviennent des “devils” lorsqu’ils en ressortent à 17-18 ans. « We have to bring meaningful change inthe education sector. » Une « formation adéquate » des professeurs « est aussi importante », soutient-il.