Le porte-parole de la commission économique du MMM s’est attardé hier à l’Assemblée nationale sur le gaspillage et la dilapidation. « Waste has become the No 1 killer of the wealth of the nation », a lancé Kee Cheong Li Kwong Wing. Le député a cité à titre d’exemple la State Trading Corporation, le Rose Belle Sugar Estate, Air Mauritius, Airports of Mauritius, le Duty Free Paradise, la Central Water Authority et le Central Electricity Board.
« Le Budget 2012 parle, ne fait que parler et ne fait rien d’autre que parler de growth for the greater good et de maintenir le pays comme une destination top class pour les touristes. Que fait-il pour la population ? » a argué avec force l’économiste mauve avant d’en donner des réponses non moins ironiques.
Le porte-parole de la commission économique du MMM a ainsi cité la campagne d’embellissement et de nettoyage de la Tourism Authority à hauteur de Rs 25 millions ; les Rs 13,5 millions allouées à la Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (MSPCA) pour chasser les chiens errants ; la somme de Rs 500 millions pour des Mauritius Joint Promotion Campaigns ; la suppression de la TVA sur les produits cosmétiques, les rasoirs électriques et les parfums ; et l’exemption de la taxe sur la chirurgie esthétique.
« Qu’y a-t-il pour les petits agriculteurs et les éleveurs ? Qu’y a-t-il pour les ti dimounn ? Shampooing, déodorants, démaquillants, sans TVA » a ajouté Kee Cheong Li Kwong Wing, un brin cynique. Pour l’économiste de l’opposition, « c’est presque irresponsable de faire ce genre de budget face à une crise sans précédent qu’il a lui-même annoncée ».
Le député mauve n’est pas passé outre les investissements de l’État. Des centaines de millions de roupies, a poursuivi Kee Cheong Li Kwong Wing, ont été injectées dans Jin Fei, le Belle-Mare Waterpark, le Belle-Mare Tourist Village et la Land-Based Oceanic Industry. « Tous des projets fantômes qui ont des coûts énormes pour leur maintien. Sur les investissements d’une valeur de Rs 10 milliards par le gouvernement, Rs 9 milliards n’ont jamais rapporté un sou. Elles nous ont plutôt fait perdre notre argent selon le directeur de l’Audit ». Ce dernier, a-t-il ajouté, a relevé des milliards de roupies dilapidées chaque année du fonds public dans son rapport annuel devant l’Assemblée nationale. « But not a single officer has been made accountable for waste or loss of money ».
Le député mauve est d’avis que nous devons mettre en place tous les moyens en vue de stopper « our morally and ethically bankrupt government officials from exploiting their official positions to rip government coffers with impunity and without any possible negative consequences their actions may have on the nation ». C’est ainsi qu’il préconise que l’abus de pouvoir et le gaspillage du fonds public soient punis par la loi et que celle-ci soit aussi applicable aux chefs des entreprises étatiques. Les informations relatives aux dépenses des institutions publiques devraient être accessibles à la population par le biais d’une Right of Information Act.
De l’avis de l’économiste du MMM, priorité a été accordée dans le Budget 2012 aux gros capitalistes et grandes entreprises. « Remove all the taxes that hurt, irritate, touch the fat cats. No tax budget for the super rich. » Il a aussi estimé que le ministre des Finances Xavier-Luc Duval simule un « feel good effect » mais qu’en fait, les investissements étrangers ont dégringolé par Rs 71 millions en deux semaines. Selon lui, « Mauritius finds itself in the worst kind of a decline. L’investissement du secteur privé continue sa descente à 17,9 % ».
De plus, « le type d’investissement ces dernières années ne correspond pas nécessairement au type d’investissement qui assure une croissance durable sur le moyen et le long termes ». « This budget banks on rent seeking, land speculation, property development, not risk-taking not value addition through innovation, not on new energies created by emerging markets and sectors », a estimé Kee Cheong Li Kwong Wing.