Enhardi par la réaction positive du Premier ministre, qui lui a téléphoné hier pour lui annoncer que la nomination des Assistant Secretaries ne figurera finalement pas dans les pouvoirs alloués au Président de la République dans le cadre de la IIe République d’un régime Ptr-MMM, le président de la Fédération des syndicats du secteur public réclame désormais une nouvelle manière de nommer les ministres. Rashid Imrith réclame aussi une évaluation annuelle de la performance des ministres, au même titre que les fonctionnaires.
« Non seulement doit-on garder jalousement l’indépendance de la Public Service Commission et celle du Public Appeal Tribunal, mais nous estimons, à la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP), que l’on doit revoir la façon dont les ministres sont nommés », a lancé Rashid Imrith. C’était lors d’une rencontre avec la presse ce matin pour parler de la bonne gouvernance dans le secteur public et des nouveaux pouvoirs du président de la République dans le cadre d’une éventuelle IIe République, proposée samedi dernier par Navin Ramgoolam et Paul Bérenger.
« Nous ne pouvons continuer à nommer des ministres en fonction des critères utilisés jusqu’ici par les politiciens. Un élu candidat à un poste de ministre doit pouvoir convaincre le Président de la République et le Premier ministre qu’il a une vision du ministère qu’il va occuper », a d’emblée ajouté le président de la FSSP.
C’est à partir de cette vision qu’il a du ministère dont il aura la responsabilité qu’un candidat à un poste de ministre pourra demander à ses fonctionnaires de définir les objectifs à atteindre dans le cadre général de la politique du gouvernement, dit Rashid Imrith. « Nous avons maintes fois constaté qu’une fois nommé, le nouveau ministre n’a aucune vision de l’orientation à donner à son ministère. A cause de ce manque de vision, ce sont les hauts fonctionnaires qui décident de l’orientation du ministère concerné. Cela ne devrait pas être le cas, car il revient au political head de prendre les policy decisions pour traduire dans la réalité la vision qu’il a du ministère qu’il occupe, et non aux fonctionnaires », a-t-il insisté.
Pour le président de la FSSP, si le pays a stagné ces derniers temps dans certains domaines, c’est bien parce que les ministres manquaient de cette vision pour donner l’impulsion nécessaire dans la bonne direction. « C’est n’est qu’à leur entrée en fonction qu’ils étudient les dossiers prioritaires et en attendant ce sont les hauts fonctionnaires qui décident de la nouvelle orientation du ministère. Un pays moderne ne peut plus se permettre cela ».
Une autre nouveauté que Rashid Imrith et sa fédération syndicale voudraient voir instituer dans l’éventuelle IIe République d’un GM MMM/PTr, c’est une évaluation annuelle de la performance des ministres au même titre que les fonctionnaires. « Si nous souhaitons vraiment que les choses aillent dans la même direction, nous devons avoir un moyen pour nous assurer que les ministres concernés sont en train de deliver the goods par rapport aux objectifs à atteindre ».
Le président de la FSSP s’est auparavant félicité de la prompte réaction du Premier ministre, Navin Ramgoolam, à sa déclaration publique contre la nomination des Assistant Secretaries par le président de la République dans le cadre d’une éventuelle IIe République. « Le PM m’a téléphoné personnellement hier et m’a informé qu’il est d’accord avec mes objections et qu’il estime que la nomination des Assistant Secretaries doit rester une prérogative de la PSC », dit-il.
« Nous ne sommes pas d’accord que la nomination des Assistant Secretaries soit une prérogative de la Présidence parce que cela voudrait dire que les fonctionnaires doivent danser sur la musique des politiciens. En outre, est-ce que les fonctionnaires ne se sentiraient pas alors obligés de dévoiler leur couleur politique ? Alors que nous, les fonctionnaires de l’Exécutif, nous jurons allégeance à l’État en tant qu’institution et que nous devons servir le gouvernement du jour avec intégrité et impartialité », a-t-il insisté.