C’est sans rien dire à son public que Gerard Louis lui a gratifié d’un unique et dernier concert du genre au MGI où il célébrait ses trente ans de carrière le 1er juillet dernier. Il ne quitte certes pas la scène, mais il ne conviera plus ses inconditionnels à un anniversaire comme celui célébré à Moka. Le souvenir sera impérissable, car c’est un moment exceptionnel qu’il a offert à une salle en ébullition du début à la fin du spectacle.
Le public n’a pas eu de mal à faire une incursion dans son univers éclectique où le séga, le romantisme, le reggae, du Bollywood se côtoient sans frontière. Avec à ses côtés Desiré Francois, Ino Nakeed, Alain Ramanisum, Bruno Malcom, Sandra Mayotte, Alain Lafleur, Chantal Ivara, Dominique Barret, Maïsta, Meera Mohun, Mario Justin, Édouard Doyal et Gervais Grivon, lesquels ont interprété leur succès respectif, Gerard Louis a honoré sa promesse avec brio. Et c’est en douceur, sans transition qu’il a proposé un concert en trois temps repartis entre la nostalgie au moment de ses débuts, l’ère Cassiya et le jazz, un style qu’il affectionne particulièrement. Et l’ensemble entrecoupé de ses coups de coeur. C’est aussi un Gerard Louis musicien, concepteur de mélodies, architecte musical, guitariste perfectionniste — capable d’évoquer George Benson — qui s’est produit ce soir-là. Le chanteur qu’il est devenu après sa séparation d’avec Cassiya en 2003 a fait de la place au guitariste qu’il est. Minutieusement orchestré 30 an Partaz Mizikal a été un long moment de bonheur qui a pris fin sur les notes de We are the world, une chanson des années 1980 qui a marqué l’artiste Gerard Louis.