Patrick Assirvaden a demandé hier soir, lors du congrès de l’Alliance Ptr/PMSD à la municipalité de Quatre-Bornes, de « laisser les institutions fonctionner normalement ». Nita Deerpalsing, elle, a dénoncé « la pression exercée » par « un clan familial » sur l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Lindsay Morvan, pour sa part, a rappelé que « quand Gaëtan Duval avait été arrêté, personne n’avait demandé la dissolution du tribunal de Flacq par respect pour les institutions ». « Pourquoi le ferait-on aujourd’hui ? », s’est-il demandé.
Le président du Parti travailliste, Patrick Assirvaden, a souligné la nécessité de laisser une institution comme l’ICAC faire son travail quelle que soit la personne qui se présente devant elle, fut-elle un député, un ministre, un leader de parti. « Tout le monde doit avoir le même traitement devant la loi malgré la passion et les menaces de tous côtés », a-t-il insisté. « L’ICAC a fait son travail comme il le fallait. Nous sommes mal placés pour venir dire “ki li pe fane”. C’est cette manière de faire qui contribue à dévaluer les institutions », soutient Patrick Assirvaden. Il estime que l’ICAC a désormais gagné en crédibilité aux yeux de la population.
Patrick Assirvaden a rappelé que ce n’est pas la première fois qu’un parlementaire ou un ministre est arrêté par l’ICAC et que, dans le passé, Kishore Deerpalsing, les ministres Bundhun et Choonee ont été arrêtés. Or, à cette époque personne n’a manifesté devant les tribunaux. « La justice doit pouvoir suivre son cours. Si aujourd’hui des menaces sont dirigées contre l’ICAC, est-ce que demain ce sera au tour de la justice ? » s’est il demandé en soulignant la nécessité d’agir avec retenue.
Nita Deerpalsing, qui était dans sa circonscription, a insisté également sur la nécessité de respecter les institutions. « Depuis le 26 juillet un clan familial attaque l’ICAC de façon répétée. (…) Si Pravind Jugnauth n’était pas d’accord avec l’affaire MedPoint, pourquoi a-t-il apposé sa signature sur une lettre demandant de réserver Rs 144,7 M pour l’achat de la clinique ? »
Pour Lindsay Morvan du PMSD, avant d’être le fils du président, Pravind Jugnauth est un citoyen comme un autre. Il a estimé qu’être inculpé par l’ICAC ne veut pas dire que l’on est coupable. Il s’est étonné de voir la réaction de Pravind Jugnauth concernant les documents secrets du cabinet. « Pourquoi n’avoir pas eu recours à la Cour suprême et n’avoir pas fait comme Sunil Dowarkasing qui conteste la décision de l’ICAC de ne pas autoriser qu’il soit défendu par Roshi Badhain devant l’ICAC ? Il aurait pu loger une contestation devant la Cour suprême », dit-il. Lindsay Morvan a établi un parallèle avec l’arrestation de sir Gaëtan Duval. « Personne à cette époque n’avait alors demandé la dissolution de la cour de Flacq ».
Plusieurs autres orateurs sont intervenus dont Deva Virahsawmy, Suren Dayal, Mamade Kodabaccus et Kadress Pillay.