Navin Ramgoolam s’est prononcé hier pour une enquête approfondie sur l’affaire BET365, qui a vu la démission de Ravi Yerrigadoo comme Attorney General. Selon le leader du PTr, cette enquête devrait être menée par une personnalité comme un ex-juge à travers un Fact Finding Committee. Il a toutefois affirmé ne pas être en faveur d’une commission d’enquête.
Commentant les derniers développements dans l’enquête, Navin Ramgoolam a soutenu que ces journalistes ont « réalisé un vrai “investigating journalism” et ont tout déclenché ». Il a cependant regretté que ce soient eux qui ont été convoqués par la police. « Leurs résidences ont été perquisitionnées à 5 heures du matin. Or, celui qui a avoué avoir juré un faux affidavit circule librement. L’Attorney General, qui a fait une faute inexcusable, est tranquille », a observé le leader du PTr.
L’ancien Premier ministre a rappelé que le rôle de l’Attorney General est de donner des conseils indépendants au gouvernement, et rien d’autre. « Le gouvernement peut accepter ou rejeter ses conseils. Mais il (l’Attorney General) n’a pas le droit de faire des recommandations officielles pour aider une personne qui est déjà accusée d’escroquerie », a affirmé Navin Ramgoolam, qui estime que l’Attorney General aurait dû être limogé depuis l’affaire Dufry, où deux employés de cette compagnie suisse clament avoir été bloqué « contre leur gré » à Maurice en 2015.
Le leader du PTr a posé une série de questions dans le cadre de l’affaire BET365 : « L’Attorney General a admis avoir signé la lettre permettant à Abdool Rahim de toucher ses gains. Pourquoi a-t-il signé cette lettre ? Pourquoi deux jours après avoir accusé l’Attorney General, Abdool Rahim est venu présenter ses excuses à l’Attorney General et est allé pleurer à la radio et faire du mauvais cinéma ? Comment cette personne a-t-elle pu obtenir son passeport et quitter le pays pour se rendre à Dubaï et en Suisse ? Qui a donné le “clearance” à la FIU et qui a payé son billet d’avion ? Comment expliquer qu’après sa déclaration à la radio il se soit rendu directement au CCID pour faire une déclaration en l’absence de son avocat ? »
Pour Navin Ramgoolam, « il n’est pas difficile de savoir ce qui s’est passé pour que Rahim modifie sa version ». Raison pour laquelle il a réclamé une enquête approfondie, à l’instar d’un Fact Finding Committee sous la présidence d’un ex-juge. Par ailleurs, il a observé qu’on ne parle plus de l’Affaire Kistnah, concernant le trafic de la drogue.
« Le MSM a peur de nommer un candidat »
S’agissant de la partielle au N° 18, le leader des rouges a estimé qu’aucune élection n’est gagnée d’avance. « Il y a beaucoup de travail à faire, d’autant plus que nos adversaires ont des moyens financiers considérables, a-t-il avancé. Ceux qui ont accusé le PTr de disposer de gros moyens financiers doivent aller voir ce qu’on dépense actuellement. Je n’ai jamais vu une élection partielle dans laquelle autant d’argent a été investi ». Il a annoncé que l’équipe de campagne du PTr travaillera en collaboration avec les leaders locaux. De plus, une équipe de communication a été instituée et son parti dispose déjà d’un quartier général à SSR Avenue à Quatre-Bornes. « Nous attendons le Nomination Day avant d’accélérer la campagne. Nous apprenons que le MSM a peur de nommer un candidat. J’espère que non, parce que c’est un de ses candidats qui a démissionné », a-t-il déclaré.
Selon Navin Ramgoolam, cette élection est un tremplin pour les prochaines élections générales. « La population a vu la différence entre l’exemple donné par le PTr au pouvoir avec le respect des institutions et l’équipe actuelle ». Pour lui, « le PTr est en mesure de remporter l’élection ».
S’agissant du Metro Express, il a expliqué que son parti avait proposé le métro léger pour moderniser le pays. « Pravind Jugnauth et son père étaient contre le projet. Ils avaient été jusqu’à écrire au Premier ministre indien pour empêcher que le projet aille de l’avant. Nous avions réalisé un projet différent et aurions évité ce qui se passe actuellement à Quatre-Bornes. Aucune maison n’aurait été démolie », a-t-il avancé. Le gouvernement actuel, a-t-il ajouté, a sacrifié un pilier de l’économie qu’est le secteur des services financiers. « Nous voyons les résultats. La Dutchbank est partie et d’autres sont sur le départ, dont la HSBC », a observé Navin Ramgoolam. « J’avais refusé de prendre de l’argent et de mettre en péril un pilier de l’économie qui emploie de jeunes professionnels. Aujourd’hui, avec l’endettement de ce pays, on ne peut que couler Maurice davantage, alors que l’économie piétine », a-t-il constaté.
Quant à savoir si le PTr ira seul aux élections générales, leur leader a fait comprendre que « ce sera le cas ». Pour lui, « alliance veut dire compromissions ». Or, « on ne peut conclure d’alliance si on préconise la rupture », a-t-il observé. Malgré tout, Navin Ramgoolam n’écarte pas la possibilité d’une alliance après les élections, et ce, « en fonction des résultats ».