Le collectif pARTage se prépare à vivre une inoubliable aventure. Pour la première fois, sept artistes mauriciens ont été sélectionnés pour la 56e Biennale de Venise, l’une des plus prestigieuses expositions d’art contemporain au monde. Une participation qui vaut tout son pesant d’or puisque ces artistes inscrivent une nouvelle page dans l’histoire culturelle de notre pays. Malgré toute leur fierté et joie, le collectif pARTage ne peut cacher son amertume face à l’ignorance du gouvernement et de toutes ses demandes de sponsor, restées jusqu’ici sans réponses. Il espère qu’un crowd funding l’aidera à trouver tous les fonds nécessaires pour mener à bien ce projet historique. Le Biennale de Venise se tiendra du 9 mai au 22 novembre.
Parmi une vingtaine d’artistes mauriciens, le jury a retenu les travaux de Kavinash Thomoo, Djuneid Dulloo, Sultana Haukim, Nirmal Hurry, Alix Le Juge, Neermala Luckeenarain et Krishna Luchoomun. En participant à la 56e Biennale de Venise, ces sélectionnés écrivent une nouvelle page de l’histoire de l’art local. Ils seront les premiers Mauriciens à exposer leurs oeuvres lors de cet événement à la renommée internationale. Une manifestation incontournable et son immense exposition très attendue par les artistes du monde entier, qui accueillera cette année près de 90 pays participants.
Cette première participation mauricienne revient à l’artiste mauricien Krishna Luchoomun. Depuis 2013, il travaille sur ce projet et a mené des pourparlers avec la Fondation Gervasuti et Arte Communications, deux institutions qui ont une grande expérience dans l’organisation des différents pavillons. Il n’est pas peu fier d’avoir réussi puisque The Mauritius Pavilion sera bien présent à cette 56e Biennale de Venise. “C’est un événement très spécial auquel tous les artistes rêvent d’être présents. Cette manifestation d’art contemporain, la plus prestigieuse au monde, est l’événement à vivre au moins une fois dans sa vie car elle encourage les artistes du monde entier. Cette participation offre plus de visibilité à nos travaux mais surtout à l’art mauricien sur le plan international”, confie Krishna Luchoomun.
Néanmoins, l’enthousiasme est quelque peu terni. Les sept participants mauriciens ne peuvent cacher leur déception. Vu l’ampleur de l’événement et sa réputation mondiale, ils espéraient plus de soutien des autorités locales. Jusqu’à présent, toutes les démarches effectuées proviennent d’une initiative de pARTage et des soutiens étrangers dont le Mondriaan Fund, MOT International, Galerie Nathalie Obadia, Prince Claus Fund et Galerie Vallois. Du côté local, les sélectionnés n’ont reçu qu’un “soutien moral” de la part du ministère des Arts et de la Culture, tandis que ceux du Tourisme et des Affaires étrangères font la sourde oreille. Les demandes de rendez-vous sont toutes restées sans réponses. Une indifférence totale qui ne manque pas d’interpeller nos artistes. “J’apprécie la chance d’y aller et de représenter mon pays mais mon pays ne fait rien pour nous soutenir. Il semblerait que l’art ne représente rien aux yeux du gouvernement. Je me demande même s’il comprend l’importance de cette participation mauricienne. À voir autant de portes fermées à nos demandes, la réponse est plus que flagrante. C’est triste de voir comment pour nos amis des Seychelles, qui eux aussi participent pour la première fois, l’État s’est investi à les aider”, soutient Alix Le Juge. En effet, si cette dernière ainsi que trois autres artistes sont sûrs de faire le déplacement, la participation du jeune Kavinash Thomoo et du reste de la bande est encore incertaine. Sans l’aide de sponsors, ils n’ont pas les moyens de payer tous les frais nécessaires pour ce déplacement. Pour permettre à Maurice et ses artistes de faire une entrée historique à la Biennale de Venise, Krishna Luchoomun lance un appel à l’aide à travers un crowd funding en espérant que les autorités et le secteur privé leur apporteront une aide financière.