Le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, a affirmé hier sa « solidarité » envers les travailleurs de l’industrie du transport qui menacent de déclencher une grève la semaine prochaine. Dans le même temps, il s’est dit « choqué » que les partis de l’opposition se disant contre le projet de métro express aient décidé de désigner des candidats contre lui à l’élection partielle, qui doit être organisée dans le sillage de sa démission dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes. Il affirme avoir demandé au leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, de démissionner « afin de donner davantage de poids » à la lutte contre l’introduction du métro.
Rencontrant la presse hier au quartier général de son parti, à Quatre-Bornes, Roshi Bhadain a déploré « l’opacité » entourant l’octroi du contrat de métro aux compagnies indiennes. De plus, relève-t-il, « aucune information n’a transpiré » concernant le tracé et le coût du projet. « Les questions que j’avais posées au parlement avant ma démission sont jusqu’ici restées sans réponses », a-t-il constaté.
Alors que l’inquiétude gagne aussi bien les usagers que les travailleurs de l’industrie du transport, le bureau du Premier ministre a, dans un communiqué diffusé récemment, indiqué que toutes les structures et les plantes se trouvant le long du tracé du métro express, à la promenade Gérard Bruno, à Quatre-Bornes, devront être enlevées au plus tard le 31 juillet. « Cela se fait dans une cacophonie extraordinaire et crée une situation extrêmement grave pour la vie de la population. On trouve qu’il y a une opacité et un amateurisme. On dirait même qu’il y a un agenda caché », a soutenu Roshi Bhadain.
Et d’observer que cet ordre d’évacuation sur les terrains appartenant à la municipalité de Quatre-Bornes a été confirmé par la mairesse de la Ville des Fleurs. « Si, comme l’a annoncé le ministre des Infrastructures publiques, le projet se fera en deux phases, soit la première sur une distance de 13 km entre Port-Louis et Rose-Hill et la deuxième entre Rose-Hill et Curepipe, pourquoi exercer une telle pression sur les habitants de Quatre-Bornes ?? » s’est demandé Roshi Bhadain. Dans ce contexte, il estime que la déclaration ministérielle faite avant sa démission était « un subterfuge » visant à démontrer qu’il risque de démissionner pour rien. Or, aujourd’hui, « tout indique que Quatre-Bornes sera concernée dès le départ par le projet », a affirmé le leader du Reform Party.
II a observé, à ce stade, que les Rs 20,9 milliards prévues dans le budget « seront consacrées aux travaux le long du tracé entre Port-Louis et Rose-Hill ou entre Port-Louis et Curepipe ». S’agissant du tracé Port-Louis/Rose-Hill, souligne-t-il, « le coût du projet s’élèverait au final à Rs 40 milliards ». La conséquence « est que la population sera endettée pendant des années », prévient Roshi Bhadain, alors que l’avenir de Pravind Jugnauth comme Premier ministre est « incertain », notamment tenant en compte de son affaire devant le Privy Council. « Il est peu probable qu’il soit reconduit au pouvoir en cas d’élections générales », est en outre d’avis le leader du Reform Party, qui estime que la dette publique atteindra le niveau de Rs 300 000 par citoyen mauricien. Selon lui, tous ceux élus par le peuple ont le « devoir moral d’arrêter ce projet », Roshi Bhadain se demandant même si « tous les députés de l’opposition » ne devaient pas démissionner.
D’autre part, il s’est dit « choqué » par le fait que Xavier-Luc Duval ait désigné un candidat pour prendre sa place au parlement. « Mo kit tou, mo demisione. Mo kit saler ek tou bann avantaz. Enn depite ki finn eli ansam ar mwa avoy enn dimoune poz kandida pou pran mo plas dan parlman », s’est il insurgé. Roshi Bhadain a demandé à l’électorat de Quatre-Bornes « d’utiliser votre esprit » en se prononçant « contre les dinosaures politiques » et « la dynastie », ainsi que « de faire la distinction entre ceux qui combattent à leur côté et ceux qui “rod bout” ». Pour lui, les partis de l’opposition se disant contre le projet de métro, et qui présentent des candidats à l’élection partielle, sont comparables à « bann zwer ki pe rod met goal offside ».
Roshi Bhadain a d’autre part déploré les critiques qu’aurait formulées le leader de l’opposition contre lui samedi dernier à sa conférence de presse, l’accusant d’utiliser la violence et de s’adonner à de l’intimidation. Pour lui, les allégations de Xavier-Luc Duval « frisent la diffamation ». En réponse à des questions de la presse, Roshi Bhadain a insisté sur le fait qu’il se considère comme « le seul candidat légitime de l’opposition à cette élection ». De plus, dans l’éventualité où le MSM présentait un candidat, Roshi Bhadain est d’avis que le MSM a « toutes les chances de se classer cinquième derrière le candidat de Resistans ek Alternativ ». Le leader du Reform Party a aussi avancé que sa campagne est financée par la contribution des membres de son parti.