Son ancien colistier au N°18 n’a pas attendu sa PNQ sur le Métro Express pour démissionner en tant que député de l’Assemblée nationale. Pourtant, Xavier Duval avait affirmé à Roshi Bhadain qu’il poserait sa question à la prochaine session parlementaire. « Mais c’est pas mo faute si Parlement pa finn siégé sa vendredi-la ek zot inn mett li pou vendredi prochain », dit-il. Quoi qu’il en soit, le PMSD souhaite que la démission du leader du Reform Party n’entraîne pas une division au sein de l’opposition. « Mais maintenant li paret que ce sera le cas », a indiqué Xavier Duval lors de sa conférence de presse vendredi, et durant laquelle, répondant aux questions de la presse, il a laissé entendre que « le PMSD sera de la partie. » Dans quelle mesure ? Il laisse planer le flou, indiquant que le parti décidera en temps et lieu.
Le branle-bas sur l’échiquier politique provoqué par la démission de Roshi Bhadain de l’Assemblée nationale a brièvement été abordé par le leader du PMSD vendredi. Il a fallu des questions de la presse pour que Xavier Duval confie qu’il communique régulièrement avec Roshi Bhadain et lui a donné l’assurance que sa prochaine PNQ porterait sur le Métro Express. Cette PNQ est en préparation, dit-il. Cependant, dans la conjoncture, le PMSD se prépare pour la partielle, même si Xavier Duval prend soin de ne pas dévoiler pour l’heure ce que sera la stratégie de son parti. Si les bleus ne souhaitent aucune division au sein de l’opposition, cela n’étant pas dans l’intérêt de l’électorat, selon Xavier Duval, il n’en demeure pas moins que le PMSD sera présent.
La conférence de presse du PMSD a surtout été axée sur les dernières PNQ qui, selon Xavier Duval, ont apporté « leur lot d’informations mais aussi de mensonges. » Ainsi, s’agissant de l’affaire Betamax, XLD persiste et signe. « Maurice serait sortie gagnante et aurait payé moins cher avec le Red Eagle. » Alors qu’il a fait état de ses calculs pour arriver à cette conclusion, il reproche au ministre du Commerce, qui lui a donné la réplique, de n’avoir fourni aucune explication quant à comment il est parvenu aux chiffres indiqués lors de sa conférence de presse.
Xavier Duval relève aussi qu’alors que l’Attorney General a indiqué, en réponse à la PNQ et basé sur les chiffres de la STC que le transport du pétrole est de $ 24,85 par tonne métrique, Ashit Gungah parle, lui, de $ 22,6. « Selon mes informations, la STC paie $ 24,85 en juin. Il aurait été plus simple que Gungah produise une facture. Cela aurait démontré qui a tort et qui a raison », dit-il, lançant un défi au ministre du Commerce de rendre publics ses calculs.
Dans le sillage, le leader de l’opposition note que l’Attorney General est venu confirmer que le Solicitor General avait donné un avis contraire s’agissant du contrat de Betamax, qui était effectivement légal et qu’on ne pouvait pas y mettre fin, du moins dans les conditions prônées par le gouvernement. Il relève de même que Ravi Yerrigadoo a indiqué que « ce n’est pas Betamax qui a mis fin à la négociation, mais les ministres qui étaient sur le comité ministériel. » Pour le leader du PMSD, la négociation s’est faite « à la Dufry, sans lettre officielle, ni de mise en demeure  »
Xavier Duval est aussi revenu sur le prêts de $ 500M de l’Inde pour lequel le Premier ministre est venu confirmer le repaiement par 26 tranches garanties par le gouvernement. « S’il y a garanti, pour moi il n’y a pas moyen que cela n’apparaisse pas dans les dettes publiques. »
Diego Garcia :  « Accord avec         les USA ? »
XLD estime de même que les réponses relatives à sa PNQ sur les squatters ont fait ressortir « le mauvais traitement » auquel ont droit certaines familles relogées à Pointe-aux-Sables. Dépeignant le cadre dans lequel vivent ces familles, sans eau, sans éclairage, sans infrastructures routières, le leader des bleus soutient que c’est un ghetto de 192 maisons qui se construit à Pointe-aux-Sables. Cela car les ex-squatters sont contraints de prendre les tôles de leur ancienne bicoque pour se faire un toit. Pour Xavier Duval, le ministre Soodhun, qui n’a toujours pas rendu visite à ces familles malgré sa promesse, « a aussi menti au Parlement » en soutenant que les travaux se terminent en juin sur ce site. « Or, les travaux n’ont même pas commencé. »
S’agissant de sa PNQ sur Alvaro Sobrinho, le leader de l’opposition estime qu’avec les éléments de réponse, « il est clair qu’il y a eu interférence ministérielle. » Il fait état d’une lettre d’un officier de la FSC au ministre Sesungkur sollicitant son avis sur la relance des permis d’Alvaro Sobrinho. Il est aussi d’avis qu’il y a eu « utilisation subjective du rapport Kroll à l’Assemblée nationale ».
Xavier Duval s’est aussi attardé sir la PNQ relative aux courses hippiques, déplorant que SAJ aurait « menti » à l’Assemblée nationale lorsqu’il a répondu en septembre 2015 qu’il n’avait pas connaissance de ce rapport. Or, dit-il, il y a eu confirmation que ce rapport qui a disparu à deux reprises a été déposé en deux occasions aux autorités. L’une à l’ancien président de la République en 2014 et l’autre à SAJ en présence de ses advisors en 2015. Xavier Duval note par ailleurs que sur les 23 recommandations du rapport, seules trois ont été mises en pratique.
Sur le dossier des Chagos, le leader de l’opposition a salué l’effort de l’équipe mauricienne qui a mené cette résolution à son succès. Il s’est réjoui des votes obtenus par Maurice, dont ceux des pays d’Afrique, de l’Inde et du Pakistan. Si Maurice n’a pu obtenir les deux tiers des votes, c’est tout de même une jolie victoire, dit-il. Il profite de l’occasion pour lancer un appel aux États-Unis et à la Grande-Bretagne pour qu’il n’y ait pas de représailles à l’encontre d’un petit pays comme Maurice, qui n’a fait que réclamer ses droits.
Xavier Duval relève également que la présente résolution ne fait pas mention de Diego Garcia comme les précédentes dans lesquelles il était question de « The Chagos Archipelagos, including Diego Garcia.» Selon lui, s’il va de soi que The Chagos Archipelagos inclut Diego Garcia, cette nuance dans la présente résolution soulève tout de même des questions. « Est-ce une erreur ? Ou existe-t-il un accord avec les USA ? » demande-t-il, réclamant des explications du gouvernement à ce sujet.
L’affaire MedPoint
Concernant le jugement de la Cour suprême rendu jeudi à l’effet que le DPP peut faire appel devant le Privy Council concernant l’affaire MedPoint, Xavier Duval estime que cela vient donner raison au PMSD pour avoir quitté le gouvernement, qui a souhaité à travers l’introduction d’une nouvelle loi avoir la mainmise sur les prérogatives du DPP. « Aujourd’hui, la Cour suprême a donné raison au DPP et je félicite le judiciaire pour son impartialité. »  Toutefois, dans la conjoncture, ajoute-t-il, le ministre de l’Intérieur, des Finances et de la NDU doit faire face à un procès au Privy Council et cela n’est pas de bon augure pour la stabilité, estime le leader du PMSD.
« Il y a deux issues, soit il en sort coupable, soit il est innocenté. Mais il existe la possibilité qu’il doive faire de la prison », note-t-il. Dans ce contexte, selon Xavier Duval, « c’est triste que nous ayons un PM, ministre des Finances, avec autant de responsabilités, qui devra mettre de côté les priorités du pays pour se concentrer sur sa défense. » Selon lui, cela aura un impact sur la réputation de Maurice, notamment en ce qui concerne les investissements de l’étranger.
Rappelant que le PMSD a contesté en cour l’accession de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre, le leader des bleus, pour qui « cette accession était prématurée », est d’avis que même si on le lui demande, Pravind Jugnauth ne se retirera pas comme PM le temps de sa défense.