Satisfait du ton positif sur lequel a pris fin un premier round de discussions en janvier dernier entre des dirigeants politiques et les représentants des forces vives portant sur la réconciliation dans la Grande Île, le Conseil oecuménique des Églises de Madagascar organise, la semaine prochaine, une deuxième table ronde. Comment promouvoir une collaboration active entre ces trois parties, nécessaire pour l’avenir de Madagascar, malgré les divergences de vue importantes ? Tel est l’objectif de ces prochaines discussions, qui commencent aujourd’hui pour prendre fin le 2 mai. Mgr Ian Ernest, archevêque de la Province anglicane de l’océan Indien, suit l’événement de près et a adressé hier un message de soutien aux dirigeants de ce conseil oecuménique.
Mgr Ian Ernest, qui était récemment en mission dans la Grande Île, dit avoir eu un bon feed-back durant son séjour lors de la première table ronde qui a eu lieu en début d’année. « J’ai cru comprendre que, dans l’ensemble, les participants ont témoigné une volonté de travailler ensemble pour relancer Madagascar et pour redonner espoir à la population. Mais on m’a dit qu’il y a des rechignements sur certains points parce que certains ne veulent pas se mouiller. Cependant, il y a un espoir que les dirigeants politiques mettent le peuple malgache au centre des préoccupations et que les discussions débouchent sur une “nouvelle Madagascar”. L’Église n’a aucun engagement politique, mais un engagement en faveur de la justice. C’est pour cette raison qu’il faut soutenir cette initiative prise par le Conseil oecuménique de réunir, autour d’une même table, les anciens et l’actuel Président de la République malgache et les forces vives de ce pays », explique Mgr Ernest au Mauricien au sujet de la lettre qu’il a envoyée hier après-midi aux responsables de ce Conseil. « Je les félicite pour leur démarche et leur dis que c’est un événement inédit et historique », poursuit Mgr Ernest .
Le Conseil oecuménique des Églises de Madagascar est composé des représentants de l’Église anglicane, l’Église catholique, l’Église luthérienne et l’Église de Jesus Christ, qui est d’obédience presbytérienne. Dans ce message aux chefs de ces Églises chrétiennes, l’archevêque de l’océan Indien affirme que l’esprit de réconciliation est nécessaire « afin d’établir les fondations pour que la justice, le respect des institutions et l’harmonie sociale deviennent des réalités concrètes, porteuses de transformation dans la vie d’un peuple en quête de joie de vivre et de stabilité politique ». Il ajoute que cet engagement de l’Église « donne tout simplement au peuple malgache la confiance et la motivation nécessaires pour que ce pays devienne le grenier de l’océan Indien et la plaque tournante du développement régional ». Il termine ce message en souhaitant que ces prochaines consultations, qui se dérouleront à Antananarivo, « soient productives et rassurantes pour le futur, tant sur le plan politique que sur le plan social et économique ». Et de rassurer les responsables des églises de ses prières tout au long de ces discussions.
Samitiana Johnson Razafindralambo, prêtre anglican malgache, qui travaille à Maurice, suivra lui aussi avec beaucoup d’intérêt ces prochaines discussions entre la société civile et les responsables politiques. Il espère que les dirigeants ne mettront pas leurs « intérêts politiques » au centre de ces négociations. « Mon souhait le plus profond est que tous les participants à cette prochaine rencontre arrivent à se mettre d’accord sur des projets concrets pour retrouver la sérénité dans le pays. À mon avis, l’éducation, l’économie et la sécurité nationale doivent être les priorités de l’heure », dit-il au Mauricien.
Une trentaine de personnes, dont les anciens et l’actuel Président de la République, avaient participé à la première de rencontre. Pour la rencontre prévue la semaine prochaine, les organisateurs ont élargi davantage cet espace de dialogue afin d’accueillir des représentants d’autres forces vives, qui sont à l’oeuvre dans plusieurs régions de la Grande Île.