Les opérateurs de bateaux montent au créneau et déplorent le manque de communication et les menaces de cette nouvelle mesure sur leur gagne-pain.
Après Trou-aux-Biches et Pereybère, c’est au tour de Mont-Choisy d’être décrétée « No boat zone ». Mesure qui prend effet à partir de demain : aucun opérateur de bateau ne pourrait circuler désormais dans le lagon, délimitée sur quelques 200 mètres, par des cordons visibles. L’objectif : réduire la pression sur nos lagons et assurer plus de sécurité aux baigneurs. Une démarche qui s’inscrit dans la politique du ministère du Tourisme de promouvoir un tourisme de qualité et l’amélioration de nos produits, souligne la Tourism Authority (TA). Une décision sage, estiment les habitués des plages, mais amèrement accueillie par les propriétaires de bateaux qui voient là une menace contre leur gagne-pain.
Les allées et venues des bateaux commerciaux dans le lagon et les activités nautiques perturbent les baigneurs, et les risques d’accident sont nombreux. C’est la raison pour laquelle la TA est allée de l’avant avec sa décision prise depuis janvier dernier de décréter Mont-Choisy une « No Boat Zone ». En outre, les autorités, à travers la TA, veulent rendre le lagon aux baigneurs et y garantir leur sécurité. Mais cette décision de la TA se heurte à des protestations, plus particulièrement celles des opérateurs de bateaux qui déplorent la menace qui pèse sur leur gagne-pain.
La trentaine d’opérateurs affectés monte au créneau et indiquent avoir été surpris de noter les délimitations de la zone par des cordons durant la semaine. Affirmant ne pas être au courant d’une telle mesure, ces opérateurs s’indignent que les décisions aient été prises sans aucune consultation avec les principaux concernés. Désormais, expliquent-ils, sans qu’aucune explication ne leur ait été fournie, ils devront embarquer leurs clients pour des sorties en mer ou autres activités sur deux points, au niveau du point d’embarcation à côté du Club Med et en face de l’hôtel Tarisa Resort. « Inacceptable », disent-ils, il leur est impossible d’opérer devant l’hôtel Tarisa car il y a plein de rochers dans cette zone. En outre, ajoutent-ils, « nous allons nous retrouver les uns sur les autres sur un point d’embarcation », ce qui augmentera la pression et la concurrence entre les opérateurs de bateaux.
Ils font ressortir que depuis plusieurs années déjà, avec la pratique du All-Inclusive par les hôteliers, ils peinent à gagner leur vie. « L’hôtel fer tou activité. Zot garde touriste la endéans même. Nou pena même clients. Nou compte aussi lors ban mauriciens pour sorti dans lamer », disent-ils, inquiets que « aster pe tir nou depi dans lagon. Couma nou pou travay? » Sans compter, font-ils observer, le danger auquel ils exposent les clients en allant aussi loin dans le lagon.