Séance pleine de rebondissements, hier, à la commission d’enquête sur la drogue. Celle qui a déposé n’est autre que Parwiza Jeeva, aussi fichée comme la « petite amie » de Peroumal Veeren. La jeune femme avait été prise dans les filets de l’ADSU en 2005 et condamnée en 2010 à 16 ans pour trafic et distribution d’héroïne notamment. Elle est venue confirmer hier ce que trois de ses proches – en l’occurrence son père, son frère et son oncle – ont déclaré devant la Commission Lam Shang Leen le 22 juin dernier, à savoir que « c’est Peroumal Veeren qui a retenu les services de l’avocat, Me Raouf Gulbul, pour défendre Parwiza Jeeva, et c’est lui, et non la famille, qui a réglé les honoraires de l’homme de loi ».
Rs 450 000. Telle est la somme que « Peroumal Veeren a payée à Me Raouf Gulbul pour avoir assuré ma défense », affirme Parwiza Jeeva. Celle-ci a avoué qu’elle « aimait Peroumal Veeren », dont elle a fait la connaissance « par téléphone » via un certain Iqbal Dhomun. « Quand il est sorti de prison, je ne sais comment mon ex-mari a fait sa connaissance, et il est venu habiter dans la maison où je vivais, à Beau-Bassin. »
Ce serait, selon les dires de Parwiza Jeeva, « Iqbal Dhomun qui m’a présentée » à Peroumal Veeren. « On se parlait au téléphone. Nounn fer konesans ek nounn kontan ». Mais, devait-elle nuancer, « kan monn realize ki li ti pe servi mwa, monn konpran… » Cependant, il était « trop tard » et « mo tinn fini gagn trape ar lapolis ».
Un vrai roman à l’eau de rose que le parcours de trafiquante de Parwiza Jeeva. D’après cette jeune Portlouisienne, qui se dit « malchanceuse en amour », elle aurait cru dur comme fer à son histoire avec Peroumal Veeren, en 2005. Au point même où le président de la commission d’enquête sur la drogue, Paul Lam Shang Leen, lui a décoché quelques piques ironiques lors de sa déposition. « Vous pensiez qu’il allait sortir de prison et vous épouser, n’est-ce pas ?? » a-t-il questionné. L’ancien juge a aussi noté d’entrée de jeu que « c’est vous qui avez demandé à être entendue par la commission, car vous avez dit que vous aviez certaines choses à dire ».
De fait, Parwiza Jeeva souhaitait mettre les points sur les « i ». Comme de faire bien ressortir que Peroumal Veeren avait « dépêché un policier qui, quand j’étais détenue au poste de Stanley, venait me voir, quand il était de service le soir », ajoutant : « Il me passait un téléphone avec lequel je communiquais avec Peroumal Veeren. » Cependant, Parwiza Jeeva n’a pu donner ni le nom ni le numéro de matricule de cet officier. Ainsi que Paul Lam Shang Leen l’a relevé, « c’est une chose très grave que vous révélez ici, en disant que ce policier était envoyé par Veeren et vous donnait un téléphone pour le contacter ».
Mais le point fort de la déposition de Parwiza Jeeva était certainement les liens entre Peroumal Veeren et l’homme de loi, Me Raouf Gulbul. Après avoir expliqué comment le dénommé Iqbal Dhomun l’avait mise en contact avec Peroumal Veeren, dont elle était tombée amoureuse, la détenue expliqua qu’elle avait aussi été à la rencontre de la mère du trafiquant et a donné des détails quant à cette dernière.