Aux yeux d’une justice aveugle, sodomie et zoophilie sont considérées sur un pied d’égalité à Maurice. Les deux infractions sont passibles d’une même peine : pas moins de cinq années de prison. N’aurait-on pas tendance à confondre les choses ?
Comme quoi, la méconnaissance liée à l’homosexualité et les idées reçues sont largement répandues, non seulement dans la petite tête du quidam moyen. Notre balbutiante démocratie a encore du chemin à parcourir dans le sens des libertés individuelles. Précisons que la petite porte n’est pas l’apanage de nos seuls amis homos. Un nombre insoupçonné d’hétéros emprunte aussi ce passage défendu.
Notons par ailleurs que la loi française ne sanctionne plus la sodomie entre adultes consentants. François Hollande a promis que son gouvernement permettrait également le mariage entre personnes du même sexe. Huit pays européens ont déjà admis le mariage homosexuel : Danemark, Suède, Islande, Norvège, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Belgique et Espagne. Veuillez considérer la présence du pays de sa Majesté dans cette liste. De quoi donner (ou redonner) des idées à certains de nos politiques épris de liberté ? D’ici une cinquantaine d’années (dans le meilleur des cas), ça devrait peut-être commencer à mieux passer.
Certaines idées mettent des plombes à rentrer dans les esprits obtus. Le mariage civil et le divorce, par exemple, ont pris du temps avant de rentrer dans les moeurs. Pourtant, mariage civil et divorce furent instaurés par la Révolution française (1789). Mais ce ne serait qu’au cours des années 1940 que le premier cas de divorce a été enregistré à Maurice. Non sans provoquer l’indignation de la bonne société. Et ne parlons pas des stéréotypes autour des mères célibataires. Or, ce même divorce est aujourd’hui monnaie courante. En sera-t-il un jour de même pour le mariage homosexuel ou pour l’acceptation de l’homosexualité ?
Outre la notion de procréation biologique communément attachée au mariage, on se marie pour avoir une reconnaissance d’une union par la société. Et c’est exactement ce que veulent maintenant les couples homosexuels. Être reconnus sur un plan légal et non pas être perçus comme des débauchés par une loi rétrograde, et évidemment par la gentille petite société bien-pensante.