Le célèbre animateur de l’émission télévisée Ushuaïa et ambassadeur écologique de la planète Nicolas Hulot a participé au festival de kitesurf de Rodrigues du 24 au 28 juin. Il s’est confié sur sa passion pour cette discipline et son attachement à Rodrigues. Selon lui, les autorités doivent faire très attention au développement et au tourisme. Il invite à privilégier la qualité à la quantité. Nicolas Hulot confie également que s’il devait choisir une île où passer sa retraite, Rodrigues figurerait parmi ses trois premiers choix.
Aux côtés des pros du kitesurf, Nicolas Hulot a lui aussi fait le parcours de 35 km au programme du festival, et ce sous les yeux de ses fans et du Commissaire du Tourisme et de l’Environnement, Richard Payendee. « En arrivant ici, je craignais une ambiance un peu rigide, une compétition très sérieuse. Finalement, je me retrouve dans une ambiance un peu familiale et en même temps très pro. En 24 heures, on se sent vraiment bien. Il y a un côté décontracté qui est vraiment bien. Ensuite, il y a un terrain de jeu qui est un des meilleurs au monde. Si vous arrivez ici avec un peu de stress, je peux vous dire qu’ils sont pulvérisés dans la demi-heure qui suit », confie-t-il.
Nicolas Hulot se dit d’autant plus heureux que le site de kitesurf à Rodrigues est très grand et ne comporte pas de danger. « Avec le vent favorable, on n’a pas eu beaucoup d’efforts à fournir. Le kitesurf devient comme un cerf-volant et vous suivez le vent. C’est un peu prolonger le plaisir. C’est un moment de folie, d’ivresse, de liberté. En plus, on fait cela dans des conditions pas stressantes du tout. Car à part le risque de se faire piquer par des oursins, il ne peut rien vous arriver ici. Quelque 35 km, cela donne une notion d’espace qu’on a rarement ailleurs. C’est un moment d’épanouissement. On voit aussi le contraste de kiter ici et ailleurs. »
Le célèbre animateur d’Ushuaïa ajoute que cette émission lui a donné l’opportunité de pratiquer différents sports de glisse et de vol. C’est sa rencontre, par hasard, avec un kiter professionnel qui lui a donné l’envie d’en pratiquer. « La première fois que j’ai essayé, même si j’ai bu de l’eau pendant plusieurs heures, je me suis dit qu’il y a là quelque chose qui concentre toutes les émotions que j’avais ressenties dans les autres pratiques. Je suis une personne qui aime autant l’eau que l’air. J’ai l’impression de faire une discipline à la fois aérienne et nautique. Tout ceci sans stress, car quand on fait du delta ou du parapente, il y a toujours un truc qui me dit que si je me loupe, je vais me faire mal. En kite, au pire, c’est se casser une côte. »
Nicolas Hulot dit avoir ainsi trouvé dans le kitesurf des émotions qui compensent toutes ses frustrations ressenties quand il a arrêté Ushuaïa. « C’est un peu mon antidote au stress. Par ailleurs, depuis quelques années, j’ai changé un peu de vie. Je suis dans la diplomatie pour mobiliser la communauté internationale sur les enjeux climatiques. C’est prenant, usant et contrariant. J’ai du mal à comprendre pourquoi il faut dépenser autant d’énergie pour convaincre l’humanité de se sauver d’elle-même. Mais le kitesurf, c’est mon échappatoire. C’est là où j’évite de céder au désespoir ou de rentrer en colère. Je fais une heure de kite, et puis tout va bien. »
La beauté et l’authenticité rodriguaise n’ont pas laissé Nicolas Hulot insensible. Il avoue ainsi que s’il devait choisir une destination pour passer un an ou pour prendre sa retraite, « Rodrigues arriverait dans les trois premières destinations ». Ce qu’il aime dans l’île, poursuit-il, c’est le cachet naturel. « J’aime ce sentiment d’authenticité car il y a une âme ici. C’est un sourire, Rodrigues. Dans tous les sens du terme. Rien n’est agressif. Ni les paysages, ni l’océan et encore moins les Rodriguais. Il y a une forme d’indolence. Je dis souvent que Rodrigues est une promesse tenue. J’en connais les îles. Cela ne veut pas dire que les autres n’ont pas d’intérêt. Mais là, il y a une sorte de résonance incroyable. C’est une île qui vous envoûte, qui vous extrait de tous vos maux et qui vous enveloppe d’une espèce de cocon, de béatitude. »
Revêtant son tablier de défenseur de la planète, il dit son appréciation que Rodrigues ait « durablement résister aux affres du développement non contrôlé ». Il souhaite qu’il en sera toujours pareil afin que l’île garde son caractère naturel. « Rodrigues s’est engagée dans une réflexion environnementale et écologique. C’est une île qui respire et qui pense. C’est une île qui fait attention que son charme ne devienne pas son ennemi. »
Tout de même, ajoute-t-il, il faut faire très attention car « il y a d’autres paradis comme ça qui n’ont pas su contrôler la convoitise qu’ils provoquaient », avant d’ajouter : « Il faut que Rodrigues sache résister au charme de l’excès. » Il invite à privilégier le qualitatif sur le quantitatif. De même, il se dit pleinement conscient que le tourisme représente un potentiel pour l’économie et l’emploi. « Il faut que les Rodriguais puissent améliorer leurs conditions de vie, mais ne tombons pas dans l’excès. Il y a suffisamment d’exemples où, après, on n’a plus que nos yeux pour pleurer, la nostalgie pour se souvenir d’une époque. L’époque, elle est encore là. Le message à faire passer est de savoir le protéger. Soyez intransigeants avec ceux qui vont juste aborder Rodrigues avec une volonté de profits. Faites juste attention que le dénominateur commun entre ceux qui vivent à Rodrigues et ceux qui visitent Rodrigues soit l’amour de Rodrigues. »