Les relations controversables entre la Banque de Maurice et le ministère des Finances ont abordé une nouvelle dimension alors que le vice-Premier ministre et minsitre des Finances, Xavier-Luc Duval, était engagé dans le Summing Updes débats sur le budget 2014, mardi. La composition du Monetary Policy Committee, qui a mis le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, en minorité à plusieurs reprises, constitue la pomme de discorde avec le ministère des Finances réagissant promptement par le truchement d’un communiqué prenant à contre-pied la Banque centrale.
Intervenant sur les ondes de Radio-Plus alors que le Grand Argentier s’apprêtait à conclure les débats budgétaires, Manou Bheenick n’est pas allé de main-morte dans ses critiques. L’attaque la plus frontale contre le vice-Premier ministre et ministre des Finances était axée sur la nouvelle composition du Monetary Policy Committee. Il avait trouvé que des membres de la première version du Monetary Policy Committee étaient“plus professionnels et moins controversés”.
“A cette époque, je n’avais été mis en minorité qu’une seule fois… Malheureusement pour le MPC actuel, nous avons des membres de calibre de moindre envergure (…) A mon avis, il faudrait avoir le mode opératoire du MPC”, s’est appesanti Manou Bheenick. Alors que le contexte politique oblige, le vice-Premier ministre et ministre des Finances avait bénéficié de la clémence politique de l’opposition pour le budget 2014, cette déclaration du gouverneur de la Banque de Maurice fut ressentie comme un véritable coup de tonnerre aux Finances, pour ne pas dire une déclaration de guerre.
La réaction, qui ne s’est pas fait attendre, prit la forme d’un communiqué. “Ce n’est pas à M. Bheenick de décider de la composition du MPC puisque cela relève des prérogatives du Premier ministre et du ministre des Finances”, souligne un communiqué émis par le ministère des Finances. Tout en demandant à Manou Bheenick d’éclairer l’opinion publique sur sa déclaration, le ministère des Finances l’accule avec une série d’interrogations, littéralement sous forme d’injonction.
“Pourrait-il indiquer clairement lesquels des membres du MPC ne seraient pas, selon lui, à la hauteur? Ceux qui sont nommés par le Premier ministre ou ceux nommés par le ministre des Finances? M. Bheenick pourrait-il expliquer comment lui et ses deux adjoints du MPC se sentent-ils plus qualifiés que les cinq autres?”,poursuit le ministère des Finances, qui publie la liste des membres de même que leurs qualifications académiques et professionnelles, soit le Pr Jeffrey Jenkel, titulaire d’une chaire à l’université de Harvard Kennedy School of Government, la Pr Sylvia Tenreyro de la London School of Economics, Pierre Dinan, nommé à la Banque de Maurice depuis l’époque où Rama Sithanen était au ministère des Finances, Hemraz Jankee, ancien Chief Economistde la Banque centrale et Nishan Degnarain ayant fait des études à Harvard et à Cambridge et ancien membre de la Prime Minister’s Strategy Unit de Grande-Bretagne.
Le gouverneur de la Banque de Maurice, qui n’a assisté à la présentation du budget le 8 novembre et encore moins au Summing Up,s’est également permis de critiquer la politique du gouvernement en matière d’investissements publics ou encore la relance de l’économie par le truchement des Hubs. Il dit regretter l’absence d’un ministère du Plan pour assurer la planification et la stratégie du développement du pays.
Depuis la réaction du ministère des Finances, aucun signe émanant de la Bank of Mauritius Tower avec les prochains coups de griffe annoncés probablement pour le dîner annuel de la Banque centrale vendredi prochain. A coup sûr, le feu continuera à couver sous les cendres entre le ministère des Finances et la Banque de Maurice…