Le procès du passeur français Pierre Martin Viator et de ses deux complices présumés mauriciens Gino Makinzie Appasamy, 37 ans, et Geremy Andrew Michel Agathe, 18 ans, tous poursuivis pour trafic de drogue, s’est ouvert devant les Assises ce matin. Les deux premiers accusés ont plaidé coupables alors que le dernier a plaidé non coupable.
Le douanier Veganaden Parmanand, qui avait fait la découverte des comprimés de Subutex dans les bagages de Pierre Viator, a déposé ce matin. Il a indiqué à la cour qu’un Control Delivery Exercise avait été monté par l’ADSU pour mettre la main sur le passeur. Revenant sur les événements, il a déclaré que, lors de son arrestation, Pierre Viator avait indiqué à la police qu’il avait reçu les comprimés d’une certaine Isabelle pour les remettre à un contact local à Maurice et qu’il allait obtenir « 1 000 euros et un voyage gratuit à Maurice en retour ».
Pierre Martin Viator, qui est en détention depuis son arrestation en octobre 2011, a retenu les services de Me Yousouf Lalloo. Les deux complices présumés, Gino Makinzie Appasamy, habitant Terre-Rouge et Geremy Andrew Michel Agathe, habitant Goodlands et employé dans une conserverie de thon, sont eux en liberté conditionnelle. Ils ont retenu les services de Me Jean Claude Bibi et Steven Sauhoboa respectivement.
Plus d’une vingtaine de témoins ont été assignés à ce procès. Parmi, le Customs Officer qui était posté à l’aéroport le 19 octobre 2011 a été appelé à la barre. Il est revenu sur les événements suivant l’arrestation de Pierre Viator. Le 19 octobre 2011, l’homme de 57 ans, habitant Boulevard-Ney à Paris, a débarqué à Maurice à bord du vol MK 51. Il s’était rendu au comptoir d’Air Mauritius pour consigner une déclaration formelle à l’effet que ses bagages n’étaient pas arrivés par le même vol que lui. Avec une assurance déconcertante, le passeur français laissa au préposé d’Air Mauritius ses coordonnés à Maurice pour récupérer ses valises quand elles seraient retrouvées. Toutes les formalités requises avaient été complétées. Moins de deux heures après son départ de l’aéroport, la valise fut repérée tournant sur le carrousel du hall d’arrivées de l’aéroport. Comme à l’accoutumée, les officiers de la douane et de l’ADSU ont passé au scan les bagages. L’un d’eux, un trolley bag noir, a attiré l’attention du douanier Veganaden Parmanand, y repérant des anomalies. Il effectue alors la procédure de vérification en ouvrant le sac. À l’intérieur, il tombe sur les comprimés dissimulés dans deux boîtes en dessous des affaires personnelles de l’accusé. Il y en avait 2 744.
Les officiers de l’ADSU, informés, ont monté un Control Delivery Exercise. La valise a été livrée à l’adresse indiquée par le ressortissant français, via une compagnie spécialisée. La livraison de la valise avec la cargaison de Subutex devait mettre en confiance le passeur. L’ADSU avait, de son côté, monté une importante opération de filature dans la région de Pereybère. Quand des limiers ont fait irruption dans l’appartement de Pierre Viator, ils y ont découvert les comprimés de Subutex soigneusement installés sur le lit. Le suspect, pris en flagrant délit, a expliqué qu’il avait obtenu ces comprimés en France d’une dénommée Isabelle. Il avait comme mission de les remettre à un contact local, avec comme récompense 1 000 euros et un voyage gratuit en retour.
Sur la base des informations obtenues du passeur quant à ses contacts locaux, une autre opération de Controlled Delivery a été montée le même jour, mais ce n’est qu’après deux jours que la livraison a pu s’effectuer. Gino Makinzie Appasamy et Geremy Andrew Michel Agathe ont alors été interpellés.
Dans sa déposition à la police, Geremy Michel Agathe a plaidé non coupable et a nié toute implication dans cette affaire. Selon sa version, le 21 octobre 2011, il était avec des amis sur la plage de Pereybère quand Gino Appasamy, son oncle, lui a téléphoné pour lui demander s’il y avait des policiers à Pereybère. Ce n’est que quelques plus tard que son oncle serait venu le rejoindre à la localité. Ils auraient alors acheté deux bouteilles de bière et sur le chemin de retour ont croisé sur la propriétaire du bungalow où séjournait Pierre Viator. L’oncle aurait alors indiqué à la propriétaire que le Français avait un colis pour lui. Selon Geremy Michel Agathe, il est resté dehors à attendre dehors son oncle qui était parti récupérer son bien quand les policiers l’ont interpellé. L’audition des témoins se poursuivra demain.