Deux crimes passionnels en moins de 48 heures en début de cette semaine. Deux vies perdues et plusieurs familles et enfants à jamais orphelins. Traumatisés, meurtris, dévastés et marqués pour toujours. Jaya Anatah et Atmaram Ramkissun sont venus allonger la liste, déjà très longue, des victimes ayant péri sous les coups des amants, maris et/ou concubins jaloux, possessifs, passionnés au point de tuer, de réclamer des vies.

Pourquoi Jaya Anatah (23 ans) et Atmaram Ramkissun (44 ans) ont-ils été tués ? À cause de l’amour. Ils sont coupables d’avoir aimé, selon leurs meurtriers. Jenny Anatah, poignardée par son époux, Manjeet Bunghoy, se serait éprise d’un autre. Cette mère de deux enfants, âgés de 3 et 6 ans, employée dans un établissement hôtelier du pays, était certainement loin de se douter que la mort l’attendait à l’arrêt d’autobus ce dimanche 2 février, alors qu’elle partait travailler. De même, Atmaram Ramkissun n’imaginait pas qu’en allant rendre visite à celle qu’il aimait, en l’occurrence Swasti Chamrah, il serait agressé mortellement avec un couteau par un autre homme, lui aussi amoureux de la même femme.

Dans notre petite île où s’entrechoquent plusieurs cultures et religions, vivre et aimer au grand jour est toujours un gros souci, même en 2020. Que ce soit pour le paraître social ou pour « respecter la norme », vivre caché, c’est vivre mieux. Les passions enflammées qui virent aux obsessions mortelles ne sont pas nouvelles : elles existent depuis la nuit des temps. Les tragédies grecques et les classiques de la littérature en attestent. Mais dans le monde moderne, moyennant des programmes de “anger management”, des structures d’aide à ceux qui sont victimes de violences – des structures qui sont fiables et viables, pas des “fer zoli” – et la dissémination de l’éducation et l’information, via des projets sociaux, peuvent aider ces agresseurs. Et sauver leurs potentielles victimes.

Autre exemple de passion ayant viré à l’obsession, mais heureusement pas mortelle dans ce cas-ci : le métro et ses interminables « dérangements » causés aux habitants des diverses régions concernées. Après les riverains de Vandermeersch, à Rose-Hill, au tour des Curepipiens et ces innombrables Mauriciens des quatre coins de l’île qui doivent circuler via la gare Jan Palach, chaque jour, matin et soir, de vivre un cauchemar éveillé et régulier !

Manque d’organisation, mauvaise planification et, surtout, gestion chaotique dans le cadre des travaux pour la deuxième phase de mise sur les rails du fameux métro, et voilà le résultat ! Des gamins, des adultes et des personnes âgées qui sont contraints à traîner de gauche à droite, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse un soleil de plomb, en quête du bus qu’ils doivent emprunter pour leurs déplacements. Et pour « calmer les esprits », quoi de mieux que les laïus et impromptus de nos politiques, de Pravind Jugnauth à Alan Ganoo, en passant par Steven Obeegadoo, pour qui « kan zot pou trouv sa devlopman-la, zot mem pou kontan », et qui valent bien toutes les peines du monde ? Sauf que c’est bien ceux qui circulent en berline climatisée, précédée de motards roulant sirènes hurlantes, qui peuvent se permettre de telles inepties. Demandez au citoyen moyen qui n’a d’autre choix que de patauger dans la gadoue, de courir dans tous les sens pour chercher son arrêt d’autobus, si cela en vaut vraiment la peine ?

Ce que l’on n’arrive pas à comprendre également, c’est le manque de vision et de planning des principaux concernés. N’ont-ils pas des ingénieurs et des techniciens spécialisés et experts dans leurs rangs ? Comment alors nous retrouvons-nous avec l’accident survenu entre un tram et une voiture le 31 janvier dernier ? Conduire est une discipline basée sur les réflexes, l’anticipation, l’observation et… les habitudes. Si un conducteur a pris l’habitude de tourner à gauche depuis des lustres, et qu’il y a peu cette alternative a été supprimée, il faut donc opter pour des mesures solides, comme des barrières, qui sont grandes, visibles et qui suscitent des réflexes afin d’éviter ce type d’accident, qui dans le cas présent aurait pu être mortel !