Contrairement aux années précédentes, l’entraînement Patrick Merven a dû attendre cinq longues journées avant de démarrer son compteur 2016. C’est finalement le gros favori Triad Of Fortune — un coursier qui aura malgré lui fait l’actualité et cloué au pilori son jockey Cédric Ségeon dès la journée inaugurale de la saison 2015 — qui a brisé la glace et offert dans la foulée le premier gagnant de Noel Callow pour le compte de son nouvel employeur.
Quarante-huit heures après ce succès (son seul jusqu’ici dans cette présente saison) Patrick Merven, reste lucide. « Il n’y avait rien d’alarmant avant cette victoire de Triad Of Fortune », concède d’emblée l’entraîneur. « On s’était préparés à vivre pareille (ou presque) situation devant le renouvellement de nos effectifs durant l’intersaison. Donc, je maintiens qu’il n’y avait pas le feu à la maison », insiste-t-il.
Soutenu par son fils Camille (qui agit comme superviseur de l’établissement) à l’entraînement et rejoint par l’arrivée d’un stable jockey, Noel Callow, Patrick Merven se réjouit quand même que les choses commencent à tourner dans le bon sens. « On était assez confiants avec Triad Of Fortune par rapport au lot auquel il était confronté. Notre coursier n’avait été battu que par un bon Seven Fountains, absent cette fois. Donc, j’estime qu’une victoire des nôtres était prévisible dans ce 1400m de C7/8 ».
La cinquième place de Liquid Motion (confié à Swapneel Rama) dans l’épreuve principale (50+) dominée par Nordic Warrior, aura été une autre source de satisfaction de l’entourage Merven samedi dernier. « Liquid Motion a bien réagi à l’emballage final après qu’il eut été un peu dépassé dans la première tranche du parcours. Je crois qu’il sera mieux lorsqu’il s’alignera dans la valeur qui est sienne ».
« Performant en juin »
Tout compte fait et hormis la sortie victorieuse de Triad Of Fortune, aucun coursier de Merven ne s’est accroché ne serait-ce qu’à un accessit lors de cette cinquième journée. « Double Dash a été très moyen. Il n’y avait pas assez de pas dans ce 1600m et mon coursier a pâti de ce manque. Il se fait toutefois vieux. Tout comme Bobby Bear (8 ans), avant-dernier de la quatrième course. Je n’en veux surtout pas à ce cheval qui nous a tant donné dans le passé. Le benchmark 51 me semble trop élevé pour lui ».
Avec Noel Callow, une fine cravache au service du groupe, et l’apport graduel du sang nouveau au sein de ses effectifs, l’espoir est de mise chez cet établissement, seulement dixième sur douze au classement des entraîneurs. Une situation peu habituelle pour ce groupe qui a régulièrement joué dans la cour des grands ces dernières années.
Patrick Merven prend son mal en patience. Il semble jurer sur l’apport de ses nouvelles acquisitions. « Nous avons fait l’acquisition de seize nouveaux. Neuf ont pris leurs quartiers à Port-Louis en ce début de semaine. Cinq autres, en l’occurence Down Under, Fortissimo, Jullidar, Criss Cross Man et Bridegroom Bertie, sont entrés en quarantaine. Nous attendons l’arrivée de deux nouvelles unités sud-africaines début mai ».
Avec des effectifs tournant à 36 coursiers et dans l’attente d’être à 100% opérationnel, cet établissement devrait retrouver son appétit habituel d’ici fin juin. « Si tout se passe bien, nous devrons être performants en compétition dans deux mois au minimum. D’ici là, nous n’avons pas de gros plans. Chaque journée a ses vérités. Tout sera tributaire du comportement de nos nouveaux chevaux », souligne Patrick Merven.