Les victoires continuent à être engrangées du côté de l’entraînement Merven, et ce malgré la longue mise à pied du jockey titulaire dont le retour est prévu pour la journée de la Duchesse le 6 juin prochain. En l’absence de Cédric Ségeon, Swapneel Rama et Rye Joorawon ont maintenu le cap grâce à cinq nouvelles réalisations, permettant du coup à Patrick Merven de consolider sa place de leader avec maintenant des gains de l’ordre de Rs 2 388 500.  
La dernière victoire en date porte la marque de Rye Joorawon qui a mené à bon port le prometteur Triad Of Fortune qui en était à la cinquième course de sa carrière et sa troisième participation seulement au Champ de Mars. On se souvient que sa dernière incursion avait fait couler beaucoup d’encre, son jockey écopant même d’une suspension de six semaines assortie d’une amende de Rs 150 000 pour n’avoir pas monté le cheval à la satisfaction des commissaires de courses. Associé cette fois à Rye Joorawon, le jeune élève de Patrick Merven a fait mouche, mais son cavalier a dû sortir le grand jeu pour toucher le but en vainqueur.
« Je m’attendais à une victoire plus facile de la part de Triad Of Fortune. J’ai eu une course bien difficile et j’ai dû le monter à fond. C’est vrai qu’il l’a emporté mais on s’attendait à mieux », nous dira Rye Joorawon. La monture du Mauricien n’a effectivement précédé Dream In Combat que par 0,70L seulement mais Patrick Merven semble penser que le meilleur reste à venir pour son petit protégé. « Triad Of Fortune est dans une forme ascendante et je pense qu’il va encore s’améliorer. Les 100 derniers mètres ont été un peu laborieux, mais il sera plus mature après cette course. Il faut aussi faire ressortir qu’il avait perdu beaucoup de poids. Comme c’est un jeune cheval, on a pris le temps qu’il fallait mais c’est sûr qu’il a de l’avenir. Aujourd’hui, c’était un lot assez moyen hormis Dream In Combat et on était assez confiant qu’il fasse une bonne course ».
Trop de dead weight pour Constellation
Après la lourde sanction émise contre Cédric Ségeon sur ce même cheval, on pourrait croire que Rye Joorawon aurait eu une certaine appréhension au sujet de cette monte, mais notre interlocuteur a tenu à balayer d’un revers de la main cette hypothèse. « Personnellement, j’aborde toutes mes montes dans le même état d’esprit. Il faut garder en tête que les circonstances de courses n’étaient pas les mêmes quand Cédric Ségeon l’a piloté la dernière fois mais je n’ai jamais ressenti de pression additionnelle en étant associé à ce cheval aujourd’hui ». L’occasion de doubler la mise était belle pour Patrick Merven avec Constellation mais il s’est fait souffler la victoire par Midnight Master dans The Verdot Plate. « J’étais assez confiant avec Constellation vu que c’était la première fois qu’il courait dans cette catégorie. Il a eu la deuxième ligne mais c’est le poids qui a posé problème. Il était handicapé à 60 kgs mais cela faisait à peu près 9 kgs de plomb avec Swapneel sur le dos. Il l’a monté comme il le fallait mais je pense qu’il aurait sans doute gagné s’il avait eu moins de dead weight à porter », a cependant déploré son entraîneur.
Rye Joorawon était aussi en action sur Double Dash et Balse du côté de l’entraînement Merven. Bien que le premier nommé ait conclu sur une plaisante note, il a quelque peu laissé son cavalier sur sa faim, concédant que ce fils de Labeeb semble toujours manquer un petit «plus» pour faire la différence. Surprenant vainqueur sur sprint il y a un mois, Balse a été moins à son affaire cette fois, la faute à un parcours éprouvant, aux dires de notre compatriote. « Balse a été quelque peu malchanceux du fait qu’il a dû courir à l’arrière-garde. On a eu à faire les extérieurs en fin de parcours et sa tâche était compliquée avec les false rails à 4m50. Mais il m’a donné l’impression d’avoir besoin de plus de distance malgré le fait qu’il se soit imposé sur 1365m à sa sortie précédente ».
La saison s’annonce palpitante pour Rye Joorawon qui est déjà au coude à coude avec Jeanot Bardottier – les deux fils du sol comptent chacun neuf victoires – mais la route est encore longue. « Comme je l’ai déjà dit auparavant, ce sont les courses. Mon entraînement n’a qu’une vingtaine de chevaux, contrairement à Jeanot Bardottier qui dispose de plusieurs coursiers performants. Il a donc plus de chances mais je suis content pour lui. Du moment que c’est un Mauricien qui est champion au général, je serai plus que satisfait ».