Les travaux de la construction du Centre d’interprétation Beekrumsingh Ramlallah à Trou-Fanfaron avancent à grands pas. 50% des travaux d’aménagement du centre ont été complétés dont la fin est prévue pour novembre. Le centre sera d’une superficie de 1000 m2 et le coût des travaux est estimé à Rs 86 millions. Selon Raju Mohit, officer in charge de l’Aapravasi Ghat, le centre restituera les diverses facettes de l’engagisme. Le site de débarquement des travailleurs engagés indiens fera aussi partie d’un circuit culturel où les visiteurs pourront visiter la National Art Gallery qui sera construite à côté du centre, l’hôpital militaire qui sera converti en un Musée de l’esclavage et le Musée de la Poste.
Selon Raju Mohit, les fouilles archéologiques qui ont débuté le 11 juillet pour prendre fin à la mi-août sous la direction de l’archéologue italien, le Dr Diego Calaon, ont mené à de nouvelles découvertes. L’équipe d’archéologues a trouvé le treuil d’un ancien bateau dans l’entrepôt. Ils ont aussi découvert la présence d’un French Dock bâti dans la cale de débarquement durant la période de colonisation française. Cette cale a été recouverte par les Anglais et a servi comme entrepôt de sucre. Il y a même des traces d’un escalier utilisé par les travailleurs pour le débarquement du sucre, devait déclarer Raju Mohit.
Lors de la fouille qui a eu lieu de novembre 2010 à janvier 2011, plusieurs objets ont été découverts dont des porcelaines, des morceaux de bois, des clous et des pièces de monnaie.
Le centre d’interprétation abritera les vestiges archéologiques découverts lors des travaux. A travers des collections de documents et de supports multimédias, les visiteurs pourront découvrir le site devenu patrimoine mondial de l’UNESCO en 2006 pour sa valeur universelle exceptionnelle. Un espace à l’intention des enfants sera aussi aménagé.
Selon Raju Mohit, l’Aapravasi Ghat représente le début de la grande expérience initiée par le gouvernement britannique après l’abolition de l’esclavage. L’île Maurice a été le premier pays à avoir accueilli des travailleurs engagés. 450 000 travailleurs engagés ont débarqué à Trou-Fanfaron entre 1834 et 1910.
L’accès y sera payant, ce qui permettra au centre d’être autonome dans les dix ans à venir, confie Raju Mohit. L’ouverture prochaine du Centre d’interprétation fera l’objet d’une campagne de promotion lors des travaux de Bharatiya Pravasi Divas en Inde en janvier 2014. “Nous envisageons d’attirer 15% à 20% des touristes qui séjournent à Maurice. Le centre d’interprétation, le National Art Gallery, le Musée de l’esclavage et le Musée de la Poste feront partie d’un circuit culturel. Le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval a lors d’une récente visite à l’Aapravasi Ghat déjà donné son accord pour la construction d’un Musée de l’esclavage sur le site de l’hôpital militaire”, dit Raju Mohit. “Nous ne sommes pas contre le développement autour des zones tampons mais les opérateurs ne doivent pas déranger la valeur universelle attachée à l’Aapravasi Ghat”, précise notre interlocuteur. Il a cité la ville de Lyon en France où 10% de la ville appartiennent au patrimoine mondial. “Nous envisageons d’encourager les 450 000 touristes qui visitent le Caudan Waterfront annuellement à visiter aussi l’Aapravasi Ghat”, ambitionne Raju Mohit.
L’équipe d’archéologues dirigée par Kris Seetah a effectué des travaux de fouille au cimetière de Bois-Marchand et y a déterré les squelettes d’une dizaine de travailleurs engagés morts des suites d’une épidémie de malaria en 1865 provoquée par une grande innondation à Port-Louis.