La directrice de la National Library, Belinda Ramnauth, déplore que les Mauriciens ne connaissent pas bien la National Library, pensant que celle-ci ne fait que collectionner les vieilles publications. Elle essaye maintenant de vulgariser cette bibliothèque, de même que les services qu’elle offre au public. Elle compte aussi introduire de nouveaux services au bénéfice de toute la population. La National Library accueille actuellement une cinquantaine de personnes quotidiennement.
« Je rencontre beaucoup de gens qui ne savent pas ce qu’on fait à la National Library. Les bibliothèques publiques sont plus populaires à Maurice », déclare d’emblée Mme Ramnauth, qui ne souhaite qu’une chose : « Que la population connaisse nos activités car la National Library représente la fenêtre de la nation. Il faut la montrer. » Mme Ramnauth compte introduire quelques nouveautés à la National Library dans le but d’attirer davantage de jeunes utilisateurs. Les données sont disponibles en ligne 24 h sur 24 h mais elles ne sont pas numérisées. C’est une démarche qui est en bonne voie, dit-elle.
Depuis assez longtemps, le gouvernement a signifié son intention de faire construire un bâtiment à Ébène pour abriter la National Library. Ce projet ne se concrétise pas faute de financement. « Lorsque la National Library a été transférée ici c’était pour une période de cinq ans mais cela fait déjà 14/15 ans qu’on est là. Nous attendons le nouveau bâtiment avec beaucoup de patience », fait-elle ressortir. Mme Ramnauth espère lancer quelques nouveaux projets lorsque le bâtiment sera prêt. Elle veut, par exemple, doter la National Library de sa propre maison d’édition. La National Library ne connaît pas actuellement tout ce qui est publié à Maurice car tous les éditeurs ne lui envoient pas des copies de leurs ouvrages. « Parfois, nous apprenons l’existence de certains livres bien après leur sortie. Comment serons-nous informés si n’est pas publié dans les journaux ? » Cela, estime notre interlocutrice, « parce que la National Library est encore une très jeune institution et beaucoup de Mauriciens ne la connaîssent pas ». « Entre-temps, on est en train de perdre pas mal de choses car on publie beaucoup maintenant à Maurice. On doit pouvoir collecter tout ce qui sort et le préserver pour les générations futures, pour que ces publications soient encore disponibles d’ici 50 ou 100 ans ». Mais un gros problème est les livres publiés à l’étranger, dont beaucoup se trouvent dans des bibliothèques étrangères. Cette institution entreprend des démarches en vue de les retrouver. Mme Ramnauth pense aussi à l’introduction de quelques nouveaux services à la National Library, tels un coin pour les enfants, un autre pour les handicapés et un service de traduction pour les étrangers. Mais ces services ne pourront être introduits que dans le nouveau bâtiment qui sera construit à Ébène. S’agissant des levées de fonds, la directrice de la National Library rappelle que la Foire des livres est autofinancée mais qu’elle doit organiser d’autres activités pour trouver de nouveaux fonds afin de pouvoir financer d’autres services.
La préservation est un travail très important effectué par la National Library qui compte dans sa collection des oeuvres vieilles de 100 à 200 ans. Mais beaucoup sont abîmées et la National Library ne dispose pas d’un personnel qualifié dans ce domaine, comme c’est le cas en Inde et en Chine où tous les livres de valeur qui sont abîmés et rongés par les insectes sont traités. « Il y a beaucoup de manuscrits que nous voulons publier sous forme de livre », déclare Mme Ramnauth, avant d’inviter les auteurs à venir les transcrire pour le compte de la National Library. Elle appelle les familles qui possèdent des collections personnelles à les remettre à la National Library car, dit-elle, « si quelque chose se passe, l’information se trouvant dans ces oeuvres aura disparu. »