Oiseaux marins, reptiles endémiques, absence de prédateurs terrestres, riche végétation, sable blanc… Rien ne manque pour faire de l’Îlot Gabriel, ce petit bout de terre – ou plutôt de sable – d’une superficie de 42,2 hectares situé à 11 km au nord de Maurice, un coin paradisiaque que doivent découvrir la population mauricienne et les touristes, qui sont d’ailleurs nombreux à s’y rendre en catamarans quotidiennement pour passer la journée. Le ministre de l’Agro-industrie Mahen Seeruttun était sur l’îlot hier accompagné des officiers du Service des Bois et Forêts pour un constat des lieux après que l’État ait repris l’îlot à un promoteur privé à qui l’ancien gouvernement avait loué une partie du site à bail de 2007 à 2014, puis de 2014 à 2035.
Mahen Seeruttun révèle qu’une évaluation effectuée il y a quelques mois a démontré que le promoteur privé ne respectait pas les conditions qui étaient stipulées dans le bail. Ce qui a amené le gouvernement à résilier ce dernier et à reprendre l’îlot il y a trois mois. « Les départements des Bois et Forêts et du National Parks ont commencé un travail de restauration afin de remettre l’Îlot Gabriel dans son état naturel et de s’assurer que toutes les espèces indigènes qui y vivent ne soient pas menacées et que les espèces envahissantes n’entrent pas sur cet îlot, mettant ainsi en péril l’existence même des espèces indigènes », déclare-t-il. Un travail de sensibilisation des opérateurs de catamarans et des visiteurs est également mené sur place dans le but de s’assurer que cet îlot ne devienne un dépotoir et que tous les déchets soient ramassés et ramenés sur la mainland. Le public est ainsi libre de s’y rendre. Il devra toutefois respecter les conditions stipulées dans la loi, sous la Forest and Reserve Act 1983, qui visent à protéger l’environnement en cet endroit. « Cet îlot représente un atout que nous devons pouvoir préserver », fait ressortir Mahen Seeruttun.
S’agissant d’un projet d’écotourisme sur l’îlot, le ministre indique avoir reçu plusieurs requêtes pour exploiter les îlots entourant Maurice sur le plan touristique. « Nous voulons attirer plus de touristes à Maurice et nous devons pouvoir mettre à leur disposition les différents attraits de notre pays, dont nos îlots », dit-il, avant de préciser « qu’il faut le faire d’une manière bien structurée et pas au détriment de l’environnement, tout en veillant à ce qu’il y ait les aménités nécessaires pour l’accueil des touristes et autres visiteurs locaux, qui viendront apprécier la beauté de nos îlots ». Déjà, cinq à six catamarans, remplis de touristes viennent passer la journée sur cet îlot quotidiennement.
L’îlot Gabriel a été proclamé réserve naturelle en 1972 en raison de sa faune et de sa flore. Sa végétation est dominée par des plantes telles la baume de l’Île Plate, le veloutier vert, le bois matelot, le bois blanc, le latanier bleu, la Ste-Marie ou encore le pandanus. Le filao a été introduit sur une partie de la plage dans le nord de l’îlot. On y trouve aussi trois espèces endémiques de reptiles, soit le Bojer Skink, le Bouton Skink et l’Orange Skink. Y vivent aussi plusieurs espèces d’oiseaux marins, à l’instar du Paille-en-Queue (“white-tailed tropic bird”), le Wedge-Tailed Shearwater, le Nody et le Whimbrel.