Ce n’est pas tant le fait de se retrouver en famille ou entre amis à déguster un mets typiquement mauricien qui fait le charme du Domaine des Aubineaux, mais d’aller à la découverte d’une nature préservée, d’arbres rares et de bois qui sont nommés par leur nom ici. Demeure de la famille Guimbeau depuis la fin du 19e siècle, le Domaine des Aubineaux à Forest-Side propose un saut aussi en arrière dans le passé colonial de l’île. Au programme de la visite, plus d’une vingtaine de pièces aux boiseries d’époque, objets anciens ainsi que la varangue nouvellement aménagée pour servir le déjeuner. Dans le vaste jardin, on suit les Camphriers et la Citronnelle jusqu’à leur usage pour l’aromathérapie.  Après l’aménagement de la terrasse, les propriétaires envisagent la création d’une mini-ferme et d’une aire de jeux pour ravir les enfants.
Inondée de lumière, la varangue, couverte et aménagée avec chaises et tables, offre une vue magnifique sur le vaste jardin. Depuis septembre dernier, prendre le thé ou déjeuner y est possible pour les visiteurs et clients. Ici règne une convivialité et l’envie de passer à table et déguster ces plats du terroir mauricien — une rougaille de poisson salé servi avec son riz, ses lentilles, ses brèdes et achards — avec la sensation de réminiscence des temps anciens quand la varangue (remplacée depuis par la terrasse bétonnée et pesante) était un espace convivial et sociable et qui réunissait parents et amis pour prendre le frais.
Cette varangue offre un point de vue dégagé sur le jardin. Selon Maxine Desvaux de Marigny, Events & Communication Executive du Domaine, d’ici à deux mois, il y a aura aussi du divertissement  en perspective — les enfants pourront profiter d’une aire de jeux qui sera aménagée en face de la terrasse. D’autres projets se concrétiseraient cette année dont la création d’une mini-ferme qui abritera faon, cerf, lapins, dindes, canards, tortues.
Située à Forest-side, la demeure des Aubineaux fut érigée en 1872. Contruite avec du bois local tel que l’Ébène, le Colophane et bois provenant de navires démolis, la maison est ornée de jolies tourelles qui lui confèrent une allure gracieuse. D’une superficie de 746 m2, cette maison, qui comporte 28 pièces, est au milieu d’un terrain de 30 arpents.
On y trouve en arrivant une demeure impeccable, car régulièrement entretenue. La visite commence avec la chambre principale. L’atmosphère y est agréable et cela grâce aux boiseries, au mobilier agencé. L’armoire, nous dit-on, est en bois de Cannelle, le lit, la table et les chaises sont en Teck, les fauteuils en Palissandre, la commode et le bureau sont en Acajou, le secrétaire est aussi en Acajou et dans la marquetterie, il y a le bois d’Ébène. Dans le salon, les meubles de style Empire et Louis Philippe sont en Acajou et en Chène. Quant aux tapis, ils proviennent de Perse et de Turquie. La salle-à-manger servait de salle de réception. De pièce en pièce, on découvre les évolutions de goût et de styles qui ont jalonné cette période au travers de décors et de meubles d’époque. L’on découvre aussi que les cloisons  étaient peintes par des artistes italiens qui séjournaient dans l’île au début du siècle. Cette découverte fut faite lors des récents travaux de rénovation. Un escalier conduit au grenier. Ici, sous la charpente provenant de navires démolis, d’anciens aspirateurs trouvent place aux côtés d’objets anciens. La visite se poursuit dehors dans le vaste jardin où se trouve l’ancienne écurie. Ici, les secrets de la distillation des huiles essentielles vous seront dévoilés.
Plus loin, les Camphriers, les Palmiers, le Chalta (en provenance de l’Inde- on se sert des fruits pour faire des achards), le Figuier sauvage, le Dobea Géant en provenance de Madagascar, ombragent le promeneur. D’autres arbres comme la Platane, l’Eucalyptus, le Latanier, le Badamier nous accompagnent dans cet havre de paix où il fait bon faire une pause pour s’imprégner de cette atmosphère harmonieuse et écouter le chant des oiseaux. D’autres arbres émergent du bassin où l’on peut admirer Nénuphar et autres plantes aquatiques. On ne manquera pas de faire une halte à ce Colophane qui a eu 500 ans en octobre 2002.