Le National Heritage Fund a profité de la présence à Maurice du couple de chercheurs Françoise et Geoffrey Summers pour organiser une visite éclair de l’Île de la Passe à l’intention du Permanent Secretary du ministère des Arts et de la Culture, Prakash Nowbuth. Bâtiments à rénover, entretien et nettoyage de l’îlot, contrôle des visites et implication du public : ces discussions ont permis d’envisager les actions à entreprendre pour faire parler la pierre et les vestiges de ce site exceptionnel.
Quand le temps le permet, des touristes débarquent régulièrement sur l’île de la Passe pour en faire une petite visite. En partant de Pointe Jérôme ou de Pointe des Régates, ils peuvent s’y rendre en 15 minutes sur un bateau à moteur. Des promeneurs viennent parfois y pique-niquer et même y camper pour se dépayser à moindre frais. Mais malgré l’énorme travail de réhabilitation et les recherches archéologiques qu’y ont mené Françoise et Geoffrey Summers, respectivement architecte et archéologue en poste à l’Université d’Ankara, ces promeneurs en repartent le plus souvent tout à fait ignorants de la fonction des bâtiments et vestiges qu’ils y ont observés et du caractère unique de ce site.
L’île de la Passe a été en 2010 la grande oubliée des célébrations du bicentenaire de la bataille de Grand-Port, alors qu’elle y avait joué un rôle clé. Un projet de jetée pour faciliter le débarquement avait été envisagé mais le temps ayant manqué, seulement un petit quai y a été aménagé à la hâte. Rare signalétique présente sur les lieux, un grand panneau est tellement décoloré par les intempéries et le soleil qu’on ne peut plus en lire les indications.
L’île de la Passe doit son nom à sa situation à côté d’une passe où l’eau particulièrement profonde permet l’entrée de navires de gros tonnages dans le lagon de Mahébourg. Cette profondeur et la configuration générale de la baie font de cet endroit le meilleur port naturel de Maurice. Mais son point faible lui vient de la violence des vents d’est dont Port-Louis est à l’inverse fort bien protégée. Toutes les allées et venues dans la baie de Mahébourg pouvaient être contrôlées de l’île de la Passe, ce qui lui a conféré une grande importance au 18e siècle et au début du 19e siècle.