Les promoteurs du festival francophone de théâtre Passe-Portes ont organisé une rencontre avec l’actuelle maire de Port-Louis, Dorine Chukowry, autour du théâtre de la capitale, ainsi qu’une visite des lieux que beaucoup désespèrent de voir un jour à nouveau accueillir publics et artistes. Après un échange en petit comité dans le bureau du maire, le constat in situ dans la salle, son sous-sol et ses dépendances est amer. Et l’on n’ose plus trop croire que la situation n’est pas tout à fait désespérée…
Un employé du théâtre continue de veiller, malgré l’absence de toute activité, à l’inventaire et à l’entretien des équipements de sonorisation et d’éclairage. Bien qu’il travaille depuis longtemps dans les coulisses des théâtres publics mauriciens, cet homme ne semble ne plus croire à un avenir possible de ces lieux, pourtant habités : « Tous les maires ont déclaré faire du théâtre leur priorité. Mais on en est toujours au même stade. Et même du temps où il était ouvert, on n’a jamais prévu assez d’argent pour vraiment gérer ce théâtre. On n’a jamais pensé non plus à une gérance privée de sa programmation par des professionnels. Il faut des gens qui aiment vraiment le théâtre pour prendre les bonnes décisions… »
Avant que les portes du théâtre de Port-Louis ne s’ouvrent aux comédiens et professionnels du festival Passe-Portes, un échange dans le bureau du maire de la capitale, Dorine Chukowry, a permis de faire le point sur la situation en petit comité pendant que les autres visiteurs attendaient sur place. « Ce théâtre est fermé depuis des années. Sa rénovation va nous coûter une fortune. La dernière évaluation se chiffre à Rs 327 millions ! Et plus nous prenons de retard, plus ce chiffre augmente. Les derniers échanges que nous avons eu avec notre consultant permettent d’envisager une rénovation en deux phases, avec une première à Rs 124 millions, qui permettrait de sauver le bâtiment. Mais sur cette somme, nous n’avons pour l’heure que Rs 76 millions, dont les 300 000 euros de l’Association internationale des maires francophones. »
En charge du dossier à la mairie, Rita Mohiputh fait un point encourageant malgré tout sur la progression du dossier dans les services municipaux. Les propositions soumises par le consultant sont actuellement examinées par l’ingénieur de la ville, le contrôleur financier et elle-même, plusieurs points restant à clarifier. Le dossier pourrait être présenté dans environ un mois en réunion de Conseil.